Les Taliban se targuent d’avoir une meilleure connaissance du terrain,
l’expérience du combat et le soutien grandissant de la population. Une
organisation redoutable qui complique la tâche de la coalition déployée
en Afghanistan.
Pour comprendre comment les Taliban parviennent à porter des coups si
rudes aux forces afghanes et à leurs alliés américains ou français,
Claire Billet s’est rendue début septembre dans la province du Wardak,
voisine de Kaboul à la rencontre du commandant Abu Tayeb et de ses
hommes.
Ces derniers considèrent aujourd’hui les forces françaises comme
ennemies, même si les dix soldats tués lors d’une embuscade le 18 août
dernier sont tombés dans une autre région. “Je veux dire quelque chose
aux soldats français. S’ils écoutent leur gouvernement et sont des
marionnettes des Etat-Unis, ils recevront encore plus d’attaques, comme
celle de Sarobi. Et même des plus violentes. Ils doivent changer leur
politique” déclare Abu Tayeb. Conscients de la nécessité de parler aux
médias pour faire passer son message, les supérieurs du commandant
Tayeb l’ont autorisé à recevoir la journaliste qu’il avait déjà
rencontré l’année dernière.
Le Wardak, territoire des Taliban
Abu Tayeb parle du Wardak comme du territoire des Taliban : “Les
Taliban ont le pouvoir, pas le gouvernement de Karzaï. Tout le district
est Taliban, sauf quelques boutiques dans le centre.”
Pour expliquer le soutien grandissant des habitants de la province,
Haji Mullah, un des insurgés, pense que c’est parce que “les Taliban
ne les volent pas, ne sont pas cruels avec eux. Il y a de la stabilité
dans leurs zones et ils peuvent défendre leurs droits, en ce qui
concerne les disputes de terres par exemple. Ils ne passent pas par le
gouvernement pour obtenir justice, mais par les Taliban.”
Premier jour de ramadan, jour de combat
Après la présentation des combattants, la rupture du jeûne du ramadan,
en passant par l’entraînement au maniement des armes, les reporters de
France 24 ont été autorisés à les accompagner lors d’une attaque d’un
poste de contrôle de la police afghane.
Ils ont assisté, au péril de leurs vies, à la préparation et au
déroulement de l’opération. Ils ont appris le lendemain que trois
policiers étaient morts, et deux autres blessés lors de l’offensive.
Cette guérilla pratiquée par les Taliban est presque quotidienne. Ils
intensifient leurs attaques, au point de se rapprocher chaque jour un
peu plus de la capitale afghane.
