
” Ce matin, je suis allé au marché mais, vu les prix affichés, je n’ai rien acheté. Ni fruits ni légumes ni viande hachée. J’avais déjà très mal aux poches rien que de savoir que le ramadan approche.
J’ai juste profité de l’occasion pour présenter mes salutations les plus distinguées à toutes les stars des étals, tout fiers sur leur piédestal.
De prime abord, j’ai salué chaleureusement sa Majesté l’oignon, tout rond, tout mignon. Avec respect et humilité, je me suis découvert devant les majestueux haricots verts dont le prix ont atteint la stratosphère, ensuite j’ai dit bonjour à madame la tomate que son prix rendait rouge écarlate et en passant, j’ai fait des courbettes à Mademoiselle la courgette. J’ai soulevé ma calotte devant sa sainteté la carotte et pour détendre l’atmosphère, j’ai déclamé des vers devant sa seigneurie la pomme de terre.
J’ai présenté gentiment mes compliments à Monsieur le Piment mais je me suis tue devant Mademoiselle la laitue dont les prix étaient vraiment pointus. Et puis, tout à l’heure, une pauvre dame a éclaté en pleurs quand elle a vu le prix des choux-fleurs. Devant les oranges, j’avais un sentiment étrange. Vu leurs prix fantastiques j’ai pensé que c’était un fruit exotique qui nous vient tout droit de la lointaine Amérique. Quand j’ai vu le prix des dattes, c’est comme si j’avais reçu un (upercut ) ou une droite, je ne tenais plus sur mes pattes.
Mais j’entends d’ici votre question. Non. Je ne suis pas passé devant le boucher. Non. Pas question.”
Auteur inconnu
