LEÇONS D’UNE CRISE : Tahar Ben Jelloun Rabat et Madrid se disputent autour du sort du Sahara occidental. L’Algérie envenime la crise en soutenant le Front Polisario.

« Sebta est une terre marocaine occupée par l’Espagne », a récemment déclaré l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun sur la chaîne française CNews. 

« Sebta est une terre marocaine occupée par l’Espagne », a récemment déclaré l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun sur la chaîne française CNews. 

La récente vague d’immigration clandestine à Sebta continue d’animer les débat. C’est au tour de l’écrivain marocain vivant à Paris, Tahar Ben Jelloun, de se prononcer sur le sujet lors d’une interview accordée sur la chaîne CNews.

« Il fait rappeler aux gens que Ceuta, en arabe Sebta, est une terre et une ville marocaine depuis toujours. Elle est occupée par l’Espagne depuis cinq cents siècles. Est-ce que c’est normal qu’un pays européen aujourd’hui colonise en toute clarté, en toute simplicité, deux villes marocaines. Ce n’est pas normal », a martelé le lauréat du prix Goncourt 1987.

Pour rappel, près de 8.000 migrants sont arrivés la semaine dernière dans l’enclave espagnole de Sebta, dont la plupart ont été renvoyés au Maroc. Une crise migratoire qui apparaît alors que les relations entre les deux royaumes sont tendues, à la suite de l’accueil par l’Espagne du chef du polisario Brahim Ghali dans un de leurs hôpitaux.

Selon Tahar Ben Jelloun, « l’origine de cette crise est dans l’attitude de l’Espagne qui a admis sur son sol, le 18 avril dernier, un individu sous une identité totalement fausse et sachant pertinemment que cette personne est un ennemi juré du Maroc, c’est le chef du Polisario qui mène une guerre contre le Maroc, une guerre financée et armée par l’Algérie ».

« L’Espagne savait très bien que l’affaire de l’intégrité territoriale du Maroc est une cause sacrée et que le Maroc se bat pour son Sahara  », a-t-il expliqué à Jean-Pierre Elkabbach qui lui oppose alors l’éventualité d’une instrumentalisation des migrants pour faire pression sur l’Espagne. « Si le Maroc voulait faire pression, il aurait ouvert les autres frontières qui sont beaucoup plus importantes », tels que Gibraltar suggère le journaliste, et confirmé par l’auteur.