Par : Raja Khaled

Mohamed Boutakiout : L’accueil de la 10è conférence internationale sur les Géoparcs mondiaux de l’UNESCO, un “grand prestige” pour le Maroc
L’accueil par le Maroc de la 10ème Conférence internationale sur les Géoparcs mondiaux de l’UNESCO représente un “grand prestige”, a affirmé Mohamed Boutakiout professeur de paléontologie à l’université Mohamed V de Rabat et président du Comité national des géoparcs.
Cette conférence, organisée à Béni Mellal et Marrakech sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI par le Réseau mondial des Géoparcs de l’UNESCO, le conseil régional de Béni Mellal-Khénifra et l’association Géoparc M’Goun, réunit quelque 195 géoparcs à travers le monde ayant décroché le Label mondial “Géoparc UNESCO” répartis sur un total de 48 pays dont le Maroc, représenté par le géoparc UNESCO du M’Goun.
“C’est un grand prestige parce qu’après l’Italie, la Corée du Sud et la Chine, le Maroc a obtenu le privilège d’accueillir cette conférence”, a indiqué le Pr Mohamed Boutakiout, qui est également président du conseil scientifique du Géoparc de M’Goun, ajoutant que le concept de géoparc est “très important” parce qu’il fédère et met en synergie plusieurs activités appartenant à des horizons différents.
“Il y a d’abord le côté scientifique, c’est-à-dire les études scientifiques multidisciplinaires, la géologie, les sciences humaines, l’anthropologie, l’histoire etc…”, a-t- expliqué.
Concernant le géoparc de M’Goun dont il préside le conseil scientifique, il a rappelé que ce géoparc a été mis en place après les études lancées en 2000 sur les dinosaures du Haut Atlas central avec une université espagnole. “En 2004, le concept des géoparcs a commencé à être discuté à l’UNESCO à Paris (…) les scientifiques marocains se sont alors préparés pour la certification d’un géoparc au Maroc”, a-t-il dit précisant qu’en 2004, une grande réunion a rassemblé les autorités, les scientifiques, les communes et l’administration pour réaliser cet objectif.
Cet expert, natif de la ville d’Azilal, a relevé que le géoparc du M’Goun a obtenu en 2014 le Label mondial “Géoparc UNESCO” et cette certification a été réaffirmée en 2018 et 2022.
Il a mis l’accent, à cette occasion, sur l’importance de ce site. “Il s’agit d’un patrimoine de plus de 2000 ans, avec des gravures qui datent de l’âge du Bronze”, a-t-il noté.
Ce paléontologue a expliqué que l’homme qui a vécu dans ces hautes montagnes a légué une architecture exceptionnelle et un mode de vie, des traditions ancestrales qui existent toujours “et qu’on voit au niveau des mariages, des chants et des poésies”, insistant sur la nécessité de conserver ce patrimoine.
Le président du conseil scientifique du Géoparc de M’Goun a fait remarquer dans ce cadre que ce site représente une attraction touristique “parce que dans ces hautes montagnes, le tourisme est la source de revenus la plus importante pour les populations locales”, soulignant les efforts qui ont déployés pour développer le secteur de tourisme de montagne dans cette région, à travers notamment la valorisation des produits du terroir, tels que le miel, les amandes et le safran.
S’agissant de cette conférence internationale, il a relevé que c’est une occasion d’échanger les expériences de gestion des géoparcs avec des pays comme l’Australie, l’Indonésie, la Malaisie ou ceux d’Europe.
“Ce forum de géoparcs de différents horizons va nous permettre de nous connaître, de nouer des relations amicales avec tous les peuples et de s’inscrire dans l’amour des peuples, des humains, en contradiction avec les guerres”, a-t-il conclu.
A noter que le géoparc UNESCO du M’Goun couvre une superficie de plus de 5.700 km² englobant ainsi plusieurs communes d’Azilal, à savoir, Demnate, Tilouguite, Zaouit Ahansal, Tabant, Ait M’Hamed, Ait Taguella, Agoudi N’Lkheir, Ait Abbas, Ait Boulli, Ait Blal, Sidi Boulkhelf, Tifni et la commune d’Anergui Boutferda. Il est le premier Géoparc du Maroc, de l’Afrique et du Monde arabe situé au milieu de la chaîne du Haut Atlas central entre Béni Mellal au nord et la ligne de crête de l’lghil M’Goun au sud.
Le géoparc du M’Goun est un territoire protégé qui comprend un certain nombre de géo-sites d’un intérêt exceptionnel, mais aussi des lieux de valeurs écologiques, archéologiques, historiques et culturelles.
Il est aussi un acteur important dans le développement socio-économique de la région où il stimule le développement du tourisme, en particulier le géo-tourisme en générant ainsi la création d’entreprises et coopératives locales, produisant de nouvelles sources de revenus pour la population. Il a également cette vocation éducative puisqu’il vise à proposer un programme pédagogique scientifique et environnemental.
