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Maroc : la vérité sur l’interdiction aux femmes de séjourner seules dans un hôtel

Une circulaire du ministère de l’Intérieur aurait interdit aux femmes de séjourner dans un hôtel de leur ville de résidence. Interpellé sur la question par le député de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) Moulay Mehdi El Fathemy, le ministre Abdelouafi apporte un démenti formel.

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La question revient une nouvelle fois et porte la même signature. Celle du député Moulay Mehdi El Fathemy. Mais cette fois-ci, le ministre a tenu à apporter des clarifications. « Le ministère de l’Intérieur n’a jamais donné d’instructions obligeant les hôteliers et établissements touristiques à interdire aux femmes marocaines de passer la nuit dans les hôtels situés dans les villes de leur résidence », soulignant que les enquêtes menées pour vérifier cet état de chose n’ont rien révélé et qu’aucune plainte n’a été enregistrée jusque-là.

Pourquoi les Marocaines sont interdites de séjour dans les hôtels ?

Malgré l’inexistence d’une loi, les femmes marocaines seules sont toujours interdites de séjour dans les hôtels du royaume. Le député de l’USFP, Moulay Mehdi Al Fatmi, appelle le gouvernement à mettre fin à cette pratique discriminatoire.

« Puisqu’aucune loi qui restreindrait la liberté de mouvement ou de séjour des femmes dans les hôtels n’a été adoptée, toute mesure dans ce contexte est considérée comme une violation de la Constitution, car cette dernière dispose que la restriction de la liberté de mouvement doit être prévue par la loi, et non par le truchement d’une circulaire ou de décisions individuelles des hôteliers », a martelé l’élu dans une question écrite présentée au nom du Groupe socialiste à la Chambre des représentants et cité par le journal Libération.

Pour étayer ses propos, Moulay Mehdi Al Fatmi rappelle l’article 24 de la Constitution 2011. Cet article dispose : « Est garantie pour tous, la liberté de circuler et de s’établir sur le territoire national, d’en sortir et d’y retourner, conformément à la loi ». Selon lui, cette interdiction viole les droits des femmes, s’inscrit en faux contre la Constitution, affecte l’économie et porte atteinte au principe d’égalité. L’élu a donc appelé le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit à mettre fin à cette pratique discriminatoire qui résiste au temps au grand dam des femmes marocaines.

Source : Bladi

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