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Péplum :Macron contre le Maroc

Dans la foisonnante mythologie grecque, la légende du roi Midas demeure en tant que symbole du sort peu enviable qui guette tout mégalomane, adorateur du veau d’or et irréfléchi, qui ne se soucie guère des conséquences de ses actes, voire de ses vœux. En effet, lorsque Dionysos voulut le récompenser pour service rendu, le bon roi Midas lui demanda que tout ce qu’il toucherait devînt OR… Mais les suites furent fort fâcheuses pour lui…

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Cette légende peut s’appliquer à M. Macron, à un détail près : tout ce qu’entreprend l’actuel Président français se métamorphose en échec, en déroute, en désastre programmé et inévitable, à la Diên Biên Phu.

Dans un précédent papier, nous avons cherché, effectivement, à lister les principales défaillances du Président Macron, que ce soit en interne ou au niveau de sa politique étrangère.

Aujourd’hui, notre propos concerne, plus particulièrement, l’attitude, pour le moins très peu amicale de M. Macron envers le Royaume du Maroc et ses Institutions.

A l’occasion du dramatique tremblement de terre qui a secoué, la funeste nuit du vendredi 8 septembre, quelques provinces du centre du Maroc, et principalement celle d’El Haouz, une chaîne de solidarité à l’échelle mondiale s’est immédiatement déclenchée avec des propositions d’aide plus au moins recevables.

Naturellement, en tant qu’Etat souverain, le Maroc, en sus de ses propres capacités non négligeables en la matière, a donné, officiellement, le feu vert pour 4 pays, à savoir l’Espagne, les Emirats Arabes Unis, la Grande-Bretagne et le Qatar. D’autres pays ont, bel et bien, participé à cet effort de solidarité via d’autres canaux soit onusiens, soit venant des ONG…

Le Royaume du Maroc a remercié tout le monde en précisant qu’au regard de l’évaluation in situ réalisée par les Services marocains compétents, il s’est avéré que l’on n’avait plus besoin d’un quelconque autre concours solidaire.

Hormis le vulgaire sketch algérien ayant cristallisé la mauvaise foi dans toute sa splendeur, la seule réaction discourtoise face à la restriction des aides a été l’attitude du Président français, empreinte de « trop de susceptibilité », selon l’heureuse formule de l’excellent R’bati, M. Dominique de Villepin.

C’est hallucinant : dès que M. Macron a compris que le Royaume avait décidé, pourtant fort courtoisement, de faire l’impasse sur la proposition officielle de l’Etat français, un ruissellement de mauvaises piques s’est abattu sur le Maroc et son Roi, via certains media caviar qui militent farouchement, et ce, entre Neuilly-sur-Seine et le Faubourg Saint-Germain, en passant par le 23 Rue de Châteaudun…

Tel fut le cas, sur les chaînes d’informations en continu comme BFM, LCI, France24… Les brochettes d’ »experts » se succèdent, en théorie, afin de plonger dans plusieurs sauces (béchamel, blanche, tomate, aigre-doux, hollandaise, maltaise, et même… algérienne,) les éléments de langage préalablement distillés à partir de l’alambic de l’Elysée… Tout cela afin de « cuisiner » le Maroc qui aurait eu l’outrecuidance de refuser la magnanimité de Macron le Terrible, proposant de sauver, les pauvres serfs barbaresques, de l’autodafé .

A mon avis, la dure pilule marocaine aurait pu être avalée par le gosier présidentiel s’il n’y avait eu l’acceptation de l’aide fournie par le Royaume d’Espagne et aussi par la Perfide Albion. Ainsi, comme la Pucelle d’Orléans, le Preux Macron n’a entendu que les voix de la rancœur, de la douleur enfouie et l’amer sentiment d’un écolier rabroué par sa maîtresse après une «bêtise».

