{"id":21515,"date":"2023-08-10T01:37:33","date_gmt":"2023-08-10T06:37:33","guid":{"rendered":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/?p=21515"},"modified":"2023-08-10T01:37:33","modified_gmt":"2023-08-10T06:37:33","slug":"business-clubs-feminins-parfois-feministes-souvent-men-friendly","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maghreb-observateur.com\/?p=21515","title":{"rendered":"Business clubs f\u00e9minins, parfois f\u00e9ministes, souvent &#8220;men friendly&#8221;"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/images.lecho.be\/view?iid=Elvis:1MnrUtvEq_KBvgfwxycDwc&amp;context=ONLINE&amp;ratio=16\/9&amp;width=640&amp;u=1618816752000\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Quand on \u00e9voque la raison d&#8217;\u00eatre des r\u00e9seaux &#8220;genr\u00e9s&#8221;, certains termes reviennent syst\u00e9matiquement: sororit\u00e9, bienveillance, confiance. Ici, l&#8217;espace de coworking Womanly, \u00e0 Bruxelles.&nbsp;\u00a9Antonin Weber \/ Hans Lucas<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Elles sont des centaines de femmes \u00e0 pousser chaque semaine les portes de l&#8217;un des r\u00e9seaux f\u00e9minins d&#8217;entrepreneurs, business clubs r\u00e9serv\u00e9s aux femmes ou cercles d&#8217;affaires &#8220;women only&#8221;. Mais que viennent-elles y chercher?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les r\u00e9seaux f\u00e9minins et autres clubs priv\u00e9s r\u00e9serv\u00e9s aux femmes entrepreneurs se multiplient.<\/strong>&nbsp;R\u00e9cemment encore s&#8217;est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Bruxelles un business club r\u00e9serv\u00e9 aux femmes, &#8220;The Nine&#8221;, sorte de Cercle Gaulois o\u00f9 les jupes et talons aiguilles remplacent les costumes-cravates de rigueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pourquoi les entrepreneuses se tournent-elles vers ces r\u00e9seaux? D\u00e9laissent-elles pour autant les cercles non genr\u00e9s? Nous avons pos\u00e9 la question \u00e0 plusieurs de leurs responsables, ainsi qu&#8217;\u00e0 certaines des membres.&nbsp;<strong>Nous avons cherch\u00e9 \u00e0 comprendre pourquoi les femmes semblaient perp\u00e9tuer \u2013 dans l&#8217;autre sens&nbsp;\u2013&nbsp;ce que beaucoup d&#8217;entre elles d\u00e9noncent pourtant: une forme de sexisme<\/strong>, un manque de diversit\u00e9 dans ce monde des affaires encore domin\u00e9 par les hommes, o\u00f9 l&#8217;entre-soi reste parfois soigneusement cultiv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&#8217;une ou l&#8217;autre exception \u2013 comme le tout nouvellement\u00a0cr\u00e9\u00e9 &#8220;The Nine&#8221;, le nouveau club de femmes d&#8217;affaires haut de gamme o\u00f9 les hommes sont bienvenus, mais uniquement sur invitation de l&#8217;une des membres \u2013,\u00a0<strong>les clubs f\u00e9minins ne sont pas\u00a0des ghettos maintenant les femmes entrepreneurs \u00e0 l&#8217;\u00e9cart du reste du monde<\/strong>. Ils ne sont pas herm\u00e9tiquement ferm\u00e9s aux hommes. &#8220;Ce sont des pratiques obsol\u00e8tes, on gagne \u00e0 collaborer, dit B\u00e9a Ercolini, ex-r\u00e9dactrice en chef d&#8221;Elle&#8217;, f\u00e9ministe assum\u00e9e et fondatrice du r\u00e9seau Beabee. C&#8217;est d&#8217;ailleurs depuis qu&#8217;il y a de plus en plus d&#8217;hommes f\u00e9ministes que les choses avancent aussi\u2026&#8221;<q>&#8220;Cette parit\u00e9 dans nos \u00e9v\u00e9nements, cela montre que les hommes aussi sont \u00e0 la recherche de cet \u00e9quilibre, cette compl\u00e9mentarit\u00e9. Car c&#8217;est cela qui permet d&#8217;avancer. Ce qui est d\u00e9rangeant, \u00e0 mes yeux, ce sont les extr\u00eames.