Pénurie de médicaments : “C’est une catastrophe” dit le président du syndicat des pharmaciens du Bas-Rhin
Comme l’an dernier, de nombreux médicaments sont en rupture de stock en France et en Alsace. Le ministre de la santé Aurélien Rousseau doit faire le point cette semaine avec les professionnels.
Le tube de Doliprane ou d’Efferalgan pourrait bien à nouveau devenir une denrée rare. Car comme l’an dernier, certains médicaments comme le Paracétémol ou l’Amoxicilline viennent à manquer. Cela concerne aussi des médicaments contre l’épilepsie, le diabète, les troubles cardiaques L’an dernier, 3700 références ont été en rupture à un moment ou un autre.
Et cela continue donc cette année. “Cela fait quasiment deux patients sur trois. C’est juste une catastrophe. On passe notre temps à essayer de trouver des solutions pour nos patients. On passe une quinzaine d’heures par semaine à trouver des solutions, à appeler le médecin. A trouver le médicament auprès de confrères car nos fournisseurs sont en rutpure. C’est une catastrophe, c’est inédit en France. Et le problème c’est que cela dure car cela fait déjà depuis post Covid que nous subissons cette dure réalité” explique Claude Winstein co-président du syndicat des pharmaciens du Bas-Rhin, pharmacien à la Petite Pierre.

“On prend le bon vieux système, on appelle les confrères, en disant est ce que tu peux me dépanner avec tel ou tel produit. Quelques pharmaciens s’organisent même en groupe WhatsApp. Mais quand ça manque dans une pharmacie le lendemain cela manque dans toutes les autres” détaille le pharmacien.
Alors est-ce aussi la faute de certaines pharmacie qui stockeraient des médicaments ? “Je ne dis pas que l’un ou l’autre pharmacien ait pu avoir un stock important. Mais vous savez avant Covid, l’Amoxicilline, on avait deux ou trois mois de stock dans nos pharmacies. Aujourd’hui quand on a une journée de stock, on est très contents” dit Claude Winstein. Et les patients, ont-ils tendance à stocker plus qu’autrefois ? “L’antibiotique les gens ne font pas de stock. Mais pour d’autres produits comme les traitements courants, oui. Je les comprends. Aujourd’hui quand on dit attention il va y avoir des ruptures, les gens qui disaient non j’en ai à la maison, ils ne nous disent plus cela, car ils anticipent”.
Augmenter le prix des médicaments
“Ce que je croix plutôt, c’est qu’il y a un vrai problème de tarifs en France. Il faut augmenter les prix parce qu’un laboratoire international ou européen, quand il a une quantité de produits, il répond à la demande, mais pas à l’ensemble de la demande, et donc il va se tourner vers celui qui paye le plus cher.
Le Maroc et la Chine s’allient pour promouvoir l’industrie pharmaceutique en Afrique

Ryad Mezzour, le ministre de l’Industrie et du Commerce, a présidé à Casablanca la signature d’une convention de partenariat entre Laprophan et Sinopharm. Objectif de ce partenariat, développer des solutions médicales.
Promouvoir des solutions pharmaceutiques développées et fabriquées sur le continent africain. C’est l’ambition partagée par Farid Bennis, président des laboratoires Laprohan et Yan Bing, vice-président de Sinopharm International.
Sous la présidence de Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce marocain, une cérémonie pour la signature d’une convention à cet effet s’est déroulée hier à Casablanca.
Lors de cette cérémonie, les deux parties ont exprimé leur ambition de développer les secteurs pharmaceutique et médical en Afrique, et de contribuer ainsi à l’industrialisation du continent par la création de nouvelles unités de production.
S’exprimant pour l’occasion, Ryad Mezzour a indiqué que la convention « s’aligne parfaitement avec les Hautes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI visant à préparer notre pays à une nouvelle ère industrielle portée vers et par la souveraineté », notant qu’elle ouvre la voie à une collaboration entre les deux laboratoires pharmaceutiques marocain Laprophan et chinois Sinopharm International pour soutenir le développement de l’industrie pharmaceutique au Maroc et en Afrique. Cela se fera en particulier à travers un transfert technologique par Sinopharm en faveur de Laprophan pour la production de certains médicaments au Maroc et la vente de principes actifs pharmaceutiques, de dispositifs médicaux, de consommables médicaux, ainsi que d’équipements médicaux en Afrique subsaharienne, a ajouté le ministre.
Un bénéfice partagé
Du point de vue de Yan Bing, les deux parties entretiennent une coopération étroite depuis l’accord stratégique conclu en février dernier, précisant qu’à travers cette convention, Sinopharm envisage l’expansion de ses activités au Maroc et en Afrique. « Le Maroc est la porte d’entrée du continent africain, et possède une grande influence et un grand potentiel de développement en Afrique », a-t-il poursuivi, notant, par ailleurs, que le Maroc a été le premier pays d’Afrique vers lequel Sinopharm a expédié le vaccin contre le Coronavirus. Sinopharm entretient une coopération globale avec le Maroc, a dit Bing, assurant : « nous avons bien des raisons de croire qu’avec Laprophan nous disposons des capacités de renforcer nos relations et promouvoir des solutions industrielles pour le Maroc, l’Afrique et le monde ».
Pour clore Farid Bennis a fait savoir que ce n’est pas au Maroc uniquement que bénéficiera cette convention. À l’en croire, elle a été étendue à l’ensemble du continent africain. Et entre autres clauses, elle comprend des transferts de technologies, la représentation et l’accompagnement du laboratoire Sinopharm au Maroc et en Afrique, la création de joint-ventures pour renforcer l’industrialisation avec la création d’industries pharmaceutiques aussi bien au Maroc que sur le continent africain.
