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AFFAIRE FRIEKH : QUAND LA SPOLIATION CAUSE LA MORT D’UN « CHIBANI », LA JUSTICE ACHÈVE LA FAMILLE !

AFFAIRE FRIEKH

 

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Alors que se rapproche le triste anniversaire des 2 ans de la disparition de feu Benaïssa FRIEKH, MRE de 63 ans, décédé suite à la découverte de la spoliation d’un terrain familial à Fès, sur lequel a été érigé un immeuble de 16 appartements et 6 magasins, la réparation de cette profonde injustice vient de connaître un nouveau rebondissement… malheureusement en défaveur de la famille FRIEKH.

L’un des enfants, M.TOUFIK FRIEKH, nous a adressé un message, retentissant comme un cri d’alarme, révoltant …

« Voici l’évolution scandaleuse mais surtout criminelle du VOL MANIFESTE du patrimoine qui a causé la mort de mon père le 13 Décembre 2012.

Ø  Le procès pénal initialement programmé au mois de juin 2013 a d’abord étrangement été repoussé au 25 octobre.

Les autorités judiciaires avançant la priorité d’autres dossiers (mon père décédé n’est toujours pas considéré comme prioritaire), puis le mois de Ramadan, suivi des vacances du mois d’août, et enfin la prise de congés tout le mois septembre du juge en charge du procès.

Ø  Le 25 octobre finalement, à notre grande déception, vu que nous prenions la peine à chaque échéance du tribunal de nous déplacer de France jusqu’à Fès, le procès fut une nouvelle fois reporté à la date du 14 janvier 2014, soit sept mois après la date initiale.

Ces reports, et nous en avons vécu un nombre incalculable durant les deux premières années de procédure, loin d’être normaux laissent à se poser la question : à qui profitent-t-ils ? 

Certainement pas à nous victimes ! Car un fait très récent vient de réduire encore un peu plus nos espoirs de justice, que notre famille réclame légitimement.

En effet, en déplacement à Fès le jeudi 7 novembre dernier, je me suis aperçu que depuis ma dernière visite effectuée sur le terrain quinze jours plus tôt, deux familles avaient aménagé dans l’immeuble.

Ce qui veut dire que la résidence bénéficie de :

Ø  L’alimentation en eau

Ø  Électricité

Ø  Deux paraboles installées

Ø  Trois panneaux publicitaires de mise à la vente

Mais le pire étant évidemment ces deux familles qui ont aménagés sur la propriété de mon père, ce que nous pouvons appeler des squatteurs et non propriétaires.

Donc un permis d’habiter aurait été attribué par les autorités compétentes, en l’occurrence la commune de Zouagha Bensouda.

Et c’est là que le scandale a lieu, car c’est cette même commune qui :

–          a délivré en un temps record de 5 semaines le permis de construire sur la base de faux documents (l’enquête policière l’a clairement démontré),

–          a émis un arrêt de chantier suite à un sit-in que nous avons organisé en février 2012, et qui a été couvert par la chaîne 2M,

–          est au courant du caractère litigieux de l’immeuble et de son affaire en cours au tribunal, (le président de cette institution avait même été interviewé par la chaîne, et a toujours « évité » les convocations du juge d’instruction).

Dès lors, comment dans de telles circonstances, est-il donc possible de délivrer un permis d’habiter pour une habitation au cœur d’un litige aussi sérieux ayant entraîné la mort ?

Dans l’impossibilité de faire notre deuil, notre famille est plus que jamais désespérée, qui plus est après avoir :

–          rencontré et évoqué l’affaire avec le Premier Ministre, M. Benkirane, le Ministre de la Justice (M. Ramid), et l’ex Ministre des MRE (M. Maâzouz),

–          été suivie par la Fondation Hassan II, écrit au CCME et CNDH (sans aucune réponse de leur part), au Wali de Fès, au Gouverneur de la région de Fès-Boulemane, au directeur de l’Agence Urbaine de Fès, au Président de la commune de Zouagha Ben Souda,

–          été couvert à plusieurs reprises par les presses arabophone (Al Massae, Al Ittihad Achtiraki) et francophone (Au fait, l’Économiste, Yabiladi.com),

–          et enfin avoir fait l’objet à deux reprises de l’ouverture du JT de 2M,

Il est de ce fait incompréhensible que nos espoirs de justice aillent en s’effritant, avec ce dernier épisode en date, concernant l’emménagement de familles dans l’immeuble construit illégalement sur notre terrain. Et on sait combien, il sera difficile voire impossible, de déloger à l’avenir ces squatteurs ou propriétaires complices au vu de la médiatisation qui a été faite et qui bien sur vont s’autoproclamer victimes.

Là où cette injustice, marquée par la disparition de notre père, représentant humble mais ô combien fier de porter haut les couleurs du Maroc en France, n’a suscité aucune mobilisation ni engagement sincère et efficace au Maroc pour nous venir en aide.

C’est empreint du sentiment total d’abandon de notre terre natale, et véritablement à contrecœur que nous ne voyons plus comme ultime recours, que celui de nous tourner vers les autorités, associations, et médias de notre pays d’adoption, la France.

Car en toute sincérité, cette affaire qui, il faut le rappeler, a entraîné la mort d’un être cher (et ce pourrait être demain un des vôtres), aura t-elle eu le même traitement, si elle avait concerné la famille d’une personnalité… A chacun d’en juger ». M. FRIEKH TOUFIK

 

                                                                                                                           M.FKIRE


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