<\/q><\/p>\n\n\n\n<p><strong>SOPHIE LEGRAND<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>RESPONSABLE DU R\u00c9SEAU DIANE<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les connexions entre les r\u00e9seaux f\u00e9minins d&#8217;entrepreneurs et les r\u00e9seaux &#8220;non genr\u00e9s&#8221; sont donc fr\u00e9quentes, et parfois quasi institutionnalis\u00e9es.\u00a0<\/strong>C&#8217;est le cas du R\u00e9seau Diane, qui fait partie int\u00e9grante de l&#8217;Union des classes moyennes (UCM). Diane a pour objectif de soutenir et d&#8217;aider les femmes entrepreneurs \u00e0 se professionnaliser et \u00e0 essaimer dans le monde \u00e9conomique. Diane a nou\u00e9 des partenariats avec d&#8217;autres r\u00e9seaux, y compris non genr\u00e9s.\u00a0<strong>&#8220;On ne fonctionne pas en autarcie, nous avons des activit\u00e9s de networking &#8216;mixtes&#8217; qui permettent de nouer des synergies et des collaborations<\/strong>&#8220;, explique sa responsable, Sophie Legrand. D&#8217;apr\u00e8s une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e l&#8217;an dernier, \u00a0si neuf femmes ind\u00e9pendantes sur dix estiment que les r\u00e9seaux f\u00e9minins ont toute leur place dans le paysage entrepreneurial, cela n&#8217;emp\u00eache pas pr\u00e8s de la moiti\u00e9 d&#8217;entre elles de fr\u00e9quenter aussi des r\u00e9seaux mixtes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">&#8220;Ce qui d\u00e9range, ce sont les extr\u00eames&#8221;<\/h2>\n\n\n\n<p>Loin de vouloir fonctionner en autarcie, Sophie Legrand pr\u00f4ne l&#8217;ouverture. &#8220;<strong>Au sein du r\u00e9seau, lorsqu&#8217;on organise des \u00e9v\u00e9nements mixtes, on atteint le 50-50 en termes de participation. Dans les \u00e9v\u00e9nements des r\u00e9seaux non genr\u00e9s, il faut compter une proportion de 70% d&#8217;hommes pour 30% de femmes.&nbsp;<\/strong>Cette parit\u00e9 dans nos \u00e9v\u00e9nements, cela montre que les hommes aussi sont \u00e0 la recherche de cet \u00e9quilibre, cette compl\u00e9mentarit\u00e9. Car c&#8217;est cela qui permet d&#8217;avancer.&nbsp;Ce qui est d\u00e9rangeant, \u00e0 mes yeux, ce sont les extr\u00eames.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Diane n&#8217;est pas le seul r\u00e9seau f\u00e9minin \u00e0 \u00eatre n\u00e9 d&#8217;une structure mixte. C&#8217;est aussi le cas de L&#8217;Ecofin Women Club, log\u00e9 au sein de L&#8217;Ecofin Club, un cercle d&#8217;affaires&nbsp;d\u00e9di\u00e9 sp\u00e9cifiquement aux \u00e9conomistes et financiers. &#8220;<strong>Le Women Club a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 dans le but de donner plus souvent la parole aux femmes, apr\u00e8s que l&#8217;on a constat\u00e9 qu&#8217;elles manquaient de visibilit\u00e9&#8221;,<\/strong>&nbsp;explique sa pr\u00e9sidente, B\u00e9atrice Delfin-Diaz. Aujourd&#8217;hui, gr\u00e2ce \u00e0 sa &#8220;section&#8221; f\u00e9minine, L&#8217;Ecofin Club compte 25% de femmes en son sein, une proportion plus forte que le pourcentage de femmes pr\u00e9sentes parmi les top managers.<q>&#8220;Nous ne sommes pas une congr\u00e9gation religieuse, les hommes sont les bienvenus. Nous avons un membre masculin.&#8221;<\/q>Partager surTwitter<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B\u00c9A ERCOLINI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>FONDATRICE DE BEABEE<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour B\u00e9atrice Delfin-Diaz, il est important de dynamiser et mieux faire conna\u00eetre ces cercles f\u00e9minins.