Collège CSM Montréal Collège CSM

“Vivre selon mes envies, pas selon mes contraintes.”

Freedom

Depuis que j’ai commencé mes premières expériences professionnelles dans le milieu de l’entreprise, j’ai cherché à obtenir toujours plus de liberté, à me “libérer des chaînes et des contraintes”.
Le travail occupe un tiers de notre vie (sachant qu’un deuxième tiers est passé à dormir), alors il n’était pas question pour moi de ne pas apprécier ce premier tiers.
Et pour apprécier mon travail, je ressentais le besoin d’une certaine forme de liberté. J’ai d’ailleurs inventé une devise, il y a quelques années, pour illustrer ça : “Vivre selon mes envies, pas selon mes contraintes.”

Vues d'Afrique

Par exemple, lors de mon passage en grandes entreprises, je me suis sentie bridée car on ne me laissait pas travailler sur autant de choses que je le souhaitais (alors je me suis redirigée vers les start-ups).

Quand j’ai eu ma première formation , j’ai été super heureuse de devenir travailleuse “remote” au bout de quelque temps : j’avais ainsi les avantages du salarié (le salaire mensuel, la mutuelle, les collègues-amis…) sans les inconvénients (devoir venir au bureau à une certaine heure, faire acte de présence même quand je n’ai plus de travail…).

Puis je suis allée encore un cran plus loin en devenant entrepreneure indépendante : pour moi, cette situation me libérait de tous les inconvénients du salariat (devoir supporter certains collègues avec qui on ne s’entend pas, avoir le sentiment de travailler pour rien car un collègue a fait le même boulot que moi, ne pas être passionnée par la mission de l’entreprise dans laquelle j’étais…).

Mais je n’étais pas seulement indépendante, j’étais “Digital Nomad” : non seulement j’étais libre d’organiser mon temps comme je le voulais, de créer tout ce que je voulais sans avoir à demander la permission à qui que ce soit, de ne pas mettre de réveil le matin, de faire la sieste si j’étais fatiguée, de manger à l’heure que je voulais, de ne pas travailler pendant une semaine si j’en avais marre… Mais j’avais aussi choisi un métier Coach de vie qui me permettait de travailler de n’importe où grâce à une connexion Internet, et donc changer de lieu de vie et voyager où je voulais, quand je voulais, aussi longtemps que je le voulais.

Au fil des mois, j’ai identifié de nouvelles manières d’être toujours plus libre de mon emploi du temps.
en créant des programmes en ligne autonomes.
C’est ce qu’on appelle des contenus “asynchrones” (la consommation du contenu par le client est différée de sa production par le créateur, et le créateur n’a pas à être présent lors de la consommation du contenu).
Le Design Humain m’a aussi aidée à faire attention aux projets que je choisissais, pour ne pas me retrouver bloquée (parce que je n’aurais plus envie d’aller au bout du projet).
Enfin bref, vous voyez le principe de créer un environnement de travail libéré de certaines choses que je perçois comme des contraintes.

Depuis toutes ces années, j’étais donc en quête de la liberté maximum.
Car je pensais que Liberté = Bonheur.
Probablement parce que quand je ne me sens pas en liberté, je me sens malheureuse.

Je pensais que si je n’avais aucune contrainte dans mon agenda, alors je serais libre d’utiliser mon temps comme je le voulais, et alors je serais heureuse.
Mais ce que j’ai appris cette année c’est qu’à force de libérer mon emploi du temps, je ressentais un vide.
À force, il n’y avait plus assez de choses nourrissantes à l’intérieur.

Je croyais que travailler moins serait un avantage car cela me permettrait de vaquer davantage à mes loisirs.
Mais j’ai réalisé que je n’avais pas tant de loisirs que ça. Pas assez par rapport au temps que j’ai à occuper.
En loisirs,

J’ai aussi envie de gagner de l’argent, donc de travailler. Mais je n’ai pas non plus envie de passer ma journée à travailler.
Enfin disons plutôt que je ne veux/peux pas passer ma journée à travailler sur le même type de travail, à savoir toute seule chez moi à créer du contenu (articles, formations, livres…). Ça fait trop de la même chose et ça ne me nourrit pas assez.

Récemment, j’ai eu un gros passage à vide avec une grosse remise en question de vie.
En résumé, je n’étais pas heureuse à cause de ce sentiment de vide et de ne pas être nourrie.

Ça a complètement remis en question le fait que le bonheur provenait de la liberté.
À force de rechercher la liberté, j’avais trop enlevé de choses.

J’ai donc repensé à d’autres périodes de ma vie où j’étais plus heureuse.
Les deux exemples qui me sont venus en tête (à dix ans d’écart : 10 ans et ~20 ans), avaient les mêmes caractéristiques :
Une vie bien remplie de choses que je kiffe ;
Beaucoup de lien social.

Ça paraît logique, mais ce qu’il faut remarquer c’est qu’il n’y a pas marqué “Avoir beaucoup de temps pour me reposer ou être seule avec moi-même” par exemple.

