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Intelligence Artificielle et Soufisme : quand le Maroc et les États-Unis explorent les liens entre technologie et spiritualité

Par Aissam Sigoul, pour Maghreb Observateur

Vues d'Afrique

Les avancées récentes dans le domaine de l’intelligence artificielle ont suscité des débats passionnés sur les dangers potentiels de cette technologie et sur son impact sur l’humanité. Alors que les larges modèles de langage et les chatbots, tels que Chat GPT développé par Open AI, gagnent en popularité, de nombreux acteurs de l’industrie de la technologie se questionnent sur les limites de l’intelligence artificielle et les défis éthiques qu’elle soulève.

Plus de 1000 dirigeants de la tech, dont Elon Musk, fondateur de SpaceX, et des chercheurs renommés, ont récemment signé une lettre ouverte appelant à un moratoire sur le développement d’une intelligence artificielle plus puissante. Cependant, d’autres experts, comme Yan Lecun, prix Turing 2018 et directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de Meta, adoptent une perspective plus positive et inclusive, soulignant comment l’IA peut amplifier l’intelligence humaine et renforcer notre potentiel.

Au cœur de cette réflexion éthique et philosophique, l’université de Chicago a organisé une conférence réunissant le maître soufi marocain, Sidi Mohamed Faouzi al Karkari, fondateur de l’ordre soufi “Karkariya”, et Saad Ansari, expert en IA et ancien de l’université de Yale. Sous la houlette du professeur associé Yusef Casewit, cet événement a exploré comment le soufisme pourrait apporter des réponses aux questions soulevées par l’IA et remettre en question l’hégémonie de l’homme.

Lors de la conférence, le maître soufi, Mohamed Faouzi al Karkari, a rappelé que, selon la perspective islamique, l’homme demeure l’épicentre terrestre en tant que vicaire de Dieu. Il a souligné que la connaissance dans le soufisme commence par la connaissance de soi, acquise par l’expérience spirituelle et sensorielle. L’IA, selon lui, se nourrit de l’intelligence humaine et reste donc dépendante de l’humanité, quelle que soit son évolution.

La conférence a également souligné que l’IA, comme toute autre création humaine, est une expression limitée des expériences vécues par son créateur. Dans le soufisme, l’homme est considéré comme le microcosme du macrocosme, et une création issue de l’intellect humain ne peut donc pas menacer l’homme lui-même. De plus, le soufisme définit la conscience comme la connaissance de soi, qui est subordonnée aux expériences spirituelles. Une intelligence artificielle, qui émet des informations basées sur un amas de données, ne peut éprouver des émotions ni en avoir conscience.

Ainsi, le soufisme offre une perspective intéressante sur les questions éthiques soulevées par l’IA, en mettant l’accent sur l’importance de l’éthique et de la conscience dans la primordialité de l’homme.

En conclusion de la conférence, il a été souligné l’importance de promouvoir une utilisation responsable et éthique de l’IA. Bien que cette technologie puisse représenter des défis futurs, il est essentiel de se rappeler que l’IA n’est qu’un outil dont l’utilisation dépend entièrement de ceux qui la développent et l’utilisent.

Le Maroc, avec son héritage soufi profondément ancré dans sa culture, apporte ainsi une contribution significative à la réflexion sur l’IA et invite la diaspora marocaine à prendre part à ce dialogue mondial.

Que ce soit à travers les enseignements du soufisme ou les avancées technologiques, nous sommes convaincus que la diaspora marocaine continue d’être un pont solide entre le Maroc et le reste du monde.

A propos de Aissam SIGOUL

Aissam SIGOUL, entrepreneur franco-marocain né en France de parents originaires de Casablanca, est le fondateur de l’ESS Business School.

Diplômé de l’ESSEC et de Télécom Paristech, Aissam a non seulement lancé plusieurs startups en France et un incubateur au Maroc, mais depuis 2016, il partage également son expertise en enseignant la stratégie et l’entrepreneuriat dans différentes business schools du pays.

Fort de son expérience corporate puis entrepreneuriale et de sa passion pour l’éducation, Aissam a créé l’ESS Business School pour répondre aux besoins actuels et à l’évolution technologique. Son école, axée sur la double compétence en Business et en Digital, est devenue une référence pour les étudiants ambitieux souhaitant réussir dans l’économie numérique en constante évolution.

En tant que directeur de l’ESS Business School, Aissam SIGOUL incarne une vision audacieuse et novatrice de l’éducation supérieure, combinant entrepreneuriat, excellence académique et développement personnel. Son parcours inspirant et sa capacité à transmettre son expertise font de lui un acteur clé dans le monde de l’éducation et de l’entrepreneuriat en France.

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