&nbsp;<\/strong>&#8220;Il faut pr\u00e9senter des mod\u00e8les aux femmes entrepreneurs, leur donner la parole, faire sauter les freins venus de la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale qui donnent l&#8217;impression aux femmes qu&#8217;elles n&#8217;ont pas le droit d&#8217;\u00eatre \u00e0 certaines places.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">&#8220;Hommes friendly&#8221;<\/h2>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des collaborations et autres \u00e9v\u00e9nements one-shot organis\u00e9s avec leurs coll\u00e8gues masculins,&nbsp;<strong>certains r\u00e9seaux pourtant \u00e9tiquet\u00e9s f\u00e9minins &#8220;jusqu&#8217;au bout des ongles&#8221; comptent en leur sein l&#8217;un ou l&#8217;autre membre\u2026 masculin<\/strong>. C&#8217;est le cas chez Beabee. &#8220;Nous ne sommes pas une congr\u00e9gation religieuse, les hommes sont les bienvenus, dit B\u00e9a Ercolini en souriant. Nous avons un membre masculin.&nbsp;Et c&#8217;est vrai que, quand il vient, on ne voit que lui\u2026&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>En naviguant sur le site de WoWo (WonderFul Women),&nbsp;<strong>on d\u00e9couvre aussi une poign\u00e9e de t\u00eates au visage carr\u00e9, cheveux courts et cravate assortie. Parmi eux, Laurent Ollinger, conseiller financier ind\u00e9pendant.&nbsp;<\/strong>&#8220;Je suis arriv\u00e9 par hasard il y a un an, alors que WoWo avait invit\u00e9 en conf\u00e9rence l&#8217;ancien ministre des Classes moyennes, Denis Ducarme. J&#8217;avais des questions \u00e0 lui poser et Florence Blaimont m&#8217;a propos\u00e9 de faire partie du panel des participants.&nbsp;<strong>J&#8217;ai&nbsp;donc d\u00e9couvert le r\u00e9seau, j&#8217;y ai trouv\u00e9 des personnes tr\u00e8s dynamiques et les probl\u00e9matiques abord\u00e9es par les femmes sont aussi tr\u00e8s int\u00e9ressantes, c&#8217;est tr\u00e8s compl\u00e9mentaire. Tout cela m&#8217;a incit\u00e9 \u00e0 m&#8217;inscrire.<\/strong>&#8220;<q>&#8220;Avant, j&#8217;\u00e9tais au B19. Mais les petits d\u00e9jeuners d\u00e9bats \u00e0 8h30 du matin, c&#8217;est compliqu\u00e9 quand il faut conduire les enfants \u00e0 l&#8217;\u00e9cole\u2026&#8221;<\/q>Partager surTwitter<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LAURENT OLLINGER<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>IND\u00c9PENDANT DANS LA FINANCE ET MEMBRE DE WOWO<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la discussion, Laurent Ollinger met le doigt sur l&#8217;une des grandes particularit\u00e9s des r\u00e9seaux f\u00e9minins, un aspect qui l&#8217;a aussi pouss\u00e9 \u00e0 s&#8217;affilier:<strong>&nbsp;ces r\u00e9seaux n&#8217;oublient pas qu&#8217;en plus d&#8217;\u00eatre entrepreneurs, les femmes (et hommes)&nbsp;peuvent aussi avoir une vie de famille&#8230;<\/strong>&nbsp;En parler n&#8217;est pas un tabou, et l&#8217;organisation des \u00e9v\u00e9nements tient aussi compte des contraintes de la vie priv\u00e9e. &nbsp;&#8220;Avant, j&#8217;\u00e9tais au B19. Mais les petits d\u00e9jeuners d\u00e9bats \u00e0 8h30 du matin, c&#8217;est compliqu\u00e9 quand il faut conduire les enfants \u00e0 l&#8217;\u00e9cole\u2026&nbsp;<strong>Dans les clubs non genr\u00e9s, c&#8217;est souvent le cas, ou alors ils proposent des ap\u00e9ros \u00e0 19h30, l&#8217;heure du souper\u2026&nbsp;<\/strong>Ici, les horaires des conf\u00e9rences et \u00e9v\u00e9nements conviennent mieux \u00e0 ma disponibilit\u00e9 et facilitent la gestion de la vie de famille.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Faciliter l&#8217;acc\u00e8s aux r\u00e9seaux est essentiel pour les entrepreneurs, car en faire partie est indispensable si l&#8217;on veut faire vivre et grandir ses affaires.