{"id":22584,"date":"2023-11-07T10:59:27","date_gmt":"2023-11-07T15:59:27","guid":{"rendered":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/?p=22584"},"modified":"2023-11-08T13:56:03","modified_gmt":"2023-11-08T18:56:03","slug":"assises-de-lecrivain-expatrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/?p=22584","title":{"rendered":"LES ASSISES DE L\u2019\u00c9CRIVAIN EXPATRI\u00c9"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/maghreb-observateur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/majid-blal.jpg\" rel=\"shadowbox[sbpost-22584];player=img;\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"663\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/maghreb-observateur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/majid-blal-663x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-22585\" srcset=\"https:\/\/maghreb-observateur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/majid-blal-663x1024.jpg 663w, https:\/\/maghreb-observateur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/majid-blal-194x300.jpg 194w, https:\/\/maghreb-observateur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/majid-blal.jpg 693w\" sizes=\"(max-width: 663px) 100vw, 663px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<\/strong>Par : Majid Blal<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelques dimensions dans la construction identitaire litt\u00e9raire de l\u2019\u00e9crivain issu de l\u2019immigration.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019univers des \u00e9crivains, on s\u2019entend pour statuer que la singularit\u00e9 des auteurs est conditionn\u00e9e par leur style, leur genre, leur phras\u00e9, la richesse ou la pauvret\u00e9 de leur vocabulaire\u2026, toutefois, le facteur le plus d\u00e9terminant dans l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 de chacun est la substance que l\u2019\u00e9crit v\u00e9hicule&nbsp;:<em>&nbsp;Ce n\u2019est pas tout de bien \u00e9crire, encore faut-il que sous les mots passe une sensibilit\u00e9<\/em>, disait L\u00e9autaud<\/p>\n\n\n\n<p>Quand il y a carence de substance, l\u2019\u00e9crit devient une coquille vide, une construction o\u00f9 l\u2019auteur est un peintre en b\u00e2timent.&nbsp; Il s\u2019occupe, uniquement, de la fa\u00e7ade.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 l\u2019instar de tous les auteurs, l\u2019\u00e9crivain migrant de la&nbsp; diaspora, binational ou s\u2019amarrant \u00e0 la citoyennet\u00e9 transnationale trouve des difficult\u00e9s inh\u00e9rentes dans l\u2019existence d\u2019entraves intrins\u00e8ques et sp\u00e9cifiques \u00e0 son \u00e9tat d\u2019expatri\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9crivains issus de la diversit\u00e9 et r\u00e9sidants au Qu\u00e9bec ont en commun la confrontation avec certains obstacles qui d\u00e9terminent la suite de leur engagement intellectuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dispositions qu\u2019on pourrait r\u00e9sumer dans quatre dimensions&nbsp;: l\u2019espace identitaire, la dimension linguistique, l\u2019\u00e9preuve de l\u2019\u00e9dition, la dimension psychologique et traumas du parcours migratoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>* La dimension identitaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle est tr\u00e8s importante dans la d\u00e9finition et la construction de l\u2019\u00e9crit. Comme tous les expatri\u00e9s, l\u2019\u00e9crivain doit se d\u00e9finir pour r\u00e9aliser sa conscience de l\u2019autre, celle de son milieu de vie et sa place au milieu des autres. Aspire-t-il \u00e0 acc\u00e9der au statut responsable de citoyen par la s\u00e9dentarisation irr\u00e9versible ou se contente-t-il du statut r\u00e9ducteur d\u2019eternel immigrant. Se confiner dans la posture du passager qui n\u2019est pas chez lui. La dimension d\u2019appartenance est affective et repose sur les choix \u00e9motionnels de l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019important dans l\u2019affirmation de soi est de refuser les identifications r\u00e9ductrices pour revendiquer, sans complaisance, les identit\u00e9s postul\u00e9es. <em>Kim Th\u00fay<\/em> n\u2019est pas que vietnamienne, elle est \u00e9galement qu\u00e9b\u00e9coise francophone\u2026Dany Laferri\u00e8re n\u2019est pas que Ha\u00eftien, sinon c\u2019est identification r\u00e9ductrice\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De plus en plus d\u2019\u00e9crivains issus des communaut\u00e9s culturelles revendiquent la citoyennet\u00e9&nbsp;transnationale. Cette prise de conscience s\u2019accompagne par l\u2019exigence de la reconnaissance du Homeland-politics qui permet une participation active socio-\u00e9conomique et culturelle dans plus d\u2019un pays. Pays d\u2019origine et pays de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce positionnement influe sur les sensibilit\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper dans les textes. S\u2019attarder sur les th\u00e9matiques telles la nostalgie, le mal du pays, le mythe du retour, la sublimation du pays d\u2019origine, le d\u00e9nigrement de la culture locale\u2026. Ou, au contraire, d\u00e9velopper des \u00e9crits o\u00f9 les personnages et la vision s\u2019imbriquent dans le devenir commun, dans la r\u00e9alit\u00e9 du pays d\u2019accueil. On appelle ce processus&nbsp;: L\u2019int\u00e9gration.