
Agence France-Presseà Washington
Israël a accepté de mettre en place à partir de jeudi des « pauses » quotidiennes dans le nord de la bande de Gaza, a annoncé la Maison-Blanche, même si Joe Biden a jugé qu’il n’y avait « aucune possibilité » d’un cessez-le-feu.
Le pays « va commencer à faire chaque jour des pauses de quatre heures dans certaines zones du nord de la bande de Gaza, qui seront annoncées trois heures à l’avance », a déclaré John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche.
« Les Israéliens nous ont dit qu’il n’y aurait pas d’opérations militaires dans ces zones pendant la durée de la pause [et] que ce dispositif démarrait aujourd’hui », a-t-il ajouté.
Interrogé par la presse sur la portée de cette annonce, un porte-parole de l’armée israélienne a répondu : « Ce n’est pas un changement. »
« Il s’agit de pauses tactiques locales pour l’aide humanitaire, qui sont limitées dans le temps et dans l’espace », a ajouté Richard Hecht, sans donner plus de détails.
Depuis dimanche, « un couloir d’évacuation » sécurisé, selon les termes de l’armée israélienne, est organisé plusieurs heures par jour à Gaza pour permettre le départ des civils du nord vers le sud du territoire.
Il s’agit de pauses tactiques locales pour l’aide humanitaire, qui sont limitées dans le temps et dans l’espace
— Richard Hecht
Selon l’armée de l’État hébreu, plus de 50 000 personnes ont suivi cette route jeudi — un chiffre quasi identique à la veille — pour quitter le nord de la bande de Gaza, où se concentrent actuellement les affrontements militaires avec le mouvement islamiste palestinien Hamas. Durant cet intervalle, toutefois, le ministère de la Santé du Hamas à Gaza a fait état de morts et de blessés faits par des frappes israéliennes sur ces zones.
Toujours à propos des pauses évoquées par la Maison-Blanche, le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré jeudi soir : « Nous n’arrêterons pas le feu tant qu’il y aura des otages à Gaza. »
Joe Biden fait pression sur le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, pour qu’il décrète des pauses humanitaires afin de permettre aux civils palestiniens de fuir les combats. Le président démocrate a ainsi assuré avoir plaidé auprès de M. Nétanyahou lors d’un appel pour « une pause plus longue que trois jours ».
Des combats au sol, accompagnés de bombardements, font désormais rage dans le nord de la bande de Gaza, y compris au coeur de la ville éponyme, entre l’armée israélienne et le Hamas. Joe Biden a toutefois estimé qu’il n’y avait « aucune possibilité » de cessez-le-feu à Gaza, s’adressant à des journalistes avant son départ pour l’Illinois.
La bande de Gaza est assiégée depuis l’attaque d’une violence sans précédent lancée en Israël le 7 octobre par le Hamas, qui a fait plus de 1400 morts, majoritairement des civils.
Les frappes de l’État hébreu ont fait plus de 10 000 morts, essentiellement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Source : Le Devoir