&nbsp;<\/strong>&#8220;\u00c0 mes yeux, nous dit B\u00e9a Ercolini, c&#8217;est aussi important pour les employ\u00e9s. C&#8217;est cela qui permettra aussi de changer de cap au cours de sa carri\u00e8re ou de rebondir plus facilement en cas de perte d&#8217;emploi&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&#8217;importance du networking<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Fabienne Bister, figure importante du monde entrepreneurial wallon, ancienne vice-pr\u00e9sidente de la FEB et aujourd&#8217;hui coach d&#8217;entreprise, insiste souvent aupr\u00e8s de ses cons\u0153urs sur l&#8217;importance du networking.&nbsp;<\/strong>&#8220;Mon premier patron, quand j&#8217;\u00e9tais encore en stage, me disait toujours:&nbsp;<strong>ce n&#8217;est pas au bureau qu&#8217;on fait des affaires<\/strong>, raconte-t-elle. Beaucoup de femmes pensent que c&#8217;est une perte de temps et d&#8217;argent. Mais les r\u00e9seaux, ce ne sont pas que des cocktails, c&#8217;est de l&#8217;\u00e9change, des rencontres. Pas pour y trouver des clients, mais pour \u00eatre visible, pour que l&#8217;on pense \u00e0 vous lorsque l&#8217;on cherche quelqu&#8217;un&#8221;. Pour Fabienne Bister, c&#8217;est aussi en fr\u00e9quentant les r\u00e9seaux mixtes que les femmes parviendront mieux \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer les conseils d&#8217;administration des entreprises, o\u00f9 elles se font encore trop rares. &#8220;C&#8217;est comme \u00e7a que je suis devenue r\u00e9gente \u00e0 la Banque nationale&#8221;, dit-elle.<q>&#8220;Ces r\u00e9seaux vont \u00e0 l&#8217;encontre de mes convictions. Je suis pour la compl\u00e9mentarit\u00e9, la richesse. Ils accentuent le fait du &#8216;second sexe&#8217;.&#8221;<\/q>Partager surTwitter<\/p>\n\n\n\n<p><strong>FABIENNE BISTER<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>COACH D&#8217;ENTREPRISE<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&#8217;ex-CEO&nbsp;se dit n\u00e9anmoins mal \u00e0 l&#8217;aise avec les r\u00e9seaux f\u00e9minins.<\/strong>&nbsp;&#8220;Dans mon cerveau, il y a la moiti\u00e9 d&#8217;un homme&#8221;, plaisante-t-elle, pour reprendre sur un ton plus grave: &#8220;Pour moi, ces r\u00e9seaux &nbsp;vont \u00e0 l&#8217;encontre de mes convictions. Je suis pour la compl\u00e9mentarit\u00e9, la richesse. Ils accentuent le fait du &#8216;second sexe&#8217;,&nbsp;<strong>ils laissent cette impression que nous sommes des \u00eatres \u00e0 part, qui avons besoin d&#8217;un autre type de soutien. Maintenant, cela convient \u00e0 certaines femmes.&nbsp;<\/strong>Moi, je pense que si l&#8217;on veut aussi rencontrer des dames, cela peut se faire dans un r\u00e9seau mixte. Au Cercle de Wallonie par exemple, il y en a aussi&#8221;. Renseignements pris, la gent f\u00e9minine n&#8217;y repr\u00e9sente quand m\u00eame qu&#8217;un petit 15% des membres. Une large minorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Manifestement, un grand nombre de femmes pr\u00e9f\u00e8rent donc les r\u00e9seaux f\u00e9minins. Mais pourquoi? &#8220;<strong>Pour beaucoup d&#8217;entre elles, \u00e7a a un c\u00f4t\u00e9 rassurant, constate Sophie Legrand. On fonctionne de la m\u00eame mani\u00e8re, cela permet d&#8217;\u00eatre tout de suite soi-m\u00eame, les barri\u00e8res tombent plus vite<\/strong>&#8220;.