<\/p>\n\n\n\n<p>Laferri\u00e8re dans &#8220;<em>J&#8217;\u00e9cris comme je vis<\/em>&#8221; &#8220;<em>Plus j&#8217;\u00e9cris proche de mon c\u0153ur, plus je risque de toucher \u00e0 l&#8217;universel <\/em>&#8220;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>* La dimension linguistique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La langue est l\u2019outil de l\u2019\u00e9crivain. Il est une n\u00e9cessit\u00e9 absolue de manier et de ma\u00eetriser un medium pour pouvoir s\u2019en servir. Sans langue l\u2019\u00e9crivain n\u2019existe pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Qu\u00e9bec le fran\u00e7ais est plus qu\u2019une langue, il est plus qu\u2019une fa\u00e7on de vivre, plus qu\u2019une forme d\u2019expression, la langue francophone est le ciment de la coh\u00e9sion sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est primordial d\u2019\u00eatre francophile ou du moins francophone assidu pour adopter et commettre des \u00e9crits dans cette belle langue. Toutefois, ce n\u2019est pas une r\u00e8gle ni une loi.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9crivain va user de langue qu\u2019il manie le mieux, la langue qui s\u2019adresse au lectorat qu\u2019il cible et la langue qui lui garantit une large diffusion dans le pays dans lequel il compte \u00eatre lu. En plus du choix du medium, le niveau de langage d\u00e9termine les profils du lectorat vis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<ol type=\"1\">\n<li><strong><u>Langue maternelle<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Ce ne sont pas tous les \u00e9crivains qui optent pour la langue du pays d\u2019accueil. Ceux et celles qui n\u2019ont pas le bilinguisme comme une seconde nature, souffrent de l\u2019insuffisance de la&nbsp; ma\u00eetrise d\u2019autres moyens d\u2019expressions, autres que leur langue maternelle, pour se raconter. \u00c9crire est aussi un terrain o\u00f9 on v\u00e9hicule des \u00e9motions et les \u00e9motions ne peuvent \u00eatre transmises fid\u00e8lement que dans une langue sentie. D\u00e9crire une motion est bien plus compliqu\u00e9e que de transmettre une id\u00e9e, une formule math\u00e9matique, une description\u2026 Par exemple, plusieurs \u00e9crivains commettent leurs narrations en langue arabe, bien qu\u2019ils vivent ailleurs dans le reste du monde.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><u>Langue v\u00e9hiculaire<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La langue v\u00e9hiculaire est un m\u00e9dium qui permet de rejoindre, syst\u00e9matiquement, plus de lecteurs pratiquant des dialectes diff\u00e9rents, des niveaux de langage vari\u00e9s, des qu\u00e9b\u00e9cismes, de la darija au Maroc et des parlers impr\u00e9gn\u00e9s de l\u2019environnement local. La parlure dirait-on au Qu\u00e9bec. La langue francophone standard ou \u00ab&nbsp;internationale&nbsp;\u00bb permet cet exercice au Qu\u00e9bec.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9crivains de la diversit\u00e9 choisissent leur langue de travail en fonction de la population segment\u00e9e qu\u2019ils ciblent. Bien que Lusophone, Kokis avait choisi d\u2019\u00e9crire en fran\u00e7ais depuis son&nbsp; installation au Qu\u00e9bec.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><u>Langue vernaculaire, langue locale<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9crivain qui s\u2019int\u00e8gre \u00e0 son milieu de vie peut int\u00e9grer son \u00e9criture au niveau de langage de son milieu, s\u2019il a l\u2019intention de proposer ses publications aux citoyens de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019accueil. L\u2019utilisation de qu\u00e9b\u00e9cisme, d\u2019expressions locales, de formulations adapt\u00e9es au mode de vie de son pays de vie. Cette pratique facilite la communication et l\u2019interaction avec le lecteur local.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les dialogues rapport\u00e9s dans la langue v\u00e9hiculaire sonnent faux et paraissent surjou\u00e9s. Un dialogue en arabe classique dans un roman marocain ou en fran\u00e7ais parisien dans un roman qu\u00e9b\u00e9cois incite \u00e0 d\u00e9crocher de la trame narrative.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><u>Langue du c\u0153ur et francophonie<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le plus souvent, un \u00e9crivain qui ne fait pas dans le calcul de vente \u00e9crit dans le m\u00e9dium qui lui convient. La langue qu\u2019il sent et qu\u2019il ma\u00eetrise. La question qui d\u00e9range les auteurs est celle qui se rapporte au m\u00e9dium choisi au d\u00e9triment de la langue maternelle. Peut-on \u00eatre authentique en commettant des \u00e9crits dans une autre langue que celle du biberon ?