Par : Belkassem Amenzou

Ifrane, qui était la deuxième ville la plus propre au Monde et deuxième ville arabe et nord-africaine des zones humides, est en passe de devenir aujourd’hui la première ville en matière d’occupation illégale et anarchique du domaine public. Quel paradoxe.
Le comble est que les auteurs de ces infractions sont des élus, chargés de la gouvernance locale, appelés à mettre en place la politique de proximité. Incroyable, mais vrai.
Pire encore. Ces élus sont des cas avérés de conflit d’intérêts, puisqu’ils gèrent et entretiennent des activités commerciales, en exploitant le domaine public, avant d’effectuer des extensions anarchiques sur l’espace vert.

Plus grave encore, certains ne payent même pas les taxes relatives à l’occupation de l’espace public. Une amère réalité qui crève les yeux. Bref, il s’agit de l’anarchie généralisée dans l’impunité sous le regard indifférent, voire consentant, des autorités locales, qui devraient mettre en œuvre la circulaire du ministre de l’Intérieur au sujet des conflits d’intérêts dans la gouvernance locale.
De plus, l’article 65 de la loi organique relative aux communes est on ne peut plus clair. Cet article dispose qu’il «est interdit à tout membre du conseil de la commune d’entretenir des intérêts privés avec la commune, les établissements de coopération intercommunale ou les groupements de collectivités territoriales dont la commune est membre, ou avec les instances ou établissements publics, ou avec les sociétés de développement qui en dépendent ou de conclure avec eux des actes ou des contrats de location, d’acquisition, d’échange ou toute autre action portant sur les biens de la commune ou de passer avec eux des marchés de travaux, de fournitures ou de services, ou des contrats de concession, de gérance ou tout contrat relatif aux formes de gestion des services publics de la commune ou d’exercer de manière générale tout activité pouvant conduire à un conflit d’intérêts, soit à titre personnel, soit comme actionnaire ou mandataire d’autrui, soit au bénéfice de son conjoint, ses ascendants ou descendants».
Mais, dans la province d’Ifrane, tout ce que cette loi interdit serait permis ou du moins n’est pas sanctionné. Face à cet état de fait, des voix se sont élevées pour dénoncer cette anarchie, en adressant des correspondances aux autorités compétentes à l’échelle nationale.
