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Lettre ouverte à Monsieur le Wali du Tadla Azilal

Où en est-on aujourd’hui de cette première impression que nous avions sur vous et des tous les espoirs que nous avions placés en vous ? Le constat est hélas amer monsieur le wali. Le capital crédit tout comme les bons préjugés qui vous ont été  accordés se sont malheureusement avérés sans adéquation aucune avec vos véritables capacités en matière de bonne gestion et de bonne  gouvernance. En attestent les éléments qui suivent et qui parlent d’eux-mêmes :
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Kenitra, le 1er septembre 2011

Lettre  ouverte   à Monsieur  le Wali  du Tadla Azilal

Monsieur le  wali,

Permettez-moi,  avant d’aborder ce pourquoi je vous adresse cette lettre ouverte,  de vous rappeler ceci : Au début du mois  de mai de l’année 2006,  la population de la ville de Beni Mellal, chef lieu de la Wilaya dont vous présidez l’administration, vous a  témoigné, à travers une pétition, toute sa reconnaissance. Ainsi par cette pétition, signée par plus de trois milles citoyens en une semaine malgré l’insuffisance de moyens pour la diffuser à grande échelle, la population de cette ville exprimait son opposition à votre mutation  à la Wilaya de Meknès. C’est dire que la  population était quasi unanime dans son soutien pour  votre maintien  à la tête de l’administration territoriale  du Tadla Azilal. Il lui semblait alors que vous étiez l’homme de la situation. En somme, «  l’homme  qu’il faut  à la place qu’il faut ». Pour sa part, le tissu associatif était  convaincu que la  société civile avait finalement trouvé l’homme de  dialogue et de proximité qui allait donner  au développement participatif et durable sa pleine dimension dans la région du Tadla Azilal. Aussi avait-elle fait de votre soutien un devoir citoyen.

Partant de cette conviction,  je disais, dans le cadre d’une lettre ouverte adressée à monsieur Chakib Benmoussa, ministre de l’intérieur à cette époque : «  la mauvaise gouvernance et l’irresponsabilité de certains agents de l’administration territoriale ont maintenu dans le passé cette région dans un état de sous développement chronique. La nomination par sa majesté de Mohamed Derdouri comme Wali de la région et gouverneur de la province de Beni Mellal en juin 2005 a suscité un grand espoir chez les populations de la région. »

Où en est-on aujourd’hui de cette première impression que nous avions sur vous et des tous les espoirs que nous avions placés en vous ? Le constat est hélas amer monsieur le wali. Le capital crédit tout comme les bons préjugés qui vous ont été  accordés se sont malheureusement avérés sans adéquation aucune avec vos véritables capacités en matière de bonne gestion et de bonne  gouvernance. En attestent les éléments qui suivent et qui parlent d’eux-mêmes :

  • Sur le plan économique la région du Tadla Azilal est  toujours classée régionalement au 14ème rang pour son PIB.  Son  écart  par apport  au pole de Casablanca s’est creusé    davantage.
  • Le PIB /tête d’habitant, pour sa part, n’a augmenté que de 0 .5% entre 2004 et 2007, pendant    que  le taux  moyen national pour la même période lui enregistrait une hausse de 5,8%
  • Concernant l’initiative nationale de développement humain (INDH) dont les objectifs visent la correction des  conséquences sociales néfastes de cette situation, en remédiant notamment à la situation de pauvreté, de précarité et d’analphabétisme des populations démunies  de la région, là aussi les résultats sont largement en deçà des objectifs escomptés.

Est tenu pour responsable de l’échec patent de cette initiative votre responsable de la Division des Affaires Sociales (DAS), à ce poste depuis  plus de  10 ans faut-il le rappeler ?, lequel a crée un exécrable climat de suspicion, de méfiance et de tension. Aussi bien entre les associations, qu’entre celles-ci et les populations. Ceci, en plus de son incompétence avérée en savoir faire et en savoir être.  .

Et si besoin est de fournir une preuve supplémentaire à ce sujet, je ne citerai que les diagnostics établis par divers institutions et organismes lesquels attestent de la grande faiblesse et fragilité du tissu associatif dans cette région. Un seul  chiffre est à même de corroborer ce constat : les subventions, allouées par  le  ministère  du développement social de la famille et de la solidarité aux   « associations  partenaires » de la région, sont les plus faibles, comparées à celles allouées à d’autres régions : 0,15% au titre de l’année 2008.

Je ne peux ne pas rappeler, dans le même contexte, l’engagement pris par vous, Monsieur le wali, devant le directeur résident du PNUD et des citoyens; en mars 2006, d’arrimer  la  ville de  Beni Mellal à l’Agenda local 21. De cet engagement il n’en est malheureusement rien sorti. D’aucuns pensent aujourd’hui que ce ne fut qu’un appât destiné à leurrer et l’opinion publique Mellali et les associations  de la ville.

Enfin, je ne peux, non plus, ne pas soulever la question des cadeaux  offerts chaque année à certains  journalistes,  au vu et au su de toute la ville. La question de ces cadeaux peut laisser supposer que les rumeurs  insistantes qui circulent, concernant vos liens douteux  avec  un lobby  d’entrepreneurs immobiliers de la ville  ainsi qu’avec certains notables, conseillers du PAM ; ne sont pas dénuées de fondements.

Mu par le seul désir de voir la région du Tadla-Azilal sortir de l’état de précarité économique dont elle ne cesse de pâtir, je formule le vœu  de vous voir agir en conséquence en revoyant notamment de fond en comble votre gouvernance ainsi que la gestion territoriale de votre administration.

Espérant vous voir assumer vos responsabilités à l’égard de tous vos concitoyens de la région, je vous prie d’agréer, monsieur le Wali, mes cordiales salutations.

Bachir Maaouni

Coordonnateur général du Réseau Associatif du  Tadla Azilal (RASTA)

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