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La question de l’identité des Marocains du Monde: Quel impact sur leur capital social et sur leur citoyenneté ?

Maghreb Observateur. Casablanca, Samedi le 20 Mai 2023

Vues d'Afrique

Ce Dimanche 21 Mai 2023, 15h00 se tiendra au ‘’Club de la Presse Marocaine’’, Hassan, Rabat une rencontre, organisée en partenariat entre organisations nationales basées au Maroc et
organisations de la société civile de la diaspora marocaine

Cette rencontre aura pour objectif de permettre des échanges de réflexions entre chercheurs indépendants, universitaires et acteurs associatifs de divers horizons, sur les liens des marocains du monde avec leur société d’origine. Elle vise à permettre aux participants de procéder à quelques premières analyses en vue d’un diagnostic de l’état des rapports des marocains du monde avec la société et les institutions de leur pays d’origine.
Il s’agira plus précisément d’examiner l’identité, la citoyenneté des marocains du monde à l’aune de
leur capital social que reflète le degré de leur confiance dans la société et les institutions de leur
pays d’origine. Il s’agira aussi de formuler des propositions qui pourraient renforcer cette confiance
et valoriser ainsi le capital social des marocains du monde dans leur pays d’origine.

Notre monde connait notamment depuis la deuxième moitié du XXème siècle une intensification sans
précédent des mobilités humaines. La plupart des pays se trouvent, directement ou indirectement,
impliqués soit comme pays d’émigration, de passage ou d’immigration. Le Maroc, pays au nord de
l’Afrique, est parmi les pays les plus hautement concernés par ces mobilités en vertu de sa situation
géographique à une très grande proximité de l’Europe. Pays d’émigration notamment depuis la
deuxième moitié du XXème, et il le reste encore aujourd’hui, bien qu’il soit devenu aussi un pays de
transit et d’immigration. Il en est résulté une diaspora de plus de 5 millions de marocains expatriés
soit plus de 10% de la population globale du pays, éparpillés sur plus d’une centaine de pays dans le
Monde.
En raison de leurs potentialités développées en situation de migration, les diasporas, peuvent jouer
un rôle important dans le développement tant des pays de résidence que des pays d’origine. Mais
pour que leur contribution soit efficace et efficiente et puisse avoir un impact réel, il importe de leur
garantir le cadre adéquat de participation politique, civique…. Le pacte mondial pour des migrations
sûres, ordonnées et régulières conclu à Marrakech en 2018 y invite. Or pour que cette participation
puisse s’inscrire en harmonie dans les projets de développements des pays entre lesquels les
membres des diasporas sont partagés, elle nécessite la mobilisation de tous les capitaux dont
disposent les membres des diasporas : le capital économique, humain, culturel, mais aussi le capital
social.
Le capital social, pouvant être définit comme étant les « Réseaux de relations entre les personnes qui
vivent et travaillent dans une société donnée, permettant à cette société de fonctionner
efficacement » constitue depuis sa ‘’découverte » par les sociologues (Bourdieu, Putnam…) un
instrument d’une grande utilité pour rendre compte du degré d’implication des membres des
diasporas dans les projets de développement tant des pays d’accueil que des pays d’origine. Il est le
reflet du degré de confiance, de solidarité et de réciprocité qui caractérisent les relations des individus
ou des groupes d’individus au sein d’une société donnée. L’ampleur, la fréquence et l’intensité de
cette participation dépend du degré de cette confiance, de cette solidarité ou de cette réciprocité qui
peut exister entre les membres de la société et dans les institutions du pays. C’est dire que pour
rendre effective la participation des membres des diasporas au projet de développement il semble
nécessaire que les gouvernements tant des pays de résidence que des pays d’origine prennent les
initiatives nécessaires pour la mise en place de cadres participatifs inclusifs qui dynamisent
l’engagement des membres des diasporas.


