Collège CSM Montréal Collège CSM

Turquie : les très chers caprices diplomatiques d’Erdogan

Empêtré dans une crise monétaire, le président turc était prêt à engager son pays dans un bras de fer avec l’Occident qu’il ne peut pas se permettre. Il a finalement renoncé à son projet d’expulser dix ambassadeurs.

Recep Tayyip Erdogan, le 1er octobre 2021 devant le Parlement à Ankara.

Vues d'Afrique

Recep Tayyip Erdogan, le 1er octobre 2021 devant le Parlement à Ankara.

Recep Tayyip Erdogan a le sens du timing. Le 23 octobre, une semaine exactement avant le G20 qui devait signer son retour physique parmi les grands de ce monde, le président turc a décidé de s’en prendre à dix ambassadeurs occidentaux, dont ceux de la France, de l’Allemagne et des Etats-Unis. Coupables d’avoir défendu Osman Kavala, philanthrope turc emprisonné depuis quatre ans sans jugement, ces diplomates sont désormais personae non gratae en Turquie, mais ne seront pas expulsés. 

Et pour cause, Ankara n’a pas les moyens d’une opposition frontale avec l’Occident. La livre turque, qui a perdu un quart de sa valeur depuis le début de l’année, a plongé à son plus bas niveau historique au lendemain des sanctions, et les investisseurs étrangers fuient le pays, alors que les caisses sonnent creux et que l’inflation atteint 19,5 %. “Par peur de perdre le pouvoir, le président entraîne tous les Turcs dans sa chute”, s’inquiète un député de l’opposition.

Avec ses diatribes antioccidentales, Erdogan espère remobiliser sa base électorale, composée d’islamistes et d’ultranationalistes, et cacher l’état déplorable de son économie. Une recette populiste éculée, tous les instituts de sondages le donnant perdant pour les prochaines élections, en 2023.  

Source : L’express

Vues d'Afrique
Vues d'Afrique