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Alexander Graham Bell, l’inventeur du téléphone, est mort il y a 100 ans

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C’était il y a 100 ans : invention du téléphone

Alexander Graham Bell, Ecossais d’origine, s’est éteint il y a 100 ans au Canada, où sa famille s’était installée en 1870. Le scientifique, au-delà de son invention du téléphone, s’est très tôt intéressé à la voix et à sa transmission. Et son contexte familial n’y est pas pour rien. En quelque sorte, Alexander Graham Bell est un “enfant de la balle”.Publicitéabout:blank

Sa mère Eliza Grace Symonds souffrait de gros problèmes d’audition. Tout comme l’épouse de Bell, Mabel Hubbard, devenue sourde à l’âge de 5 ans après avoir contracté la scarlatine. Son grand-père Alexander Graham Bell n’était pas sourd mais il s’était passionné pour des matières alors nouvelles : des théories sur l’élocution et les troubles du langage. Quant au père de l’inventeur du téléphone, Alexander Melville Bell, celui-ci donnait des cours d’élocution suivant les traces de son propre père. Dès 1842, il se lance dans des études originales sur la physiologie des organes vocaux.

Alexander Graham Bell, outre ses passions pour la zoologie et la botanique, se perfectionne en matière d’enseignement de la parole aux personnes qui souffrent de surdité. Tour à tour enseignant, chercheur et inventeur, on lui doit de nombreux et précieux travaux scientifiques sur la surdité.

En 1873, Alexander Graham Bell décroche un poste de professeur de physiologie vocale et d’élocution à l’Université de Boston. A l’époque, la capitale du Massachusetts était un haut centre de sciences et de technologie aux Etats-Unis. Graham Bell se voit alors directement encouragé, parallèlement à ses cours à l’université, à concrétiser ses travaux autour d’un appareil qui permettrait de transmettre la voix à distance. Le brevet de son invention lui est accordé par l’Office des brevets le 7 mars 1876. C’est la naissance du téléphone.

Une idée de génie

Très jeune Alexander Graham Bell s’intéresse au fonctionnement du télégraphe. Au cours d’une année passée à Londres auprès de son grand-père, Graham Bell a d’ailleurs l’occasion de rencontrer Charles Wheatstone, scientifique de premier plan et chercheur en matière de télégraphie. Charles Wheatstone présente à Graham Bell une reproduction de la “machine parlante” (sorte de synthétiseur vocal à commande manuelle) inventée par le Hongrois Wolfgang von Kempelen.

Le père de Bell mettra au défi ses deux fils de mettre au point leur propre “machine parlante”, un appareil de production mécanique de sons vocaux. Après avoir étudié le larynx d’un agneau que leur a offert un boucher, les deux frères ont imaginé un modèle d’organes vocaux manipulés par des leviers. Alexander Graham Bell mettra des années à expérimenter ses différentes idées autour de la transmission de sons à distance.

Plusieurs inventeurs sont dans la course

Alexander Graham Bell n’était pas le seul scientifique à avoir imaginé le fonctionnement du téléphone. Bell dépose son brevet le 7 mars 1876. Un autre inventeur (originaire de Chicago) a déposé son brevet sur cette invention le même jour qu’Alexander Graham Bell. Pour Patrice Goldberg, journaliste et producteur de l’émission Matière Grise, “Elisha Gray avait déposé son brevet pour le même type d’invention deux heures plus tard. Les deux inventeurs se sont alors retrouvés en procès. Graham Bell a gagné son procès, et selon certains historiens, c’est parce qu’il aurait eu de meilleurs avocats”.

“Et puis ce n’est pas tout”, continue Patrice Goldberg. “Un Italo-Américain nommé Antonio Meucci avait lui déposé 5 ans plus tôt une intention de brevet, toujours sur la même invention. Malheureusement pour lui, Meucci n’avait pas l’argent pour breveter, et l’intention a donc expiré.” En 2002, les Etats-Unis ont officiellement reconnu l’antériorité de ses travaux à ceux de Bell.

Daniel Grizelj

Le téléphone : une invention en constante évolution

Le 10 mars 1876 a lieu la première production de voix à distance. Un étage sépare les interlocuteurs pour l’expérience. Au tout début, les téléphones se vendent par deux car un téléphone appelle un seul autre téléphone. La situation va rapidement évoluer. “Aujourd’hui”, explique Patrice Goldberg, “on ne parle même plus de téléphonie. Aujourd’hui c’est plutôt un télé-data, un télé-données. Les composants permettent aujourd’hui de déplacer plein d’autres choses que la voix.”

Il y a toute une série de recherches pour faire évoluer les composants des téléphones. “Il y a tellement de pistes”, souligne Patrice Goldberg, “que je ne vais en citer que deux ou trois. Il existe déjà des téléphones que l’on peut plier. Certains scientifiques travaillent sur des téléphones que l’on pourrait rouler comme un mini-tapis. Et il y a aussi la technologie des hologrammes. Il serait alors possible d’avoir une projection de votre interlocuteur en trois dimensions. Concernant les batteries de téléphone, on réfléchit à des batteries qui pourraient recharger d’elles-mêmes grâce au mouvement ou grâce aux ondes radios qui nous entourent.”

Au-delà des composants des téléphones, les chercheurs se penchent aujourd’hui sur leurs fonctionnalités pour les faire évoluer et les multiplier. Pour le journaliste Patrice Goldberg, aujourd’hui et dans le futur, le destin du téléphone est de devenir une sorte de télécommande universelle. “On peut déjà utiliser le téléphone pour toutes sortes de paiements”, explique Patrice Goldberg, on peut aussi l’utiliser chez soi pour gérer la lumière ou la température par exemple. A terme, le téléphone pourrait être en relation avec une puce intégrée dans le corps, puce qui mesurerait nos paramètres vitaux.” En cas d’alerte (par exemple un trouble cardiaque potentiel ou un AVC), la puce donnerait un signal au téléphone qui joindrait automatiquement les services médicaux adéquats.

Source : RTBF

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