<\/p>\n\n\n\n<p>Il est toujours plus p\u00e9dagogique d\u2019expliquer qu\u2019un sculpteur ne s\u2019exprime pas dans sa langue maternelle, \u00e9galement, et le pinceau des artistes peintres n\u2019est pas le langage commun de l\u2019enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>La langue francophone n\u2019est pas n\u00e9cessairement la langue du colonisateur, mais la langue que se sont appropri\u00e9s des peuples et des nations qui forment la francophonie. <em>La langue francophone est un butin de guerre<\/em> disait Kateb Yacine. La langue francophone appartient d\u2019abord aux francophiles, aux francophones et \u00e0 toutes les personnes que la nuance et la subtilit\u00e9 d\u2019une langue fascine.<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li><strong><u>Cibler un lectorat en particulier<\/u><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>En fonction des lecteurs vis\u00e9s, de la langue choisie et du genre de l\u2019\u00e9crit propos\u00e9, l\u2019\u00e9crivain d\u00e9termine son lectorat et l\u2019espace physique qui s\u2019y rapporte.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Lecteurs du pays h\u00f4te, en langue vernaculaire ou v\u00e9hiculaire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Lecteurs du pays source, en langues locales ou dans la langue officielle<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211;<\/strong> Lecteursque proposent les maisons d\u2019\u00e9dition dans les pays o\u00f9 se passent la publication et parfois la distribution.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>* L\u2019\u00e9preuve de l\u2019\u00e9dition<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; <\/strong><strong>Publication<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des plus grandes difficult\u00e9s que rencontre l\u2019\u00e9crivain expatri\u00e9 se rapporte \u00e0 l\u2019\u00e9dition. O\u00f9 et comment publier ses ouvrages ?<\/p>\n\n\n\n<p>Les maisons d\u2019\u00e9dition agr\u00e9\u00e9e sont un casse-t\u00eate car elles exigent de la qualit\u00e9, de l\u2019originalit\u00e9, des \u00e9crits structur\u00e9s, un produit qui pourrait s\u00e9duire le public, un genre conforme \u00e0 leur ligne \u00e9ditoriale. Un manuscrit qui ne v\u00e9hicule ni jugements de valeurs, ni appel \u00e0 la discrimination\u2026 Ceci est un mise en garde, un pr\u00e9alable que doivent savoir les \u00e9crivains candidats \u00e0 l\u2019\u00e9dition.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les auteurs issus de la diversit\u00e9 et depuis le 11 septembre 2001, des difficult\u00e9s suppl\u00e9mentaires se sont ajout\u00e9es. R\u00e9elles ou fictives, elles compliquent le processus de s\u00e9lection et g\u00e9n\u00e8rent des amalgames, des perceptions et des ressentiments. Les citoyens issus de la diversit\u00e9 ont l\u2019impression qu\u2019ils sont les boucs \u00e9missaires que produisent la polarisation des id\u00e9ologies et les identit\u00e9s sectaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019instar des curriculum Vitae rejet\u00e9s \u00e0 cause de la consonance des noms et des pr\u00e9noms, les \u00e9crivains craignent que les marqueurs identitaires dont les noms, les origines ethniques ou g\u00e9ographiques, les croyances, la couleur de la peau ne puissent jouer des r\u00f4les d\u00e9terminant dans le processus de s\u00e9lection des manuscrits par les \u00e9diteurs et ultimement dans la vente de leurs livres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour de plus amples informations sur le monde de l\u2019\u00e9dition, voir le texte, ci-joint, en annexe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Distribution<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des probl\u00e9matiques des \u00e9crivains migrants et surtout pour ceux qui font dans l\u2019auto\u00e9dition, c\u2019est la distribution de leurs livres. Ils n\u2019ont ni r\u00e9seaux de distribution ni la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9couler dans le pays d\u2019accueil comme dans le pays d\u2019origine. Pire encore sont les pratiques dans le pays source, car beaucoup de gens et en premier lieu les proches abusent et ambitionnent. Ils consid\u00e8rent que la marque d\u2019amour, d\u2019appr\u00e9ciation ou d\u2019amiti\u00e9 passe par le don par l\u2019\u00e9crivain de ses livres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; <\/strong><strong>Le soutien aux auteurs francophones de la diaspora<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La culture est la vitrine qui donne un visage des \u00e9tats \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et c\u2019est elle qui module les identit\u00e9s des nations. Bien que le livre soit le parent pauvre de la culture, il n\u2019en demeure pas un support import du Label de chaque pays.&nbsp;La visibilit\u00e9 est culturelle en premier lieu.