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« Un toubib dans la ville », un roman qui raconte le Maroc avec dérision.  

   Souad Jamaï

Vues d'Afrique

         J’ai grandi loin du Maroc. Je ne connaissais mon pays qu’à travers les étés passés dans les maisons de mes grands-parents, les plages d’El Jadida et les ruelles de la médina de Fès. C’est vous dire combien j’ai associé le pays de ma naissance à une sorte d’Eldorado dans lequel les vacances étaient éternelles. Je n’attendais qu’une seule chose : terminer mes études de médecine et revenir pour m’y installer. Après quelques mois à Rabat, je réalisai que je ne connaissais rien du Maroc et c’est à travers ma consultation et la salle d’attente de mon cabinet que j’ai réellement découvert mon pays !

Voilà donc ce qui m’a conduit à écrire mon premier roman : la rencontre avec des patients incroyables, hauts en couleurs, sympathiques et authentiques, qui m’ont fait redécouvrir la culture et les bons et mauvais côtés de notre société. J’ai donc créé le personnage du Dr Ali, jeune médecin naïf, qui à travers son métier fait des rencontres et apprend à gérer les situations les plus incongrues. Sa mère, Lalla Ghita, se mêle un peu trop de sa vie professionnelle et amoureuse, y mettant son grain de sel dès qu’elle en a l’occasion. C’est un roman qui permet de découvrir la société marocaine, sa culture et ses travers, mais avec beaucoup de dérision.

« Un toubib dans la ville » a été publié aux éditions Afrique Orient et a eu un grand succès dès sa sortie. Pour vous donner un aperçu de ce roman dans lequel l’humour reste au premier plan, je vous propose une vidéo qui a servi de teaser avant la sortie du livre, ainsi qu’un résumé et un extrait.

« Un jeune médecin, le Dr Ali, revient dans son pays natal après de nombreuses années passées à étudier en Europe. Il s’installe dans son cabinet et découvre à travers la variété contrastée des patients, une véritable schizophrénie sociale. Selon les circonstances et les personnages il tente de s’adapter aux exigences de ses patients et aux situations parfois burlesques générées dans la salle d’attente. Puis, au décours d’une rencontre, le jeune homme décide de prendre en main sa vie sentimentale, en essayant, tant bien que mal, d’éloigner sa mère omniprésente dans sa vie. À travers une consultation et une salle d’attente surprenantes, et sous le regard bienveillant du jeune Dr Ali, le lecteur découvre un Maroc qu’il connaît déjà, mais d’un autre œil. L’auteure tourne tous les problèmes en dérision, non pour les contourner mais bien pour les pointer sans en avoir l’air.

Extrait : le premier jour de l’ouverture du cabinet, la mère du Dr Ali s’installe avec ses copines dans la salle d’attente du cabinet.  

J’appelle ma secrétaire.

— C’est quoi ce trafic avec les rendez-vous ?

 — Y a pas de trafic Docteur, c’est votre mère qui m’a conseillé de dire qu’on était débordés!        

— Tu travailles avec ma mère ou avec moi ? Je ne veux plus la voir, dis-lui que le cabinet ferme dans quinze minutes. Attends… c’est quoi cette odeur bizarre ? 

— Rien du tout. Moi je ne sens rien..Elle fait mine de sortir mais je la retiens.

— Mais si, ça sent comme du bois brûlé..

— Mais non pas du tout. Allez, restez dans votre bureau, je vais aérer la salle d’attente.

Inquiet, je la suis. La salle d’attente n’existe plus. Devant moi un brouillard opaque semble l’avoir avalée. J’entrevois un nuage de fumée qui sort d’un brasero posé sur le comptoir de la réception. Un instant mon cerveau doute de ce que mes yeux lui envoient. Je rêve ! Elle n’a pas pu faire ça ! Ma mère et ses amies ne semblent pas être gênées par la fumée.

— Mais vous êtes folles ! Je n’ai même pas d’assurance incendie ! Sortez moi ça tout de suite d’ici ! Za s’empare du brasero et le met dans le balcon de la salle d’attente. Je me précipite vers ma mère.

—Maman ça suffit ! Tu dépasses vraiment les limites, on n’est pas dans un hammam, c’est quoi ce délire ?!

— Ce n’est pas un délire mon fils. C’est ta tante qui m’a apporté un précieux encens de son dernier pèlerinage à la Mecque. C’est pour te débarrasser de tous les jnouns et du mauvais œil.

— Elle va aussi me débarrasser des patients, c’est sûr ! Et ça, c’est quoi ça ? Je lui désigne des flaques d’un liquide blanc sur le sol.

— Ben c’est du lait, tu vois bien.. C’est aussi contre les mauvais génies. Tu sais on a presque fini. Il ne nous reste plus que le poulet à égorger.

— Quoi ?! Non mais tu rêves, je ne vais pas te laisser faire ces horreurs ! Allez, ramassez tout ce souk et sortez d’ici avant que quelqu’un n’arrive.

Ou se procurer le livre :

Points de vente au Maroc : toutes les librairies peuvent le commander.

Au Maroc en ligne : https://mylibrairie.ma/fr/connexion?back=history

A l’étranger : Amazon

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