C’est un essai en attendant l’application de la nouvelle loi canadienne sur l’information.

Le Canada étudie une nouvelle loi sur l’information en ligne. Appelée loi C-18, cette disposition obligera les plateformes de la trempe de Facebook et autres à signer un partenariat avec les éditeurs et organes de presse du Canada. La loi précise que les plateformes devront rémunérer les éditeurs de presse pour leur contenu qu’elles diffusent.
À l’annonce du projet de loi, Meta a exprimé son désaccord et a averti qu’elle préfère bloquer le contenu d’actualité plutôt que de rémunérer. « Nous avons pris la décision difficile de mettre fin à la disponibilité des contenus d’actualité sur Facebook et Instagram au Canada si cette loi erronée est adoptée », a déclaré Nick Clegg, président des affaires internationales de Meta, dans un communiqué publié le mois dernier.
Cette décision prise le mois dernier par Meta sera mise en application à titre expérimental et à une échelle plus réduite.
Un test de blocage avant le grand déploiement
ABC News a annoncé que Meta mettra à exécution son projet de blocage de contenu d’actualité pour ses utilisateurs au Canada. Avant de généraliser la mesure en cas d’adoption de la loi C-18, l’entreprise à Zuckerberg fera un petit essai.
Instagram et Facebook serviront de laboratoire expérimental pour le test. Le contenu d’actualité sera bloqué sur ces réseaux sociaux au Canada pour 1% à 5% des utilisateurs. En majorité, des organes de presse canadiens et internationaux seront touchés.
Google a aussi annoncé des mesures similaires en février dernier. Le moteur de recherche prévoit même de supprimer les liens vers les articles d’actualité dans les résultats de recherche canadiens en cas d’adoption du projet de loi.
L’exécutive réagit à la mesure de Meta

L’annonce par Meta de procéder à des tests a été mal perçue par les autorités canadiennes. Ces dernières ont considéré cela comme une menace. C’est le ministre canadien du patrimoine, Pablo Rodriguez qui en a parlé. « Lorsqu’une grande entreprise technologique nous dit : “Si vous ne faites pas ceci ou cela, je vous débranche”, il s’agit d’une menace. Je n’ai jamais rien fait parce que j’avais peur d’une menace », a déclaré M. Rodriguez à Reuters.
L’autorité ministérielle a aussi profité pour préciser l’intention de la nouvelle loi. « Tout ce que nous demandons à Facebook, c’est de négocier des accords équitables avec les médias lorsqu’ils tirent profit de leur travail », a déclaré M. Rodriguez dans des propos rapportés par Reuters en mars. « Cela fait partie d’une tendance décevante cette semaine, à savoir que les géants de la technologie préfèrent retirer des informations plutôt que de payer leur juste part. »
Ce n’est que le début du bras de fer entre Meta et les autorités canadiennes. Les Canadiens restent sur leur motivation de faire appliquer la nouvelle loi. Meta de son côté reste sur une victoire dans un bras de fer similaire du côté de l’Australie. La tension est tout de même toujours vive. Le test devrait durer quelques semaines.
