
Ibrahim HARIRI
La dernière déclaration d’Emmanuel Macron concernant la situation au Niger, le retrait des forces françaises ainsi que l’ambassadeur français de Niamey, sont considérés comme une fin de la France Africaine, est-ce vrai ? Et que gagnera l’Afrique? Ne serait ce pas qu’un changement de colonisateur français par le sino-russe? Autant de questions.
1. Le temps de jouir
Pour les peuples Africains, c’est le temps de jouir. La fin de la France Africaine est considérée comme une gloire tant espérée à tel point qu’elle soit oubliée. Un Ibrahim Traoré, entre autres, n’a fait que dépoussiérer ce rêve Africain. La France, dans cette optique, est le prolongement logique et historique du commerce des esclaves et le colonialisme européen du 18è et 19è siècle. Le nouveau mouvement de libération Africaine est considéré comme la continuité du mouvement de libération des peuples Africains des années 50, 60 et 70. La fin tragique des figures emblématiques du mouvement de libération Africaine telle que Nikroma, Djamel Abdennasser ou Ben Berka…a eu, comme effet, une acceptation de miettes jetées par l’occident. Pire encore, la fin de la bipolarité a affaibli le pseudo indépendance des pays africains.
Le cours de l’histoire continue. L’Europe dormait. La Chine s’est réveillée ainsi que la Russie de Poutine. L’Afrique, les peuples Africains, voyaient alors, que leur temps est enfin arrivé.
2. Colonialisme français ou sino-russe ?
Voici une ignoble ruse européenne mais juste une dupe peut en croire. Une telle remarque avoue clairement que les pays africains sont toujours colonisés par les européens en général et la France en particulier.
Pour les peuples de Burkina-Faso ou Mali, c’est le nombre d’hôpitaux construits par les chinois, le nombre d’écoles et de routes, qui les intéresse. Le pseudo indépendance et la démocratie superficielle, dont seules les élites occidentalisées en profitent, les peuples eux, ont en ras le bol. Basta.
Pour la France, pour Macron en particulier, la perte est double. A la veille du bombardement du port de Beirut, Macron a été reçu en héros. En Algérie, il fut reçu comme un messie. Puis, tout a été bouleversé. L’Afrique lui est totalement ou presque hostile et ce, du jour au lendemain, sans préambule.
3. Mais où est donc la gauche progressiste?
La gauche est le garde-fou des principes de la république, certes, mais ou sont-ils passés?
La gauche progressiste, les marxistes, les militants de la 4éme internationale et autres, ont perdu le son et l’impact. Les progressistes Français, à l’image des progressistes occidentaux, se sont livrés à une nouvelle croisade et s’intéressent aux culs des gens et aux habits des femmes surtout, plus qu’ils s’intéressent aux malheurs et maux des damnés (Que Dieu ait l’âme de Frantz Fanon en paix).
Brusquement, une voie prêchant la liberté, la souveraineté et la dignité, parvenait du pays du dragon, fut écoutée en tant que musique, aux pays de l’Afrique. Ce que nous cache l’histoire ne peut être pire de ce que nous avons vécu, pensait la foule au Niger et Mali et les suivants. Personne, dans le monde occidental, ni les élites pseudo gauchistes, ni les journalistes à moitié indépendants, ni les intellectuels organiques ou critiques, sont lus et entendus par les Africains.
Ne rêvons pas. Le chemin de la liberté des pays Africains est encore loin, mais la première marche dans la distance de mille miles, fut entreprise.
En Afrique du nord, d’autres enjeux inhibent les volontés des peuples Amazighs et Arabes, mais rien n’est gagné d’office. Au Maroc, l’histoire ne cesse de se répéter, une énième révolution du peuple et du Roi se dessine à l’encontre de cette même France Macroniste, en douceur, avec diplomatie et style.
Ibrahim HARIRI
Écrivain et Journaliste
Cet article reflète l’opinion personnelle de son auteur, et ne représente d’aucune manière ni l’avis, ni l’opinion de Maghreb Observateur.
