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(Soft Power Cultural) et le rôle des MRE.

Par : Ahmed Mahou

Vues d'Afrique

L’Identité culturelle marocaine : La puissance culturelle douce (Soft Power Cultural) et le rôle des MRE.
1- La définition classique de la culture, comme de tout et chacun, est un panier où on met ensemble tout ce qui touche aux croyances, l’ensembles des croyances et coutumes, les expressions et les arts d’être et de vivre d’une population donnée qui partage un espace donné.
2- Mais, quand nous utilisons une approche plus académique, conceptuelle et anthropologique, la définition de la culture, dans ce qui la compose et la détermine, prend une autre clarification. Le concept de la culture nous dévoile les ingrédients essentiels qui la composent. A savoir :

  • l’ensemble des croyances et des pratiques que partage un groupe de personnes, sur un territoire donné, et éventuellement partages avec d’autres espaces géographiques ;
  • La dignité et la fierté d’appartenir à ce groupe ;
  • La pratique et le partage intergroupe de tout ce qui précède et la solidarité au sein du groupe ;
  • Une certaine cohérence du groupe et une coopération, dans la paix et le progrès, face à l’extérieur ;
  • Une certaine vision ‘’universaliste’’ du monde.
    *Remarque importante : de tous ces éléments sont tirés ce qu’on nomme les piliers d’un pays ou d’une nation (Tawabit).
    3- la culture diasporique.
    ✓ A tous ces éléments qui précèdent et qui déterminent la notion de culture et de l’identité culturelle, il faut ajouter d’autres éléments, lorsque que nous évoquons une partie de la population, des citoyens qui vient en dehors des frontières communes au principal groupe d’origine. Nous parlons ici d’une population de plus de 6 millions de personnes (+-15% de la population totale), qui vivent dans d’autres pays, où elles semblent être installées durablement (les marocains se trouvent dans plus de 100 pays du monde aujourd’hui). Il s’agit de :
    ✓ L’histoire de l’immigration, dépassant au moins 60 ans aujourd’hui. Les ruptures, les douleurs, l’éloignement du pays et l’exil,… Mais aussi l’installation, la constitution et le regroupement familial, la naissance de nouvelles générations dans les pays de résidence, … L’installation et la création d’espaces sociaux et culturels, la cohabitation et les échanges avec d’autres groupes et cultures, de
    nouveaux acquis et de nouvelles pratiques, une autre approche et une nouvelle vision du monde et du pays d’origine, …
    ✓ Cette histoire et ce cumul sont essentiels, à prendre en considération et en charge, à la fois par le pays de résidence, mais aussi par celui d’origine, afin qu’ils revoient leur propre définition de leur propre identité culturelle.
    3- Diplomatie culturelle. En quoi elle consiste et à quoi cela sert ?
    En général, la puissance culturelle douce (Soft Power Cultural) d’un pays sert à attirer les autres vers cette culture et ses diverses expressions à la faire apprécier.
    L’objectif est de cohabiter pacifiquement, de construire des passerelles de communications et d’échange entre les groupes, les peuples et les pays, éventuellement d’aboutir à une coopération positive pour tout le monde. Elle sert aussi à dissiper les ambiguïtés et les malentendus et de lutter contre les stéréotypes négatifs, au-delà des régimes politiques et de leur évolution. Et tout
    cela se fait à travers les arts et leurs expressions, les coutumes et les pratiques, les
    croyances, les sports, etc.
    ‘’Tout marocain, où qu’il aille, est un potentiel porte-parole de la culture de son pays’’, dit-on.
    Aujourd’hui, les marocains du monde, ont un réel problème avec leur pays d’origine. Ce problème est devenu visible et claire avec la période de la pandémie du Covid-19, que le pays a traversé, comme le reste du monde, entre 2020 et 2022.
    En effet, ces citoyens se sont sentis rejetés et non reconnus en tant que citoyens. Contrairement aux articles de la constitution du pays, ils ont perdu leur statut social, avec les fermetures des frontières du pays et leur mauvaise gestion (blocage des gens à l’intérieur et l’extérieur des frontières, interdiction du rapatriement et de l’inhumation des morts dans le pays d’origine, mauvaise gestion de la communication et pertes économiques sèches pour les vols d’avions non consommés, etc. En plus, ils ont aussi perdu leur statut de citoyen, par la non reconnaissance de leur participation aux échéances politiques du pays dans le choix et l’élection de ses représentants dans les institutions du pays (vote du parlement marocain contre la participation des MRE le 21 mai 2021 avec 244 voix contre 18 voix pour et 8 abstentions).
  • Et tant que ces questions ne trouvent pas de réponse réelle et adéquate, qui répondent aux vraies aspirations de ces citoyens, nous aurons un terrible déficit. Déficit énorme quant à la puissance culturelle douce et à son efficacité dans l’avancée et le développement du pays.
  • Bruxelles
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