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Sondage : le corps médical souffre d’une connaissance lacunaire sur le don d’organes

Mohammed Fizaz

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L’association insiste sur le fait que le don d’organes est un geste qui sauve des vies | DR

Chaque année, depuis 2005, date de l’institution de la Journée mondiale du don et de la transplantation d’organes, l’association Reins, présidée par Pr Amal Bourkia, scrute attentivement la situation au Maroc. Cette année, les résultats d’un sondage exclusif mené auprès de 1160 médecins ont révélé des lacunes inquiétantes dans leur compréhension du don d’organes, mettant en lumière la nécessité urgente d’une sensibilisation et d’une éducation accrues.

Selon le résultats du sondage, consultés par SNRTnews, près de la moitié des médecins interrogés (47%) exercent dans le secteur public, tandis que 53% sont actifs dans le secteur libéral. Les résultats sont un réquisitoire sévère contre l’insuffisance de formation et d’information : plus de la moitié des participants ont qualifié leur connaissance du sujet de médiocre, et un quart la juge seulement moyenne.

Les résultats du sondage indiquent également que près des deux tiers des médecins (67%) n’ont jamais eu l’occasion d’assister à une formation ou à une réunion consacrée au don d’organes. Ces chiffres mettent en exergue un besoin pressant d’initiatives visant à élargir l’accès à l’information et à la formation sur ce sujet crucial.

De manière préoccupante, 74% des médecins sondés ignorent totalement la législation marocaine régissant le don et la transplantation d’organes, et 77% sont dans l’ignorance totale quant à la position de l’islam sur cette question vitale.

Malgré ces constats alarmants, il est rassurant de noter que 64% des médecins se disent prêts à devenir donneurs d’organes, et ce chiffre grimpe à 76% lorsqu’il s’agit de don après leur décès. De plus, 80% expriment le désir d’approfondir leurs connaissances sur le sujet, soulignant ainsi une volonté collective de s’informer et de contribuer activement à la promotion du don d’organes.

Appel à l’application des “recommandations de Rabat”

L’association plaide une fois de plus en faveur d’un changement, soulignant que cela peut déjà commencer par l’application des recommandations émises lors du Congrès de Rabat le 12 novembre 2022. Celui-ci a mis en lumière les obstacles humains, légaux, religieux et économiques qui entravent le développement de la transplantation d’organes, et a proposé des actions concrètes pour favoriser cette thérapie, en mettant toujours en avant des valeurs éthiques.

Ainsi, sur le plan juridique, il est proposé de favoriser l’inscription automatique des non-déclarants comme donneurs potentiels, sauf opposition formelle de la famille. Des plateformes numériques doivent mises en place pour faciliter les inscriptions à distance et la diffusion d’informations en ligne. De plus, la création d’une entité régulatrice placée sous l’égide du ministre de la Santé est préconisée afin de superviser les prélèvements et les greffes. Enfin, il est recommandé d’élargir la liste des établissements habilités à réaliser ces procédures, en incluant les structures privées conformes aux normes établies.

Pour ce qui est du volet médical, l’accent est mis sur la motivation des équipes de prélèvement et de transplantation d’organes à travers des incitations morales, professionnelles et matérielles, en plus de la création de pôles de greffe multidisciplinaires. Pour améliorer les chances d’acceptation des dons par les familles, il est proposé d’améliorer la qualité de la prise en charge dans les services d’urgence. Il s’agit également de renforcer le partenariat public-privé en adéquation avec la refonte du système de santé.

Le volet financier vise à sensibiliser les organismes de prévoyance sociale à l’intérêt économique de la transplantation. En effet, cette option s’avère moins coûteuse que la dialyse à partir de la deuxième année et offre une meilleure qualité de vie au patient, favorisant ainsi son intégration dans la société.

En ce qui concerne le plan sociétal, il est prévu d’instaurer la culture du don dès le plus jeune âge et d’organiser des campagnes d’information et de sensibilisation impliquant toutes les composantes de la société. La création de cartes de donneurs facilitera l’identification en cas de besoin. En parallèle, une mobilisation du grand public et des professionnels de santé doivent être entreprises à travers les médias, les réseaux sociaux et les spots publicitaires, avec la participation active du ministère de la Santé, des organismes de prévoyance sociale et des professionnels de santé.

L’association insiste sur le fait que le don d’organes est un geste qui sauve des vies, un acte de solidarité qui requiert la mobilisation de tous les acteurs de la société marocaine, en particulier les professionnels de la santé et les médias, pour ancrer cette culture au cœur de notre société. L’association Reins exhorte ainsi la société marocaine à agir collectivement, afin de transformer la donne et de sauver de nombreuses vies.

Source : SRNT NEWS

Donnez et sauvez de nombreuses vies : FAIRE UN DON – Association Reins | Amal Bourquia

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