Certes, réussir à réduire l’ancien Empire français d’Afrique en peau de chagrin, se voir humilier par le Président russe, essuyer un refus cinglant en voulant se rendre, façon pique-assiette, au sommet du BRICS, fin Août 2023, en Afrique du Sud… Et la dernière, une dépêche de la MAP précisant qu’aucune visite du Président Macron au Maroc n’était au programme et ce suite à une déclaration de la Ministre française des AE Mme E. COLONNA sur le plateau de LCI , le 15 septembre courant …. Dures estocades !

Gardons en mémoire que, le 08 Septembre 2023, le soir de l’inauguration de la Coupe du Monde de Rugby à Paris, le mot de bienvenue de M. Macron a été sifflé à souhait par le large public présent, ce qui en dit long sur la popularité hexagonale du quidam…

Rien que pour ce grand chelem d’échecs, le Président mérite le Panthéon… déjà de son vivant.

Toutefois, soulignons que l’impair de trop, de sa part, a été de vouloir s’adresser aux Marocains, directement, le 13 Septembre courant, comme si ce peuple n’avait pas d’Institutions consacrées… . Langue fourchue et discours trop mielleux pour ne pas laisser suinter son venin. En substance, oyez oyez bonnes gens, Moi, Macron le Bon, je suis prêt à vous venir en aide, mais ON m’en empêche : suivez mon regard, faites quelques chose…

Septembre noir , « Ayloul al aswad » de 1970 entre Palestiniens et Jordaniens. Ce qui est tout bonnement scandaleux.

Une insoutenable légèreté de l’être Macron, frisant ce ridicule qui émane d’un manque flagrant de discernement cartésien, et surtout d’un gros déficit de ce bon sens supposé, d’ailleurs, être la chose au monde la mieux partagée.

Certes, les relations entre le Maroc et ses Institutions d’une part, et les Présidents de la 5ème République française n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille.

– Les anciens se rappelleront un discours enflammé du Général De Gaulle contre Feu Hassan II, suite à l’affaire Ben Barka, ceci, évidemment bien avant les hordes à tignasses douteuses des Soixante-huitards et de leur maître à penser, le Berlinois H. Marcuse.

– Sous Pompidou, la France avait d’autres chats à fouetter en tentant de boucler ses Trente Glorieuses.

– Avec Valéry Giscard d’Estaing, la vieille et douce France entonne son chant de cygne.

– Sous le long règne de la force tranquille de François. Mitterrand, Tatie Danielle portait la culotte avec sa France Libertés qui a eu, quand même, le mérite de régler les « bagnes » du désert, en l’occurrence Tazmamart.

– Avec les amis Jacques et Bernadette Chirac, ce fut une lune de miel, à «La Gazelle d’Or».

Jospin, plus ou moins copain.

– Avec Sarkozy c’était une tendresse et une estime partagées.

Force est de reconnaître que les liens entre le Maroc et la France sont très forts, incarnés, tout d’abord par ces centaines de milliers de binationaux, ces milliers de Français (50.000 environ) qui résident au Maroc, et qui se sont engagés, corps et âme, pour venir en aide aux sinistrés de la secousse tellurique d’El Haouz, ensuite la communauté marocaine en France se chiffre en millions, et enfin il ne faut négliger les intérêts et les enjeux économiques hautement stratégiques qui lient les deux pays, sans oublier une élite marocaine qui fréquente les Institutions et les universités françaises les plus renommées…

Faudrait-il laisser un irresponsable saborder tout l’édifice ?

In fine, le grand Nicolas Sarkozy a brossé le portrait de M. Macron, Président, lors d’une séance parisienne de présentation et de signature de ses mémoires « le temps des combats » : « Franchement, ce n’est pas du niveau d’un chef d’Etat, il abîme la fonction en faisant ça » Sibyllin..

En guise de conclusion et toujours avec les fresques du Roi Midas, avatar de notre Macron, il a été choisi pour départager Apollon à la lyre face à et un satyre jouant à la flûte, Midas, l’écervelé et contre l’avis des Muses , déclara le Satyre vainqueur, ce qui lui valut, comme sanction d’écolier, des oreilles d’âne que seul un bonnet phrygien pouvait dissimuler.

*FPD Safi Université Cadi Ayad

Source : Hespress

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