
À quand l’activation de l’article 17 de la Constitution qui permet aux MRE de participer aux élections en tant qu’électeurs et candidats ? Les parlementaires ignorent toute concertation pour trouver une solution à ce dossier qui traîne depuis des années.
Comment donc leur garantir le droit de vote dans tous les pays de résidence et définir une représentativité politique objective ?
Nous savons hors de tout doute raisonnable, que désormais «le vote par procuration est limité et n’a plus de valeur». l’impératif de lancer un débat profond avec la participation des instituions de gouvernance et du Parlement en vue d’arrêter une vision claire et de créer un consensus national autour de cette question est devenu incontournable sinon vital.
Le groupe parlementaire de l’Istiqlal a déposé en 2014 une proposition de loi prônant de porter le nombre des membres de la Chambre des représentants de 395 à 455 pour inclure quelque 60 MRE élus au niveau des circonscriptions électorales qui seront définies par décret (70% pour la région européenne, 15% pour la région africaine, 10% pour la région américaine et 5% pour la région arabo-asiatique). Pour sa part, le groupe parlementaire socialiste avait proposé de consacrer 30 sièges aux Marocains du monde. Rien ne sera moins sûr.
La carte logistique et financière déjà brandie pour justifier le retard dans l’opérationnalisation des dispositions constitutionnelles a été réutilisée encore une fois pour retarder encore la mise en œuvre des mesures constitutionnelles lors des dernières élections.
Lors de son passage cette année sur Al Aoula et 2M, le chef du gouvernement a été interpelé sur la question de la représentation politique des Marocains résidant à l’étranger. Aziz Akhannouch a indiqué qu’une telle chose nécessite de grandes capacités logistiques et organisationnelles, qui doivent être démontrées par « une vaste étude ».
Dans la peau du chef de gouvernement, Aziz Akhannouch a fait face à la question du droit de vote et de représentation politique des Marocains du monde. Même s’il reconnait avoir été confronté à la situation , il estime qu’il faut « une vaste étude pour y voir plus clair ».
Au cours de cette intervention sur les deux chaînes nationales Al Aoula et 2M, le chef du gouvernement a déclaré que cette étude pourrait permettre de déboucher sur des réalisations réussies au cours des cinq prochaines années. Il précise que cette question nécessite de grandes capacités logistiques et organisationnelles, à cause du nombre important des MRE (5 millions). Ils devront en tout cas prendre leur mal en patience avant un hypothétique droit de vote.
La balle revient donc dans le camp du ministère de l’Intérieur pour trancher cette question lors de la discussion des lois électorales. Rappelons que le Maroc a déjà fait l’expérience de la participation politique des MRE en 1984. La communauté marocaine à l’étranger était représentée par cinq députés. Mais cet exercice s’est heurté à plusieurs obstacles dont l’étendue de la superficie des circonscriptions et l’important nombre de MRE que représentaient les parlementaires issus des Marocains du monde. Aujourd’hui, l’enjeu est de tirer les enseignements de l’expérience précédente pour mettre en place un système efficace et représentatif.
