Ces Maghrébines Aux Pouvoirs Invisibles

Doivent-elles se cotiser pour bâtir une école de futurs hommes comprenant cette femme « mariée mais seule », « belle et oubliée », « intelligente et ignorée », « travailleuse et exploitée »? Est-ce qu’elle a droit au peu qui lui reste, d’être aimée, dorlotée? Est-ce que l’homme a encore le droit ou l’Obligation de lui ouvrir une porte, de lui offrir une rose, de l’inviter à danser ou tout simplement mourir pour elle?

Par  A. Khouibaba , Montreal Lorsque j’étais jeune, j’étais marqué par l’image de cet homme, mon père, qui a toujours suivi ma mère en marchant devant. Ma mère a troqué la vitrine contre le pouvoir. Lorsque je suis arrivé au Canada, on m’a toujours questionné au sujet de nos femmes qui marchent toujours derrière. J’ai beau leur dire que celle qui a inventé la télécommande est la Fatima, ma mère. Ma mère n’est jamais sortie dans les rues avec une pancarte pour demander d’être libérée même si son apparence donne l’impression d’une femme soumise avec sa djellaba, son cafetan et son foulard. Pourtant mon père dit toujours que la patronne de la maison, c’est elle. Dix enfants, une personne qui fait les courses, une autre qui fait le ménage et mon père, toute une maisonnée. Cela fait de notre maison, une entreprise. Combien d’hommes dans le monde sont capables de gérer une entreprise de quatorze personnes? Discrète, possédant tous les pouvoirs sauf celui du protocole et de l’exécution. Je lui ai raconté l’histoire de la « Québécoise »: « Elle a travaillé très dure à la maison. Elle a participé à bâtir la société maintenant elle a le droit de garder son nom de jeune fille (ma mère a toujours eu son nom de jeune fille, mon père n’a jamais été capable de lui imposer son nom). Cette femme, cette Québécoise a demandé un jour d’être libre (ma mère se demande où elle est emprisonnée). Alors la Québécoise a hérité d’une autre fonction, celle de travailler à l’extérieur de 9h à 17hres pour se précipiter sitôt sa journée finie à la maison pour s’occuper des enfants et préparer le souper. Ma mère m’a demandé: « N’a-t-elle personne pour s’occuper de cela? » Ma mère ne comprenait pas qu’avec deux salaires, on a doublé les fonctions de la femme. Elle m’a même demandé: « À quoi il sert cet homme? » Ma mère s’est demandée si la liberté en Occident à la même signification que la liberté dans son pays? Elle a même remercié le Bon Dieu de n’avoir jamais été à l’école comme ça on ne peut pas lui coller d’autres fonctions… Bref, doit-on en conclure que la libération de la femme n’était qu’une volonté de l’homme pour se débarrasser de certaines responsabilités. Aujourd’hui la femme vit sur une corde raide et par peur de solitude, cette femme permet d’être choisie en fonction de son emploi et de son salaire. Ses fonctions à l’intérieur de la maison pour l’homme sont acquises. N’a-t-elle pas rejoint ce compagnon dans les statistiques des maladies cardiaques et reliées au stress?
Doivent-elles se cotiser pour bâtir une école de futurs hommes comprenant cette femme « mariée mais seule », « belle et oubliée », « intelligente et ignorée », « travailleuse et exploitée »? Est-ce qu’elle a droit au peu qui lui reste, d’être aimée, dorlotée? Est-ce que l’homme a encore le droit ou l’Obligation de lui ouvrir une porte, de lui offrir une rose, de l’inviter à danser ou tout simplement mourir pour elle?