Sahara : Lorsque Bouteflika disait, officieusement, à une journaliste que « le Sahara est marocain »

En 1975, Abdelaziz Bouteflika reconnaissait la marocanité du Sahara

Quelques moins avant la Marche verte et 12 ans après le début de la guerre des sables, Abdelaziz Bouteflika avait affirmé dans un document officiel que le Sahara est bien marocain.

La chaîne qatarie Al-Jazeera vient de diffuser un document des archives de la République française datant du 5 juillet 1975 et dans lequel M. Bouteflika, qui était à l’époque ministre des Affaires étrangères, reconnaît la marocanité du Sahara. 

Rédigé en arabe dans un style des plus fraternels à l’occasion de sa visite à Rabat, l’actuel Président algérien affirmait que son document intervenait « dans le cadre de l’unification du Maghreb et du dialogue entre les deux pays frères », tout en précisant que « l’Algérie n’a aucune vue sur le Sahara, et qu’elle propose son aide pour que le Maroc puisse récupérer le Sahara des mains de l’occupant espagnol. »

 

Sahara : Lorsque Bouteflika disait, officieusement, à une journaliste que « le Sahara est marocain »

28 janvier 2016, 12h55Après la victoire de Bouteflika aux élections présidentielles de 1999, il a donné une interview à la journaliste Giselle Khoury, au cours de laquelle il a évoqué « officieusement » sa véritable position sur le Sahara marocain. Mademoiselle Giselle Khoury est reconnue dans le Monde arabe comme une journaliste respectée, ce qui confère une crédibilité incontestable à l’interview du président.

Depuis que l’interview candide de Bouteflika a été publiée, en 2004 et en 2012, dans le journal Al Ousbae, elle a entraîné une légitimité à être utilisée à des fins politiques ou judiciaires pour la valeur qu’elle représente ; un témoignage de la plus grande puissance en Algérie. Le Maroc doit être en mesure d’utiliser la position de Bouteflika dans ses stratagèmes politiques et de l’exploiter comme la formidable arme politique qu’elle représente.
L’interview suivante a été traduite aussi fidèlement que possible, sur la base de la traduction française de l’interview par le Colonel Mellouki.

Question : Quelle est votre position sur la question du Sahara ? Le Maroc a-t-il des droits sur ce territoire ?
Réponse : Le Sahara est une terre marocaine depuis des générations, de père en fils, et je ne peux pas nier ce que l’histoire a confirmé ; mais en qualité de président de l’État algérien, je suis obligé de me positionner contre cette vérité historique flagrante et de soutenir le Polisario et ses maîtres à penser pour des raisons strictement politiques.

Question : Que voulez-vous dire ? Voulez-vous insinuer que votre position est de vous conformer aux militaires qui sont notoirement hostiles envers le Maroc ?
Réponse : Je ne flatte personne ma chère Giselle ; la politique est mon voyage et mon travail, mais la vérité est que j’ai des amis parmi les militaires en qui j’ai une confiance aveugle, et ils pensent que c’est dans l’intérêt de l’Algérie d’adopter cette attitude hostile envers le Maroc, en ce qui concerne le Sahara. Je suis dans l’obligation de défendre leur cause.

Question : Vous êtes un homme politique intelligent. Quel est le secret de votre hostilité personnelle vis-à-vis de la thèse du Sahara marocain, en dépit de votre longue expérience et de vos connaissances en histoire, qui confirme une telle thèse ?
Réponse : Je vais vous donner une réponse qui ne peut pas être publiée. En toute honnêteté, je confirme que le Sahara est un territoire marocain et le monde entier devra, finalement, accepter cette vérité, parce que les archives de l’histoire le prouve, et un droit reste un droit même si l’injustice tente de le piétiner. En particulier, en ce qui concerne le Polisario qui n’a aucune légitimité ou aucun pouvoir, il ne constitue pas une entité. Les rumeurs de la présence de pétrole dans cette région ne sont pas fondées et elles disparaîtront avec le temps. Je connais le Sahara très bien, pièce par pièce, et s’il abritait du pétrole, vous auriez déjà trouver des multinationales qui se disputent pour exploiter les droits sur le terrain.

