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Comment se distingue la diplomatie royale?

FT: Comment se distingue la diplomatie royale?

Grâce à une diplomatie éclairée et clairvoyante, basée sur la constance et la pondération, le Maroc a engrangé ces dernières années une série de succès et le rayonnement de sa cause nationale dans le monde. Malgré tout, ce parcours n’a pas été sans embûches ces derniers mois, et la diplomatie marocaine et royale emmenée par le Roi Mohammed VI, ont joué un rôle important dans l’affirmation de la position du royaume, de ses constantes et ses lignes rouges face à des tentatives de déstabilisation.

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Alors que le Maroc a dû faire face à plusieurs défis d’ordre diplomatique cette dernière année, notamment avec deux crises majeures avec l’Espagne et l’Allemagne, la diplomatie du royaume dirigée par le ministre des Affaires Etrangères, Nasser Bourita, appuyé par le soutien du Roi Mohammed VI et sa vision stratégique, a réussi à garder le cap et à mener de front plusieurs projet.

Le succès de cette recette, le Maroc le doit à plusieurs facteurs, dont le premier est le poids et l’intelligence du Roi Mohammed VI, sa vision et sa pondération. Pour le politologue Mustapha Sehimi, la diplomatie marocaine présente des marqueurs qui lui donnent son identité propre. Elle est globalement au service de trois crédos : La paix, la stabilité et le co-développement.https://a3f358ce2564afa87a28e686b6ef0388.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Selon vous, qu’est-ce qui a fait le succès de la méthode marocaine ?

Le Maroc a noué et consolidé des partenariats stratégiques avec de grandes puissances de ce monde (Etats-Unis, Union européenne, Chine, Russie, conseil de coopération du Golfe), a conclu une bonne centaine d’accords de libre-échange avec pas moins de 54 pays, il est présent et actif dans les grands forums internationaux (lutte antiterroriste, avenir de l’humanité, développement humain durable…).

C’est là, un actif que l’on doit à la clairvoyance et au leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Dans le continent, l’on trouve une illustration particulière de cette vision, le Maroc étant de retour depuis janvier 2017, au sein de la grande famille institutionnelle africaine. Cette ligne de conduite participe d’une diplomatie active, réactive, proactive aussi avec une intelligence des situations et des conjonctures.

Le principe directeur c’est la paix et la sécurité, d’ailleurs il a trouvé sa traduction opérationnelle à l’intérieur des frontières du Royaume ainsi que dans le grand espace régional couvrant l’Afrique, le Monde Arabe, la Méditerranée, et l’Atlantique. Avec le principe de concertation et de dialogue, le Maroc entend œuvrer pour ses grandes causes. C’est le cas pour ce qui est de l’intégrité territoriale ou de la cause palestinienne où le Maroc défend le choix du dialogue direct entre les parties concernées, en l’occurrence l’Algérie pour la recherche d’un règlement de la question nationale et le recouvrement de la plénitude des droits du peuple palestinien dans le cadre d’un Etat indépendant avec Al Qods-Est comme capitale.

Enfin, il faut mettre en exergue un dernier principe (de la diplomatie marocaine), celui de l’anticipation couplée à la constance. Le Maroc est attaché au respect de ses engagements internationaux, et les accords bilatéraux sont préservés sur la base des acquis antérieurs.

Quels sont les marqueurs de cette diplomatie marocaine ?

La diplomatie marocaine est constructive, porteuse de valeurs et d’idéaux conformes à la Charte des Nations Unies. Elle est marquée du sceau de la solidarité, de la coopération, du dialogue. Elle est aussi porteuse de projets de co-développement, de partage d’expérience et de partenariat fécond sur une égalitaire. Elle est enfin ouverte sur l’intégration régionale et sur le monde.

C’est avec le même esprit que le Royaume a signé avec le Royaume-Uni, par anticipation, un accord de libre-échange post-Brexit. Une politique déjà déclinée autour des grands projets stratégiques de la CEDEAO, dont le gazoduc et la fibre optique de l’Afrique de l’Ouest (Nigéria-Maroc), ou encore l’entrée en vigueur en 2021 de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), tout ceci constitue autant d’avancées dans l’approfondissement et l’élargissement des liens avec les partenaires africains.

Le Roi Mohammed VI joue un rôle central dans le succès de la diplomatie du Royaume. Quelles sont les caractéristiques de cette vision royale ?

Sur le Roi, pèse une ardente obligation. Il y a à ses yeux, me semble-t-il, une réalité transhistorique qu’on nommera peuple, nation, Maroc. Il s’agit de veiller, dans un monde peu pacifique, à la préservation de la spécificité du Royaume, de sa liberté, et de son identité. Une mission, qu’au plus fort des tournantes internationales, il lui faut accomplir debout. Il s’agit de défendre l’indépendance nationale, préserver l’intégrité territoriale si elle est mise en cause ou menacée. Plus encore, (il s’agit de) conforter et de consolider l’influence et le rayonnement du Maroc.

Dans cette même ligne, Mohammed VI prend en charge toute une doctrine qui est sienne, adossée à une certaine conception des relations internationales : Celle de principes et de pratiques de coopération, de recherche de la paix, de stabilité et de bon voisinage.

Quel regard portez-vous sur la diplomatie royale de ces dernières années ?

La primauté (va) à la raison d’Etat. (…) Le seul guide est et doit être, les intérêts supérieurs. L’on vient d’en avoir une illustration historique avec la déclaration conjointe en date du 22 décembre 2020 entre le Maroc, les Etats-Unis et Israël. Bien des usages conventionnels de la diplomatie sont ainsi bousculés tant avec cet acte qu’en d’autres circonstances. Il y a là une vision, assurément, mais couplé à une forte dose de détermination. Le Roi ne minore pas la place et le rôle de la négociation : tant s’en faut. Il mesure qu’une action internationale ne peut que la privilégier. Son attitude, a logiquement, une préférence à l’égard de l’institutionnalisation de la négociation qu’incarnent les organisations régionales, continentales et internationales. Mais pour autant, il n’évacue pas le recours à l’action quand il estime que sont épuisées les possibilités du dialogue.

L’alchimie de la diplomatie royale s’explique sans doute par un style, une personnalité, une culture, une éducation, une hérédité aussi et enfin un messianisme d’Etat.

Le Maroc de 2021 a ses lettres de crédit auprès de la communauté internationale par les valeurs et les principes qui l’animent et le guident. Une politique étrangère servie de surcroît par de grands chantiers et des réformes continues dans la perspective d’un modèle de société moderniste, démocratique et solidaire.

Source : Hespress

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