
Appelée Boujloud, Herma, Chouiekh, Bilmawen, Boulbtayn, ou bouhidour ? Peu importe ! Ce sont toutes des appellations d’une fameuse fête populaire marocaine se déroulant le lendemain de l’Aid El Kébir.
D’une génération à une autre, ce rite ancestral est célébré annuellement dans la région Souss-Massa : Aït Melloul, Inzegane, Dcheira…. Le principe est tout simple : se déguiser avec les peaux de moutons et de chèvres, se peindre le visage en noir, s’armer d’une longue patte, et essayer d’effrayer les gens et les frapper (gentiment). Pour les passagers, la seule échappatoire est alors de filer une somme d’argent symbolique, qui sera ensuite investie dans l’organisation d’une grande fête.
Cependant, ce carnaval souffre d’un grand manque d’implication de la part des institutions publiques, et seules les associations issues des quartiers populaires, se chargent de l’organisation. Cela freine la structuration de cette pratique qui subit ainsi plusieurs déformations : changement des combinaisons, utilisation de tuyaux à la place des pattes et disparition de la teinte noire ou « Ikoulyan » en amazigh…
A noter que ce carnaval était suspendu par les autorités coloniales puisqu’il était jadis, une occasion spéciale pour dénoncer la situation sociale et politique avec un sens de la dérision.
Le festival de Boujloud à Sidi Moussa «Le festival vise à faire parvenir notre voix aux élus et à les sensibiliser à nos besoins», affirme Mohamed Wahib, président d’Espace solidarité et développement, qui organise l’évènement. L’association, créée par des habitants du quartier de Sidi Moussa abritant le mausolée du saint du même nom, tend également à donner «un rayonnement médiatique au quartier». Bien que célébré dans plusieurs villes marocaines, chaque festival Boujloud a ses particularités. «Chaque région a sa propre façon de porter le déguisement. Dans la nôtre, nous utilisons une dizaine de type de peaux», indique Mbarek Seksiwi venu de la ville d’Agadir, dans le sud, pour y participer.