Question : Puisque c’est le cas, et que vous reconnaissez les droits du Maroc, pourquoi persévérez-vous dans votre opposition contre le Maroc, un pays qui n’a fait que chasser le colonisateur (Espagne) par des moyens pacifiques ? Pourquoi cette hostilité envers un pays qui a soutenu l’Algérie dans son combat pour l’indépendance ? Avez-vous oublié que les troupes marocaines ont joué un rôle actif important dans votre combat pour l’indépendance ? L’histoire ne l’oubliera pas, même si vous vous l’oubliez.
Réponse : L’attitude envers le Maroc me dépasse. Je n’ai pas ce pouvoir de décision.

Question : Mais vous êtes le président de l’Algérie ?
Réponse : Il s’agit d’une question politique importante sur laquelle je n’ai aucun pouvoir. Je vous prie, Giselle, de clore ce sujet.

M. Bouteflika, a ensuite réitéré son souhait de ne pas publier cette conversation. Une conversation motivée, a-t-il ajouté, par l’amour d’une personne qu’il respecte beaucoup (Mademoiselle Giselle Khoury). Maintenant, ce ne serait pas la première fois qu’un homme puissant se confie à une jolie femme, mais un président qui se confie à une journaliste réputée sur une question politique extrêmement sensible, constitue une occasion pour le Maroc que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer.
Dans cet interview, Bouteflika, bien qu’il soit chef de l’État algérien, prétend n’avoir aucun poids politique ou pouvoir de décision sur la question du Sahara. Étant donné l’importance des militaires dans les sphères privées et publiques algériennes, cela n’est pas surprenant. En effet, l’élite militaire algérienne joue un rôle dominant dans la politique algérienne depuis l’indépendance en 1962, lorsque l’armée a émergé comme la seule puissance dans un paysage politique ébranlé.
Alors, si Bouteflika n’a aucune emprise politique sur cette question, qu’est ce qui rend la question du Sahara, selon l’élite militaire algérienne, une question d’intérêt national ? La réponse la plus simple est de continuer à distraire le Maroc et de conduire le pays à exaspération pour que nous ne pensions jamais à revendiquer la terre que l’Algérie a déjà prise au Maroc. En reconnaissant que le Sahara est indéniablement un territoire marocain, « de père en fils », Bouteflika reconnaît qu’en accueillant le Polisario, à Tindouf (ancien territoire marocain), l’Algérie accueille les rebelles marocains qui ont pris les armes contre leur propre pays.
L’ancien « ministre » de la justice pour le Polisario, Bouhali, a en effet officiellement reconnu la présence des membres d’Al Quaeda et de Mujao à l’intérieur des camps de Tindouf, ne laissant aucun doute quant à l’implication du Polisario dans les activités terroristes dans la région du Sahel. Le Polisario n’a aucune position juridique ou légitimité démocratique pour aspirer à la représentation de la population saharienne. Le Polisario a peut être commencé comme un groupe politique sur la base d’idéologies marxistes, mais comme le groupe FARC en Colombie, il est progressivement devenu une maffia par définition, impliqué dans les activités qui incluent, sans s’y limiter, le trafic de stupéfiants, la traite des êtres humains et les activités terroristes.
Par conséquent, l’Algérie soutient et encourage une organisation terroriste sous son pouvoir. Conformément au droit international, tel acte est pénalisé par la Cour pénale internationale. C’est la responsabilité du Maroc de faire la lumière sur cette réalité.
Pour accroître le soutien au Maroc saharien et mettre fin à ce long conflit non résolu, le Maroc démonte progressivement l’argument faible des droits de l’homme algériens, largement exagéré pour justifier leur soutien au Polisario. La récente élection du Maroc au Conseil des droits de l’homme de l’ONU est une preuve de la reconnaissance de la communauté internationale du rôle du Roi Mohammed VI dans l’amélioration des droits de l’homme ces dernières années.
Sans vouloir verser dans le mélodrame, outre l’importance de l’intégrité territoriale de notre pays, la question du Sahara est en réalité nuisible à la sécurité internationale. Dans ce contexte, le monde ne peut pas se permettre d’avoir un état en déroute et non viable dans le Sahel, une région qui est devenue un refuge terroriste, tout comme la région afghane à son apogée dans les années 90. Il est indéniable que ce conflit est un conflit artificiel, créé, financé et soutenu par les militaires algériens. Nous ne pouvons pas laisser les mensonges répandus par la propagande algérienne prévaloir. La population algérienne devrait réaliser que le moment est venu de faire pression sur leur gouvernement pour arrêter de jeter les ressources du pays dans un conflit qui n’a aucune raison d’exister, et commencer à investir l’argent du pétrole pour aborder les questions qui pourraient vraiment bénéficier à l’économie et au peuple algérien.