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;C&#8217;est chez Diane que j&#8217;ai fait mes premiers pas en networking, nous dit Marie Buron, fondatrice de Womanly, un espace de coworking d\u00e9di\u00e9 aux femmes. C&#8217;\u00e9tait une mani\u00e8re de sortir de ma zone de confort, de m&#8217;exposer davantage. Pour moi, c&#8217;\u00e9tait plus facile que de se retrouver parmi des hommes en costume-cravate&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce besoin d&#8217;un entre-soi vu comme une bulle rassurante, Marie Buron l&#8217;a aussi offert aux autres femmes en cr\u00e9ant un espace de coworking exclusivement f\u00e9minin.&nbsp;<\/strong>&#8220;Womanly, c&#8217;est beaucoup plus qu&#8217;un espace de travail. La crise a renforc\u00e9 le besoin de communaut\u00e9 qu&#8217;ont les femmes. C&#8217;est une bouff\u00e9e d&#8217;air pour beaucoup d&#8217;entre elles, l&#8217;espace permet de mieux se concentrer sur son business et de se d\u00e9connecter. Non pas de la vie professionnelle, mais familiale\u2026&#8221;<q>&#8220;Le fait de partager les m\u00eames difficult\u00e9s, de savoir qu&#8217;on doit toutes se battre pour faire notre place, nous donne plus envie de nous entraider. On est plus fortes ensemble.&#8221;<\/q>Partager surTwitter<\/p>\n\n\n\n<p><strong>MARIE BURON<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>FONDATRICE DE WOMANLY ET MEMBRE DU R\u00c9SEAU DIANE<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tout comme les r\u00e9seaux f\u00e9minins, Womanly porte aussi les valeurs de collaboration, d&#8217;entraide et de partage.&nbsp;<\/strong>&#8220;L&#8217;espace joue aussi le r\u00f4le de r\u00e9seau gr\u00e2ce \u00e0 la dynamique insuffl\u00e9e par les femmes, encha\u00eene Marie Buron. Entre nous, on joue le r\u00f4le de mod\u00e8le pour chacune, on s&#8217;aide \u00e0 prendre conscience de notre l\u00e9gitimit\u00e9, \u00e0 se faire confiance. Chacune a son espace de travail, et son r\u00e9seau qui vient \u00e0 elle&#8221;. Marie Buron constate que gr\u00e2ce \u00e0 Womanly, beaucoup d&#8217;entrepreneuses ont pu d&#8217;ailleurs mieux surmonter la crise et ont m\u00eame augment\u00e9 leur chiffre d&#8217;affaires.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sororit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Quand on \u00e9voque avec leurs responsables la raison d&#8217;\u00eatre des r\u00e9seaux &#8220;genr\u00e9s&#8221;,&nbsp;certains termes reviennent syst\u00e9matiquement: sororit\u00e9, bienveillance, confiance. &#8220;<strong>La notion de confiance en soi et de l\u00e9gitimit\u00e9 est quelque chose de plus compliqu\u00e9 pour les femmes que pour les hommes<\/strong>&#8220;, constate Sophie Legrand, du R\u00e9seau Diane. &#8220;Les femmes ont davantage besoin d&#8217;\u00eatre \u00e9paul\u00e9es pour d\u00e9velopper leur activit\u00e9&#8221;, explique la responsable. &#8220;<strong>Nous avons une mani\u00e8re diff\u00e9rente de r\u00e9seauter, dit encore B\u00e9a Ercolini. Une mani\u00e8re plus holistique.&nbsp;<\/strong>On va peut-\u00eatre moins dans une approche commerciale d&#8217;embl\u00e9e, on va d&#8217;abord \u00e9changer, discuter entre nous des bonnes pratiques, se refiler des conseils&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Le fait de partager les m\u00eames difficult\u00e9s, de savoir qu&#8217;on doit toutes se battre pour faire notre place, nous donne plus envie de nous entraider, pense aussi Marie Buron. On est plus fortes ensemble&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8220;Seules, nous sommes invisibles, ensemble, nous sommes invincibles&#8221;<\/strong>, c&#8217;est le slogan que l&#8217;on peut d&#8217;ailleurs lire sur la page web du r\u00e9seau Femmes chefs d&#8217;entreprises, pr\u00e9sid\u00e9 aujourd&#8217;hui par B\u00e9atrice Delfin-Diaz.