
Les députés européens reviendront de leurs vacances pour faire face à une bombe : pas moins de 22 pays européens utilisent Pegasus pour espionner leurs propres citoyens. J’espère que les mêmes députés européens demanderont des comptes aux médias européens qui accusent des pays comme le Maroc d’espionner l’Europe sans la moindre preuve.
Haaretz a rapporté dans son édition du 9 août (Omar Benjakob, “Pegasus Spyware Maker NSO Has 22 Clients in the European Union. And It’s Not Alone” que, lors de leur récente visite en Israël, les membres de la Commission d’enquête du Parlement européen sur Pegasus ont appris de NSO, la société qui fabrique le désormais célèbre logiciel espion, qu'”elle a des contrats actifs avec 12 des 27 membres de l’Union européenne” et que “la société travaille actuellement avec 22 organisations de sécurité et d’application de la loi dans l’UE”. Cette révélation a surpris la Commission, dont l’intention aurait pu être, probablement, de vérifier si des pays non-européens ont utilisé Pegasus pour espionner des politiciens et des journalistes européens.
Ce qui est encore plus déconcertant, cependant, c’est le silence des médias tels que Le Monde, El País et bien d’autres qui avaient accusé le Maroc (ainsi que d’autres pays non européens) en juillet 2021 d’avoir utilisé le logiciel espion pour pirater les téléphones du Président français Emmanuel Macron et du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, ainsi que des journalistes français et espagnols, entre autres. Forbidden Stories et Amnesty International, les organisations à l’origine des fameuses révélations, regardent ailleurs. Non seulement ce silence est révélateur, mais les motifs politiques qui sous-tendent ces révélations infâmes sont également frappants.
Le consortium de 17 médias et organisations qui a fait ces révélations l’année dernière était absolument certain que le Maroc était l’un des clients de NSO et un destinataire du logiciel espion Pegasus qu’il utilise pour espionner les étrangers et les nationaux. Un an plus tard, non seulement ils n’ont pas réussi à fournir de preuves pour leurs accusations contre le Maroc, mais le Parlement européen a découvert que l’espionnage se fait chez eux, en Europe, et qu’un grand nombre de pays et d’organisations de l’UE sont les clients de NSO.
Certains journaux espagnols avaient déjà insinué que c’est peut-être le CNI, le Centre de renseignement espagnol, qui espionne à la fois les hommes politiques et les dirigeants sécessionnistes catalans (Ignacio Escolar “¿Quién espió al presidente del Gobierno ?” El Diario, 2 mai 2022). Ce qui est certain, c’est que le CNI utilise Pegasus, tout comme 21 autres pays de l’UE, directement ou par l’intermédiaire d’organisations d’espionnage et de renseignement.
Source : Atalayer