À 10 ans, cette vie bien remplie avec beaucoup de lien social c’était passer la journée à l’école avec tous mes copains et un maître que j’adorais, aimer faire mes activités extra-scolaires (danse, sport, musique) et être fière de bien les faire, inviter mes copains-copines à venir jouer chez moi, aller dormir chez eux, ou encore les boums ; et puis un peu .

À 22 ans, c’était passer la journée à bosser en groupe de 3 copains-étudiants comme consultants auprès de start-ups, avec tous nos copains de classe qui font la même chose dans d’autres salles du même bâtiment, ainsi que les étudiants-entrepreneurs de l’incubateur ; manger avec eux le midi ; puis aider bénévolement un entrepreneur après les cours ; retrouver mon coloc le soir et passer 1 heure à lui raconter ma journée ; manger la super soupe qu’il a eu la gentillesse de préparer ; profiter de la vue sur la rue depuis mon balcon ; faire un peu de musique dans ma chambre, puis bosser sur mon Grand Mémoire ou autres devoirs et terminer ma journée 16h après l’avoir commencée et super bien dormir.

Voilà à quoi ressemblait le bonheur pour moi par le passé.

Aujourd’hui, nous sommes encore dix ans plus tard , suite à mon passage à vide, j’ai réalisé que j’avais besoin de réintégrer ces caractéristiques dans ma vie.
Je me suis rendu compte que Liberté ≠ Bonheur, mais plutôt Vie bien remplie + Lien Social = Bonheur.
J’ai besoin de trouver des moyens d’avoir davantage de lien social dans ma vie, et d’avoir le sentiment de journées plus remplies.

Ça, c’est ma recette à moi. Je pense que le lien social est valable pour tout être humain. À des degrés peut-être plus forts pour les extravertis comme moi, et moins prononcés pour des personnes plus introverties qui ont besoin de davantage de temps seules.

La vie “bien remplie”, c’est ultra relatif.
Je pense que ça vaut pour tout le monde mais que c’est à chacun de trouver sa propre définition de “bien remplie”. En soi, prendre un temps pour soi, C’EST une activité qui remplit le temps. Donc la question c’est : comment a-t-on envie de remplir sa vie au final ? Dans quelles proportions ?

Suite à mon passage à vide, j’ai donc cherché un peu comment changer la donne pour moi.
Depuis quelque temps, j’ai commencé à opérer des changements, et je commence à péter la forme et me sentir bien plus nourrie qu’avant !
Je pense que j’ai encore quelques changements à apporter pour avoir encore plus des choses qui me nourrissent, mais là c’est déjà pas mal !

La première chose qui m’a aidée, ça a été d’améliorer ma santé physique. J’ai passé un an et demi ultra fatiguée et tout m’était difficile.
J’ai donc d’abord eu une période de transition où j’ai complètement lâché prise sur toute la pression que je m’étais mise ( j’ai besoin d’argent”).
J’ai accepté d’arrêter de travailler sur mes projets entrepreneuriaux et de partir vers complètement autre chose (enfin c’est ce que je croyais à ce moment-là). Et j’ai accepté de ne pas être productive ou faire grand-chose de ma journée (j’ai beaucoup regardé de séries et pris des cafés avec des gens pour passer le temps).

Ensuite, je me suis mise en quête d’un panel d’activités rémunérées et flexibles (pas de travail quotidien fixe car encore trop peur de cette contrainte horaire) qui me permettraient à la fois de sortir de chez moi (et ainsi être moins focalisée sur moi tout le temps, à trop penser), de faire une activité plus physique que mon travail cérébral devant ordinateur, et de rencontrer du monde.

Et déjà, rien qu’avec ça, ça change la donne (en plus du fait que je ne suis plus fatiguée, hourra !!) !
Ça m’occupe quand même déjà beaucoup tout ça, en plus des tâches du quotidien (courses, cuisine, ménage), de cafés avec des amis (toujours), des autres loisirs , et de mes projets entrepreneuriaux (repris, à ma grande surprise, une fois que j’allais mieux et n’était plus fatiguée).
Mais pour l’instant, ça me va bien quand même ! Idem pour agent de convivialité, j’ai peur que ça me semble répétitif et de me lasser, mais on verra !

En conclusion, je pense que suffisamment de liberté aide à se sentir heureux car vivre sa vie contraint par tout et tous ne semble pas épanouissant. Mais rechercher la liberté pour la liberté n’a pas de sens.
La vraie question est “Comment ai-je envie de remplir mon temps à la place, une fois que j’aurai cette liberté en plus ? Quelles activités vont véritablement me nourrir ?”.
Car pour le coup, je crois que le bonheur vient du fait de se sentir “nourri” (en tout cas, ça semble le cas pour moi). À chacun de trouver ce qui lui procure cette sensation.

Source : Auteur inconnu

Vues d'Afrique
Vues d'Afrique