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Pour mieux comprendre la crise au Kazakhstan : le film des émeutes depuis dimanche

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Pour mieux comprendre la crise au Kazakhstan : le film des émeutes depuis dimanche
Drapeaux du Kazakhstan déployés, les Kazakhs sont dans les rues des principales villes du pays malgré la répression policière. © Crédit photo : Abduaziz MADYAROV/AFP

Longtemps vu comme le pays le plus stable d’Asie centrale, le Kazakhstan est ébranlé par un mouvement de colère qui a éclaté dimanche dans l’ouest du pays après une hausse des prix du gaz avant de gagner Almaty, la capitale économique. Résumé des événements

Voici le film des manifestations et émeutes qui secouent depuis dimanche le Kazakhstan, déclenchées par une hausse du prix du gaz et qui ont fait des dizaines de morts et un millier de blessés.

– Premières manifestations

Le 2 janvier, des manifestants, furieux après une hausse des prix du gaz naturel liquéfié (GNL), descendent dans la rue à Janaozen (région de Mangystau, ouest)

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D’importantes émeutes au Kazakhstan sur fond de hausse des prix du gazUne forte agitation a gagné mercredi la plus vaste des ex-Républiques soviétiques d’Asie centrale sur fond de dictature et de partage inégal du gâteau énergétique. La police déplore des morts et des blessés

Les manifestations, rares dans ce pays autoritaire d’Asie centrale, s’étendent ensuite à la grande ville régionale d’Aktau, sur les bords de la mer Caspienne

– État d’urgence

Le 4, le président Kassym-Jomart Tokaïev, au pouvoir depuis 2019, exhorte la population à « faire preuve de prudence » et à « ne pas céder aux provocations ». Dans la soirée, les autorités concèdent une réduction du prix du GNL, sans calmer les protestataires.

Le 4 janvier, les manifestants descendent dans les rues d’Almaty.
Le 4 janvier, les manifestants descendent dans les rues d’Almaty.Ruslan PRYANIKOV/AFP

Une manifestation rassemble des milliers de personnes à Almaty, la capitale économique, aux cris de « Démission du gouvernement ! » et « Le vieillard dehors ! », en référence à l’ancien président Noursoultan Nazarbaïev, mentor de l’actuel chef de l’État et encore très influent.

Le président décrète l’état d’urgence à Almaty, dans la province de Mangystau ainsi que dans la capitale Nur-Sultan à partir du lendemain, avec un couvre-feu nocturne.

Les messageries WhatsApp, Telegram et Signal sont inaccessibles dans la nuit.

– Gouvernement limogé

Le 5, le président limoge le gouvernement. L’intérim du Premier ministre est assuré par le vice-Premier ministre Alikhan Smaïlov.

La police indique que plus de 200 personnes ont été arrêtées après les manifestations de la nuit. Près d’une centaine de policiers sont blessés.

– Mairie d’Almaty prise d’assaut

Toujours le 5, des milliers de manifestants prennent d’assaut la mairie d’Almaty, malgré les tirs de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène de la police. Les manifestants se dirigent ensuite vers la résidence présidentielle dans la ville, qu’ils incendient, tout comme la mairie, et s’emparent brièvement de l’aéroport.

Le président promet une réponse « ferme » aux manifestations et annonce assumer la présidence du puissant Conseil de sécurité, jusque-là assurée par son prédécesseur. Internet et les communications mobiles sont bloqués.

La Russie appelle à résoudre la crise par « le dialogue » et non par « des émeutes ». Washington et l’UE appellent les autorités à la retenue.

– Moscou envoie des troupes

Le même jour, l’état d’urgence est étendu à l’ensemble du pays, alors que les manifestations tournent à l’émeute. Le président demande l’aide de Moscou et ses alliés, attribuant les émeutes à des « terroristes » entraînés à l’étranger.

Le 6, Moscou et ses alliés de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) annoncent l’envoi d’une « force collective de maintien de la paix ».

Comprenant des troupes russes, biélorusses, arméniennes, tadjikes et kirghizes, elle est chargée de « protéger les installations étatiques et militaires » et « d’aider les forces de l’ordre kazakhes à stabiliser la situation et rétablir l’état de droit ».

– Des dizaines de morts

Le même jour, la police, qui a lancé une « opération antiterroriste » à Almaty, indique avoir tué des « dizaines » de manifestants qui tentaient de s’emparer de bâtiments administratifs et commissariats

Un millier de personnes ont été blessées et 2 000 autres arrêtées. Les forces de l’ordre rapportent que 18 membres des forces de sécurité ont été tués et 748 blessés, après un premier bilan qui faisait état de 13 morts et 353 blessés dans leurs rangs.

Dans un nouvel effort pour calmer les protestataires, le gouvernement kazakh ordonne le plafonnement des prix des carburants pour six mois.

Jeudi, La situation reste explosive, et des rafales d’armes à feu ont à nouveau retenti jeudi après-midi à Almaty dans le quartier de la mairie, incendiée la veille par des émeutiers.

– Les manifestations évacuées

Les forces de sécurité ont chassé jeudi les manifestants de la principale place publique d’Almaty selon plusieurs agences de presse russes.

Plus aucun manifestant ne se trouvait jeudi soir sur la place de la République, l’un des principaux lieux de la contestation, ont rapporté Tass et Ria Novosti, affirmant par ailleurs que les autorités avaient repris le contrôle de la mairie et de la résidence présidentielle, incendiées la veille par des émeutiers.

Source : Ouest France

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