Concernant la diaspora marocaine, en dépit de la dissipation chez la quasi-totalité de ses membres
de l’idée de retour au Maroc et la résignation à faire leur vie dans le pays d’accueil, sa particularité
est qu’elle reste bon gré malgré très attachée à son pays d’origine. Les retours massifs récurrents des
expatriés marocains au bled, les transferts de devises en ligne ascendante malgré les crises, l’ampleur
de l’action des organisations de la société civile diasporiques, sa mobilisation pour la défense des
causes nationales…. en sont autant d’éléments qui témoignent…
Cependant, de sérieux facteurs interfèrent pour décevoir les membres de la diaspora marocaine et
entraver son désir de participer au développement de leur pays d’origine : le changement de leur
projet migratoire d’un projet provisoire à un projet définitif sur les territoires des pays de résidence,
l’acquisition de la nationalité de ces pays, les politiques d’intégration avec les contraintes qu’elles
leur impose et les avantages qu’elles leur offrent….. Ajouter à ces facteurs la distanciation
géographique avec le pays d’origine, le relâchement voire l’affaiblissement des contacts et relations
avec la société marocaine (relations familiales, amicales, de voisinage ou sociétales), les rapports
difficiles avec les institutions étatiques marocaines que ce soit celles se trouvant sur le territoire du
pays d’accueil (bureaucratie, clientélisme, corruption…) ou sur le territoire marocain (obstacles
administratifs, non représentativité, insuffisance de la protection de leurs intérêts surtout
économiques …) les échecs des projets initiés…
Tous ces facteurs risquent d’avoir pour conséquence une certaine fragmentation de leur identité,
un malaise quant à leur appartenance ou leur allégeance, un sentiment de frustration quant à leur
citoyenneté.

Le Programme :

Séance d’ouverture :

  • Mot du CERSS et du GREM
  • Mot de la Coordination Démocratique de la Diaspora Marocaine et du Forum Belgo Marocain pour la coopération, le Développement et la Solidarité
    Axe 1 : Quel impact de l’identité des Marocains du Monde
    sur leur capital Social ?
    Modérateur : M. Mohammed BENHLAL
    Professeur à l’Université Mohammed Ben Abdallah, Taza, Chercheur au CERSS
    M. Omar BENAYACHE :
    Professeur à l’Université à l’Université Mohammed V, Chercheur en sociologie
    « Quelle relation entre identité, capital social et citoyenneté des personnes en situation de
    migration ? ».
  • M. Abdelkrim BELGUENDOUZ
    Professeur à l’Université à l’Université Mohammed V, Chercheur en migration :
    « Lecture critique de l’Avis du Conseil Economique, Social et Environnemental relatif aux
    Marocains du Monde ».
  • Mme Aicha BACHA :
    Secrétaire générale du mouvement mondial des femmes leaders panafricaines, chercheure
    en sociologie à l’Université Libre de Bruxelles :
    « Les Marocains du Monde entre la volonté d’enracinement aux pays adoptifs et la crainte de
    déracinement vis-à-vis du pays d’origine ».
  • Mme Najia SALMI :
    Chercheure en migration, Membre du GREM
    « Capital social des femmes migrantes marocaines, quelle valorisation dans leur pays
    d’origine ? »
    Axe 2 : Quel impact du capital Social des Marocains du Monde sur leur
    citoyenneté ?
    Modérateur : M. Abderrahmane MOULINE
    Chercheur au CERSS, Acteur associatif
  • M. Rachid ELMOUDENI : Doctorant, chercheur en migration
    « La représentation des Marocains du Monde au sein des institutions de leur pays d’origine,
    les opportunités et les obstacles à une citoyenneté entière ? »
  • Mme Nadia FALIJY : Chercheure en migration, Membre du GREM
    «Le capital social des marocains du monde : un potentiel de développement local non
    valorisé : le cas dans la région du Rif »
  • M. Salaheddine EL-MANOUZI : Président de l’association « Les deux rives”(Amiens/France )/
    Mme Fatima IKA : Doctorante en Sociologie :
    « Les Marocains du Monde, acteurs du développement local : l’expérience de l’association
    ‘’Les Deux Rives’’
  • M. Bouchaib HARKATI : Président de l’association ‘’Solidarité Euro-Marocaine’’ :
    « L’expérience d’une association de la diaspora marocaine en Italie au Maroc »
  • M. Younes LAQTARNI : Directeur de AoraPress/ Entrepreneur
    « L’expérience d’un membre de la diaspora marocaine en Espagne dans son pays d’origine ».
  • M. Said BOUHOU : Acteur associatif de la diaspora marocaine en France, expert en Arts Martiaux :
    ‘’Mon expérience au Maroc dans le domaine sportif »
    DEBAT GENERAL :
    Mot de clôture de la rencontre
    Abdelhak SAAF : Coordinateur / Rapporteur

Maghreb Observateur publiera dans les prochains jours, les recommandations qui ont été retenues lors de cette rencontre.

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