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La bataille de Gembloux : le sacrifice des tirailleurs marocains

La bataille de Gembloux : le sacrifice des tirailleurs marocains

C’est un aspect de notre histoire que l’on évoque rarement : la présence sur le sol belge de soldats d’Afrique du Nord, venus contrer l’offensive allemande au côté des Alliés pendant la seconde guerre mondiale. A Chastre, dans la nécropole française, les croix blanches des soldats français côtoient ainsi les stèles gravées en langue arabe.  Elles rappellent le sacrifice de jeunes Algériens, Tunisiens, Sénégalais et Marocains qui ont donné leur vie en mai 1940 pour défendre nos territoires et nos libertés.

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Tombés pour la France

Dans le cimetière français de Chastre , 218 tirailleurs marocains reposent aux côtés des soldats français. Ils sont originaires de Kenitra, de Meknès ou de Marrakech. A l’époque , le Maroc est sous protectorat français et 3 bataillons de tirailleurs arrivent dans le Brabant wallon le 13 mai 40. Ils viennent de parcourir 100km à pied, en 3 jours, et sont épuisés. Leur mission est de barrer la trouée de Gembloux afin d’ empêcher les Allemands de contourner la place forte de Namur et d’atteindre Charleroi par la Sambre.
Hervé Legros est un historien amateur, il connaît particulièrement bien la bataille de Gembloux:

” Le rôle dévolu à la Division marocaine est clair : il s’agit de tenir la position française entre Beuzet et Ernage, avec un point central qui est Gembloux, et ce , sans esprit de recul. Cela signifie que ces hommes doivent combattre sur place , ils ne peuvent pas se retirer – quelques soient leurs pertes – sans ordre.”

Ces soldats ne sont pas considérés comme ” de la chair à canon”. Au contraire , ils forment des troupes d’élite et sont même volontaires (contrairement aux Tunisiens ou aux Algériens enrôlés contre leur gré) . Pour d’aucuns, rejoindre les rangs de l’armée française constitue une promotion sociale et laisse entrevoir la perspective d’un meilleur revenu. Paul Van Ruychevelt est le conservateur du musée français de Cortil-Noirmont où sont rassemblés différents témoignages relatifs à la bataille de Gembloux :

” Ces tirailleurs ne sont pas du tout choisis par hasard; en réalité , il s’agissait de troupes professionnelles. Certains militaires marocains avaient même plus de dix ans d’armée. Donc c’était des gens qui avaient de l’expérience et ils l’ont d’ailleurs prouvé pendant la bataille.”

Effectivement: pendant deux jours, les 14 et 15 mai, la 1ère Division marocaine va supporter le poids de la poussée allemande et résister, parfois au corps à corps, jusqu’au repli des troupes allemandes . 

En mai 40, 4500 tirailleurs marocains sont ainsi venus combattre dans la région au côté des Alliés.  Certains n’ont jamais revu leur terre natale . Entre ceux qui sont morts au combat , ceux qui ont été blessés ou que l’on n’a jamais retrouvé, les pertes humaines sont difficiles à chiffrer. Hervé Legros estime qu’environ 400 soldats marocains ont péri pendant les combats. Ils ne sont pas tombés en vain : leur courage a permis à l’Armée française de remporter l’ une de ses rares victoires sur le sol belge pendant cette campagne.

Source : RTBF.be

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