<\/p>\n\n\n\n<p>La majorit\u00e9 des \u00e9crivains ne vivent pas de leur art et c\u2019est pour cette raison que les pays sources devraient avoir des politiques g\u00e9n\u00e9reuses soutenant les \u00e9crivains et encourageant l\u2019\u00e9criture. Il arrive que les subventions allou\u00e9es \u00e0 la culture&nbsp; n\u2019arrivent pas aux cr\u00e9ateurs car beaucoup d\u2019interm\u00e9diaires et d\u2019affairistes en la culture sont aux aguets, \u00e0 l\u2019aff\u00fbt&nbsp; en amont.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait judicieux d\u2019allouer des primes \u00e0 l\u2019\u00e9dition par exemple. Une prime pour encourager les auteurs qui r\u00e9ussissent le passage dans les d\u00e9dales de l\u2019\u00e9dition agr\u00e9\u00e9e et qui publient leurs prog\u00e9nitures.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tats de la francophonie devraient se procurer des quantit\u00e9s significatives de livres de leurs ressortissants \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour les distribuer aux biblioth\u00e8ques universitaires, municipales et autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait, \u00e9galement, tr\u00e8s ad\u00e9quat d\u2019aider les \u00e9crivains de la diaspora \u00e0 distribuer leurs livres dans les r\u00e9seaux nationaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>*Dimension psychosociologique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>+<\/strong><strong>L\u2019injonction paradoxale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La double contrainte pousse les groupes essentialis\u00e9s \u00e0 se refuser un pan ou l\u2019autre de leur identit\u00e9 devenue polaris\u00e9e. Ils sont pouss\u00e9s, sournoisement \u00e0 choisir le camp des sectaires ou \u00e0 se renier. On les intime d\u2019\u00eatre le bon n\u00e9o-qu\u00e9b\u00e9cois qui s\u2019acharne sur ses appartenances ou \u00e0 revenir dans le ghetto intellectuel agrandir les rangs des j\u00e9r\u00e9miades et des&nbsp; pleurnichards.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9crivain, s\u2019il n\u2019a pas une identit\u00e9 claire qui le rehausse dans l\u2019universalit\u00e9 se trouve pi\u00e9g\u00e9 par les luttes intestines et les discussions byzantines.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on ne peut toujours \u00eatre neutre, on peut gr\u00e2ce \u00e0 la distanciation se mettre au dessus de la m\u00eal\u00e9e. Accepter de faire partie de la diversit\u00e9 et combattre pour un espace et sa libert\u00e9 d\u2019expression. Utiliser ses particularismes pour aboutir l\u2019universalisme. Accrocher ses histoires sp\u00e9cifiques au chariot de la culture pour les amener \u00e0 l\u2019humain qui repr\u00e9sente la culture universelle. Et ainsi aboutir \u00e0 sa propre Alt\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Se d\u00e9finir, se reconstruire, d\u00e9construction pour refuser les identifications r\u00e9ductrices et revendiquer son identit\u00e9 postul\u00e9e. On sait bien que \u00ab&nbsp;<em>construire l\u2019adversaire, le transformer en ennemi. Ce sont des m\u00e9canismes de diff\u00e9renciation, d\u2019inf\u00e9riorisation, de g\u00e9n\u00e9ralisation, de victimisation de soi\u2026 \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>+ <\/strong><strong>La Critique<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On craint la critique parce qu\u2019elle confronte l\u2019ego, la sensibilit\u00e9, la fiert\u00e9, les attentes, la vuln\u00e9rabilit\u00e9, le talent, l\u2019image qu\u2019on se fait de soi, la m\u00e9moire, l\u2019identit\u00e9 postul\u00e9e\u2026 En r\u00e9sum\u00e9 la critique confronte les \u00e9motions. Elle r\u00e9fl\u00e9chit l\u2019image que les autres se font de notre communication \u00e9crite, verbale, non verbale et parfois inconsciente.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, la chute sera simple. Les \u00e9crivains francophones migrants ont des besoins sp\u00e9cifiques et par cons\u00e9quent leurs besoins sont distinctifs, typiques. Y apporter un soutien, c\u2019est d\u2019abord comprendre la dynamique et le caract\u00e8re distinctif de leurs probl\u00e9matiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Majid Blal<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;Par : Majid Blal Quelques dimensions dans la construction identitaire litt\u00e9raire de l\u2019\u00e9crivain issu de l\u2019immigration. Dans l\u2019univers des \u00e9crivains, on s\u2019entend pour statuer que la singularit\u00e9 des auteurs est&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":22585,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"ngg_post_thumbnail":0},"categories":[193,116,256],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22584"}],"collection":[{"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/86"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=22584"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22584\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22598,"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22584\/revisions\/22598"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/22585"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}