Hymne au printemps : Par Hourya Zaari


La nature en fête, luxuriante,exubérante triomphait et offrait à nos yeux émerveillés,une opulence de couleurs de senteurs de cris.
Le lierre rampait à l’assaut des murs, investissait le moindre endroit,envahissait le moindre recoin.
Une profusion de fleurs de toutes les couleurs tapissait les champs,dans un fouillis des plus charmants,le zéphir les caressait,les faisait onduler avec grâce.
Un tel foisonnement était un régal pour les yeux une béatitude pour l’âme.
Au loin les pétales des amandiers en fleurs,tels de légers flocons de neige voltigeaient dans l’air pour enfin joncher le sol.
La vigne-vierge qui avait tressé de fins branchages sur des pans de murs reverdissait et habillait d’un manteau vert et prune quelque façade de maison.
Les fleurs des champs rivalisaient de senteurs avec les fleurs de jardins d’où s’exhalaient les effluves envoûtants des rosiers,des bigaradiers,et le parfum capiteux des jasmins et des violettes.
Des fées avaient fait éclore sous nos yeux éblouis les clochettes du muguet .
La bave des limaces accrochait aux herbes des traînées argentées qui scintillaient par intermittence.
Un champ de lavande déroulait à l’infini dans un alignement tracé au cordeau ses bouquets bleus odorants,qui embaumaient l’air de leur fragrance subtile.
Une cohorte de chenilles processionnaires en ordre de bataille formait un interminable et menaçant cortège qui escaladait le tronc des pins.On aurait dit une ficelle qui adhérait à l’arbre.
Dans la forêt voisine,un enchevêtrement inextricable de lianes de fougères,de végétations de toutes sortes laissait à peine filtrer les rayons du soleil.Un murmure singulier,s’élevait du fond de ces fourrés.
Les mousses,les lichens,parsemaient de taches grises,jaunes,vertes,rouille,brique les troncs d’arbres.
Les champignons jaillissaient de terre avec la promptitude de l’éclair.
La vegétation dense,s’offrait en un copieux festin,en une manne céleste à la myriade d’insectes volants,bondissants.les papillons aux livrées de velours bariolées,les frelons aux stries miel et noires,les abeilles,les coccinelles aux robes rouges à pois noirs,les libellules aux ailes diaphanes tout ce petit peuple d’insectes aux couleurs chatoyantes,bruissait,bourdonnait,butinait,s’activait,se hâtait en une ritournelle incessante.
Le roucoulement ininterrompu des colombes se mêlait aux mille chants d’oiseaux ivres de renouveau.
Un rossignol lançait ses trilles en un hymne à l’amour universel.
Les nids de cigognes aux fins rameaux entrelacés coiffaient les toits, les pylônes et sur chacun d’eux,une cigogne perchée sut une patte grêle était postée en sentinelle.
Les hirondelles à tire-d’ailes zébraient l’azur comme des flèches en une sarabande endiablée
Les oiseaux pépiaient,piaillaient,roucoulaient en un concert sonore et harmonieux.
Artistes,poètes,peintres,compositeurs,écoliers,enfin tous!Qui n’a jamais glorifié et chanté le printemps,en un hymne à l’allégresse des coeurs,et au ravissement des sens.
Houriya Zaari.

Hourya Zaari