&nbsp;<strong>&#8220;C&#8217;est le tout premier r\u00e9seau f\u00e9minin d&#8217;entrepreneurs, explique-t-elle. Il est n\u00e9 lors de la Seconde Guerre mondiale, quand il a fallu&nbsp; que les femmes g\u00e8rent l&#8217;entreprise de leur mari parti \u00e0 la guerre.<\/strong>&nbsp;Tous n&#8217;en sont pas revenus, les veuves sont rest\u00e9es aux affaires. L&#8217;id\u00e9e du mouvement \u00e9tait de s&#8217;entraider et de partager les meilleures pratiques&#8221;. Aujourd&#8217;hui, le r\u00e9seau organise des workshops sur diff\u00e9rentes th\u00e9matiques comme le num\u00e9rique, le management, la fiscalit\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Je fais partie de&nbsp;ce r\u00e9seau depuis 30 ans, explique Liliane Knopes, architecte et CEO de Prisme \u00c9ditions. Je n&#8217;ai pas rejoint ce r\u00e9seau f\u00e9minin car je me sentais moins consid\u00e9r\u00e9e en tant que femme.&nbsp;<strong>C&#8217;est vrai que parfois on est moins bien entendue, mais il ne faut pas focaliser l\u00e0-dessus. Mais j&#8217;y ai surtout trouv\u00e9 des femmes dynamiques, et entre nous, on peut parler de pr\u00e9occupations plus priv\u00e9es<\/strong>, familiales, amicales aussi&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des limites au mod\u00e8le<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette approche ne pla\u00eet pas \u00e0 toutes les femmes, pourtant.&nbsp;<strong>Une femme chef d&#8217;entreprise en Wallonie nous confie ainsi n&#8217;avoir pas du tout appr\u00e9ci\u00e9&nbsp;des d\u00eeners &#8220;entre femmes<\/strong>&#8221; dans un r\u00e9seau &#8220;o\u00f9 en deux heures, on a \u00e0 peine r\u00e9ussi \u00e0 faire le tour des pr\u00e9sentations, chacune y allait de son histoire.&nbsp;<strong>Je suis sortie en me demandant ce que je faisais l\u00e0. Ce n&#8217;est pas ma vision de l&#8217;efficacit\u00e9<\/strong>. Pour moi, une r\u00e9union doit \u00eatre efficiente&#8221;. Selon elle, il faut aussi bien choisir son r\u00e9seau. &#8220;Tous ne sont pas tr\u00e8s professionnels. Je me souviens d&#8217;un r\u00e9seau qui proposait des ateliers de danse orientale, de maquillage, de percussions\u2026 Est-ce que les hommes font cela???&#8221;<q>&#8220;Il reste des femmes qui viennent chez nous car elles ne s&#8217;y sentent [dans les cercles non genr\u00e9s] toujours pas \u00e0 l&#8217;aise, pas toujours bien re\u00e7ues.&#8221;<\/q>Partager surTwitter<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B\u00c9A ERCOLINI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>FONDATRICE DE BEABEE<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Anne Mauhin, fondatrice de la soci\u00e9t\u00e9 de conseil juridique L\u00e9gal PME, a fr\u00e9quent\u00e9 au lancement de son activit\u00e9 les &#8220;Femmes actives en r\u00e9seau&#8221; (FAR)<\/strong>. &#8220;Il y a plus de bienveillance que dans les r\u00e9seaux mixtes, confirme cette entrepreneuse braban\u00e7onne. On va d&#8217;abord parler de choses priv\u00e9es avant d&#8217;aborder le professionnel, c&#8217;est plus facile. Mais&nbsp;<strong>le probl\u00e8me, c&#8217;est qu&#8217;\u00e0 un moment donn\u00e9, on atteint une limite. Les r\u00e9seaux f\u00e9minins regorgent de&nbsp;responsables de TPME et entrepreneuses peu exp\u00e9riment\u00e9es<\/strong>. Quand on est en pleine croissance, on commence \u00e0 caler&#8221;. Apr\u00e8s avoir fait ses armes, Anne Mauhin s&#8217;est donc tourn\u00e9e vers le B19.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">F\u00e9minin ou f\u00e9ministe?