Sahara marocain: La communauté internationale maintient la pression sur Alger

Pour l’ONU, la voisine de l’est se doit de ne pas faire obstacle à la réussite de la mission de son nouvel envoyé dans les provinces du Sud.

“Une conversation téléphonique cordiale”. C’est en ces termes que le ministre des Affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, a qualifié son échange de ce 10 janvier 2022 avec le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres.

Échange au cours duquel auraient été discutés, selon la même source, “les derniers développements en Afrique”, mais personne n’est dupe: à deux jours du début de la première tournée régionale du nouvel émissaire onusien au Sahara marocain, Staffan de Mistura, de quel autre développement que celui relatif aux provinces du Sud pouvait- il bien s’agir? Des sources consultées par Maroc Hebdo assurent, en effet, que M. Guterres avait à coeur de préparer le terrain à cette tournée et pousser l’Algérie à ne pas la faire échouer. Car personne n’ignore que celle-ci refuse de prendre part au processus de règlement mené sous l’égide du Conseil de sécurité.

Partie prenante
Dès le 12 octobre 2021, son soi-disant “envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb”, Amar Belani, avait fait part de son intention de boycotter les tables rondes inaugurées à partir de décembre 2018 par le prédécesseur de M. de Mistura, à savoir le diplomate allemand Horst Köhler. Ce qu’elle avait réitéré à l’issue de la dernière résolution du 29 octobre 2021 du Conseil de sécurité sur la situation concernant le Sahara marocain, qualifiée de sa part d’“impartiale” après qu’elle a confirmé sa qualité de partie prenante au conflit autour de la région. Faisant alors dire au ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, que “si l’Algérie a un problème, c’est avec la communauté internationale et avec le Conseil de sécurité”.

Nos sources indiquent d’ailleurs que tout en étant régionale, la tournée de M. de Mistura vise surtout à faire en sorte que la voisine de l’Est mette de l’eau dans son vin, tout en donnant l’occasion au concerné d’entendre les différents sons de cloche.

Par le biais des États-Unis, les choses semblent, en revanche, avoir été aplanies avec le Maroc. Rappelons qu’au départ le Royaume avait refusé d’avaliser la candidature de M. de Mistura. Il soupçonnait que ce dernier porte les mêmes positions pro-séparatistes que celle de la Suède, un des deux pays dont il est ressortissant avec l’Italie.

Washington avait toutefois assuré la partie marocaine de sa neutralité, amenant cette dernière à finalement donner, au bout de cinq mois de tractations, son aval le 15 septembre 2021. “Mais une certaine méfiance demeure,” reconnaît notre source. Pour M. de Mistura, la tâche ne semble en tout cas pas s’annoncer facile.

Source : Maroc Hebdo

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