Élections législatives au Maroc: dernier jour d’une campagne «atone»

Le roi du Maroc, Mohammed VI, le 17 novembre 2018.
Le roi du Maroc, Mohammed VI, le 17 novembre 2018. FADEL SENNA / AFP

Ce mardi 7 septembre marque le dernier jour de campagne au Maroc. Les élections législatives se dérouleront mercredi 8 septembre, au sein du royaume chérifien. Enjeu : le renouvellement de la Chambre des représentants à Rabat. Du parti majoritaire sera issu le chef du gouvernement. Une campagne électorale jusqu’à présent « atone », selon les observateurs.PUBLICITÉ

Du parti qui sortira majoritaire des urnes sera issu le nouveau chef du gouvernement. Un gouvernement marocain dirigé depuis dix ans par les islamistes du PJD. Et l’une des questions qui a émaillé toute la campagne, c’est justement celle de l’avenir de ce parti qu’on surnomme le parti de la lampe.

Au Maroc, il n’y a pas de sondage d’opinion donc aucune donnée chiffrée ne permet de faire des projections sur les intentions de vote. Mais de nombreux analystes de la vie politique marocaine parlent « des espoirs déçus » des marocains qui avaient voté – toutes classes sociales confondues – pour les islamistes modérés du PJD, en 2011, dans le sillon des printemps arabes, et de nouveau en 2016, en comptant sur lui pour mettre fin à la corruption et au favoritisme. Les concurrents du PJD, eux, appellent à « tourner la page ».

Campagne numérique

Une « désillusion » qui explique, en partie, le manque d’engouement dans cette campagne électorale. Un « désintérêt » nourri aussi par la pandémie de Covid-19. Pour l’universitaire Omar Brouksy, même à Casablanca, ville dynamique et bouillonnante, cette campagne fut « terne ». Une candidate en lice dans la capitale économique reconnaît qu’en pleine pandémie, rencontrer les électeurs fut « très compliqué ». En effet, il n’y a pas eu de grande réunion politique durant la campagne ni de meeting. Et les rassemblements de plus de 25 personnes sont interdits.

Jamais une campagne marocaine n’avait été aussi numérique. C’est à travers les réseaux sociaux ou par sms que les candidats ont tenté d’exister et de faire connaître leurs programmes pour convaincre les citoyens d’aller voter.

Le contexte sanitaire à également uniformiser les discours. Même les plus libéraux parlent de relance, de protection sociale et de soutien au système de santé public. La bataille se joue donc cette année sur un terrain plus politique.

Autre thème récurrent : la figure de Aziz Akhannouche. Ministre de l’agriculture, c’est l’une des plus grandes fortunes du royaume et son parti, le RNI -proche du pouvoir royal- est présenté comme le challenger du PJD pour ce scrutin. Mais ses détracteurs l’accusent de dépenses pharamineuses durant la campagne. Il y a deux jours, l’ancien chef du PJD, Abdelilah Benkirane, lui a reproché son absence d’idéologie et de passé politique.

Dans cette campagne en revanche, les questions liées aux libertés individuelles, à la liberté d’expression ou encore, à la politique étrangère ont été très peu présentes dans les débats

Source : RFI

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