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Officialisation de la langue amazighe : voici où en est le projet

 Hicham Oukerzaz, 

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Officialisation de la langue amazighe : voici où en est le projet

À quelques jours de la célébration du Nouvel An amazigh, dresser le bilan des actions menées pour la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe est une démarche opportune et d’actualité. La loi organique n° 26-16 fixant le processus de mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe (promulguée en septembre 2019), ainsi que les modalité de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique, prévoit en effet des délais maximums de cinq, dix et quinze ans pour la mise en vigueur des dispositions énoncées dans ses articles. Mais le plan gouvernemental intégré visant la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, n’a été adopté qu’en avril dernier. Pour Ahmed Boukous, recteur de l’Institut Royal de la culture amazighe, ce chantier n’en est qu’à ses débuts et beaucoup reste à faire aussi bien au niveau de l’administration que de l’enseignement.

Pour la période allant jusqu’en 2026, qui coïncide avec le mandat du gouvernement actuel, la loi prévoit l’entrée en vigueur de ses dispositions ayant trait notamment à l’enseignement, aux séances publiques des deux Chambres du Parlement et aux structures d’accueil dans les administrations publiques, établissements publics et collectivités territoriales.

L’échéance 2026

Ainsi, en matière d’enseignement, l’autorité gouvernementale chargée de l’éducation, de la formation et de l’enseignement supérieur, en coordination avec le Conseil national des langues et de la culture marocaine et le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, œuvre dans cette période (2021-2026) à la prise des mesures nécessaires pour permettre l’intégration de la langue amazighe de manière progressive dans le système de l’éducation et de la formation dans les secteurs public et privé. Cette langue devra être enseignée de manière progressive dans tous les niveaux d’enseignement préscolaire, primaire, secondaire collégial, secondaire qualifiant et de formation professionnelle. De même, la langue amazighe devra être intégrée durant cette période dans les programmes de lutte contre l’analphabétisme et d’enseignement non formel.

Dans le cadre des travaux des séances publiques du Parlement et de ses organes, la langue amazighe devra être utilisée à côté de la langue arabe. La loi dispose qu’une traduction simultanée de ces travaux à partir de et vers l’amazigh doit être réalisée. Chose qui n’est pas encore assurée au Parlement, comme en témoigne le récent incident impliquant le ministre de la Justice et une députée du Mouvement populaire.
Au nombre des mesures également prévues par cette loi, devant être mises en œuvre d’ici 2026, figure la transmission en direct des sessions parlementaires sur les chaînes de télévision et de radio publiques amazighes, accompagnée d’une traduction simultanée de leurs travaux vers la langue amazighe. De leur côté, les administrations publiques, les établissements publics et les collectivités territoriales devront se doter durant cette période de structures d’accueil et de renseignement en langue amazighe, de même qu’un service en langue amazighe au sein des centres d’appels qui en relèvent.

L’échéance 2031

À l’horizon 2031, la loi n° 26-16 prévoit des dispositions portant notamment sur le domaine de la justice. Ainsi, elle stipule que l’État garantit aux justiciables et aux témoins le droit de communiquer en langue amazighe durant les procédures d’enquête et d’investigation, durant les procédures d’instruction et les audiences au sein des juridictions ainsi que lors des procédures de notification, de recours et d’exécution. «Dans le domaine de la justice, la loi n° 26-16 stipule que l’État garantit aux justiciables et aux témoins le droit de communiquer en langue amazighe durant les procédures d’enquête et d’investigation, durant les procédures d’instruction et les audiences au sein des juridictions ainsi que lors des procédures de notification, de recours et d’exécution. «L’État assure à cet effet un service de traduction à titre gratuit pour les justiciables et les témoins». Dans les dix ans à venir, l’État va œuvrer également à la qualification des magistrats et des fonctionnaires des juridictions concernés aux fins d’utilisation de la langue amazighe.

En matière d’enseignement, elle prévoit la généralisation de l’intégration de la langue amazighe aux niveaux de l’enseignement secondaire collégial et qualifiant. Elle prévoit également la création de filières de formation et de modules de recherches spécialisés dans la langue et la culture amazighe au niveau des établissements d’enseignement supérieur. Aussi, il est prévu d’adopter la langue amazighe dans les instituts de formation des ressources humaines pour le compte des administrations publique. Côté Parlement, il est envisagé à l’horizon 2031 d’éditer le «Bulletin officiel» du Parlement en langue amazighe.
Par ailleurs, le texte de loi prévoit à l’échéance 2031 d’insérer en langue amazighe, à côté de la langue arabe, les mentions portées sur les documents suivants : la carte d’identité nationale, l’acte de mariage, le passeport, les permis de conduire et les différentes cartes et certificats personnels délivrés par l’administration publique. Il est également prévu d’intégrer la langue amazighe dans les sites électroniques des administrations, des établissements publics, des collectivités territoriales et autres services publics.

L’échéance 2036

Pour cette échéance, qui s’étale sur quinze ans, la loi stipule que l’administration œuvrera de manière progressive à la publication des textes législatifs à caractère général dans le «Bulletin officiel» en langue amazighe. Seront également publiés en langue amazighe, conformément à cette loi, les actes réglementaires, les décisions et les délibérations des collectivités territoriales dans le «Bulletin officiel» qui leur est consacré. Les administrations et services publics, ainsi que les collectivités territoriales, veilleront de leur côté à fournir les imprimés officiels et les formulaires destinés au public, les documents et les attestations délivrés par les officiers de l’état civil, les documents et les attestations délivrés par les ambassades et les consulats du Maroc, en langues arabe et amazighe.

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Entretien avec Ahmed Boukous, le recteur de l’Institut Royal de la culture amazighe : Mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh : «Les mécanismes juridiques sont disponibles, la volonté politique est annoncée… et le reste est à faire»

Source : Le Matin

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