<\/h2>\n\n\n\n<p>&nbsp;C&#8217;est&nbsp; un leitmotiv que l&#8217;on retrouve dans les bouches de beaucoup de responsables de r\u00e9seaux: &#8220;f\u00e9minin, mais pas f\u00e9ministe&#8221;. Quoique\u2026&nbsp;<strong>Si certains r\u00e9seaux \u2013 comme Diane&nbsp;\u2013&nbsp;se cantonnent au business tout en luttant pour la parit\u00e9, certains seront plus militants que d&#8217;autres<\/strong>. &#8220;Aux yeux de certaines, on est d&#8217;ailleurs jug\u00e9es pas assez f\u00e9ministes. C&#8217;est d\u00fb \u00e0 notre attachement \u00e0 l&#8217;UCM.&nbsp;<strong>On \u00e9vite de se positionner sur des th\u00e8mes plus f\u00e9ministes<\/strong>, dit Sophie Legrand. On est davantage ax\u00e9es sur le service&#8221;. Chez Jump, qui milite activement pour l&#8217;\u00e9galit\u00e9 et la diversit\u00e9, ou encore Beabee, on assume davantage cette \u00e9tiquette.&nbsp;&#8220;Certaines r\u00e9cusent le mot, mais on est toutes un peu f\u00e9ministes, dit B\u00e9a Ercolini. J&#8217;ai cr\u00e9\u00e9 Beabee, raconte-t-elle, car&nbsp;<strong>j&#8217;ai constat\u00e9 qu&#8217;\u00e0 un moment dans l&#8217;\u00e9volution de la place des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9, il n&#8217;\u00e9tait pas inutile d&#8217;avoir une &#8216;safe place&#8217;<\/strong>. Ce n&#8217;est pas qu&#8217;on soit en danger, je veux dire par l\u00e0 un lieu avec des valeurs plus\u2026 f\u00e9minines&#8221;, dit la fondatrice. Quand B\u00e9a Ercolini parle de Beabee,&nbsp;<strong>elle ne craint pas de le qualifier de &#8220;camion-balai&nbsp;du cercle d&#8217;affaires<\/strong>&#8220;. &#8220;Beaucoup de cercles non genr\u00e9s ont fait un pas important, sinc\u00e8re, vers les femmes. Mais il reste des femmes qui viennent chez nous car elles ne s&#8217;y sentent toujours pas \u00e0 l&#8217;aise, pas toujours bien re\u00e7ues.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Ou parfois\u2026 trop bien. Anne Mauhin se souvient de ses premiers pas dans le monde des affaires.<strong>&nbsp;&#8220;Avant de rejoindre FAR, j&#8217;avais d&#8217;abord fr\u00e9quent\u00e9 un cercle mixte. J&#8217;\u00e9tais encore toute jeune entrepreneuse, je me faisais draguer. \u00c7a m&#8217;a refoidie<\/strong>, j&#8217;\u00e9tais l\u00e0 pour le business. Certains hommes, on dirait qu&#8217;il ne comprennent pas.&#8221; Comme si une femme d&#8217;affaires ne pouvait pas \u00eatre prise au s\u00e9rieux\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B\u00e9a Ercolini, aussi, t\u00e9moigne d&#8217;un certain sexisme qui peut r\u00e9gner dans certains clubs d&#8217;affaires.<\/strong>&nbsp;&#8220;Je me souviens d&#8217;\u00eatre all\u00e9e assister \u00e0 une conf\u00e9rence dans un tr\u00e8s chic cercle d&#8217;affaires que je ne citerai pas. J&#8217;\u00e9tais accompagn\u00e9e d&#8217;une jeune femme. L&#8217;homme qui nous a accueillies n&#8217;a pas pu s&#8217;emp\u00eacher de lancer: &#8216;Il y a quand m\u00eame des jolies filles au cercle &#8216;machin&#8221;.&nbsp;\u00c7a n&#8217;arrive pas tout le temps,&nbsp;<strong>\u00e7a ne me d\u00e9range pas de recevoir des compliments, mais on est l\u00e0 pour le boulot, faut pas l&#8217;oublier!<\/strong>&nbsp;Alors voil\u00e0, la raison d&#8217;\u00eatre des cercles f\u00e9minins, c&#8217;est aussi pour \u00e7a\u2026&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Source : L&#8217;\u00c9co<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elles sont des centaines de femmes \u00e0 pousser chaque semaine les portes de l&#8217;un des r\u00e9seaux f\u00e9minins d&#8217;entrepreneurs, business clubs r\u00e9serv\u00e9s aux femmes ou cercles d&#8217;affaires &#8220;women only&#8221;. 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