Collège CSM Montréal Collège CSM

Rachida KAAOUT, Présidente du HCDAF : La culture moteur de l’unification de la famille Africaine (vidéo)

Maghreb Observateur. Casablanca, le 19 Mai 2023

Vues d'Afrique

Rachida Kaaout, présidente du Haut commissariat des diasporas africaines de France, partenaire du MOCA, participe à la table ronde Renaissance : Quel mythe fondateur pour l’Afrique et sa Diaspora ?

Dans un souci de promouvoir le respect du droit d’auteur, les organisateurs de la huitième édition du festival African Creative Movement (MOCA) ont annoncé, jeudi à Rabat, la création du label « Kobi Wright Ransomly », qui a est au centre de leurs discussions .

Désireux de faire du respect du droit d’auteur un élément de valeur ajoutée et un outil de positionnement et de rayonnement, les organisateurs ont noté que cette marque sera facilement disponible en fonction des besoins des différents pays et qu’elle favorisera l’innovation et la créativité des entreprises dans le domaine culturel et créatif.

En adoptant ce label, des entités telles que les villes, les groupes et les organisations montrent qu’elles respectent les créateurs et qu’elles s’engagent à reconnaître la valeur économique et culturelle de la propriété intellectuelle.

Cette marque à l’impact économique, social et culturel tangible permet à la ville lumière de renforcer sa position dans le secteur du tourisme et la culture, en donnant au capital toutes les conditions nécessaires pour attirer les investisseurs.

« Avec la Fédération internationale des associations d’auteurs et compositeurs, le Festival du Mouvement créatif africain et l’Office marocain du droit d’auteur, ont réfléchi à la manière de faire de Rabat la capitale de la marque du droit d’auteur, c’est-à-dire la capitale du rayonnement international et de la reconnaissance et de la récompense de l’auteur et de ses droits à travers la création de cette marque », a déclaré le directeur général de la Fondation Heba, Marouane Fechan lors de cet événement.

En l’occurrence, plus d’une quarantaine de directeurs d’offices du droit d’auteur de différents pays du continent et des experts ont pris a ce festival, dans le but de débattre ensemble de l’impact de cette marque sur les auteurs, les institutions et le secteur privé.

Samuel Sangwa, directeur régional de la Fédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs, a noté dans une déclaration similaire que « pendant ces deux jours de réflexion, ils essaieront de définir les contours de la marque appropriée pour le droit d’auteur et ils essaieront de réfléchir à la manière dont nous pouvons activer les projets qui en découleront ».

La huitième édition du Mouvement créatif africain est organisée du 18 au 21 mai à Rabat, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en partenariat avec l’Organisation des cités et gouvernements locaux africains unis, le Ministère de la jeunesse, de la culture et de la communication, la Ville de Rabat, ainsi que la Fédération des industries culturelles et créatives de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la Fondation Hiba et la Fondation Mada, avec le soutien du Président de la Fondation des musées nationaux, Mehdi Kotbi.

Discours de Rachida KAAOUT, Présidente du HCDAF

– Mesdames et Messieurs,
– Honorables invités ;
J´espère que vous aimez les histoires … car moi, à force de passer mon temps avec mes sœurs et mes frères d’Afrique, j’ai appris à aimer les raconter.

L’histoire que je veux vous dire aujourd’hui pourrait être un de ces vieux contes africains qu’on écoutait sous l’arbre à palabres… C’est une histoire de frères… Peut-être au village ou dans une grande ville moderne, peu importe…. chacun s’y reconnaîtra… 

Deux frères donc. L’un jeune, l’autre plus âgé… Ils n´ont pas choisi d´être frères, de partager le même sang, d’avoir dû grandir ensemble toute leur vie durant.

Le plus jeune reproche au plus âgé de ne pas le laisser faire ses choix, tracer sa propre route, faire ses propres faux-pas. Le plus âgé reproche au plus jeune de ne plus l’écouter… Pourtant il en a fait, lui, des erreurs ! Il pourrait en tirer des leçons…

À force de reproches, les deux frères ont fini par s’éloigner. Ils ont même fait des familles, des enfants, qui se font les mêmes reproches mutuellement.

Les années passent. Leur vieux père vient à mourir… Or, en Afrique, vous le savez, les funérailles coutent TRÈS TRÈS TRÈS cher… Et ni le jeune frère, ni le plus âgé, n’ont assez d’argent individuellement pour financer l’enterrement.

Alors, un vieil oncle les convoque au village. Écoutez bien ce qu’il leur dit : « Mes fils, la solution est en vous-mêmes… joignez vos forces au lieu de vous maudire… Si vous n’avez pas choisi d’être frères, choisissez d’apprendre à être partenaires.»

Voici le genre d’histoires qui nous inspire, qui nous pousse à réfléchir ensemble, nous, au Haut Commissariat des diasporas africaines de France…

Une histoire de famille… car toucher aux diasporas, c´est toucher au lien le plus fort et en même temps le plus intime entre nos deux rives: l´Afrique et la France. C’est l´espace de la famille où se jouent, bien sûr, les rivalités, les non-dits, les irrésolus… mais surtout, c’est l’espace de la solidarité, de l’entraide, des projets pour l’avenir… C’est une évidence : il suffit de voir l’ampleur, le rôle si bénéfique des investissements et des envois de fonds privés des diasporas dans toutes les économies africaines.  

La force de la diaspora, c’est d’être tout à la fois une ambassadrice de paix et de développement, une exportatrice de savoir-faire, et un vivier d’identités plurielles. Sans oublier, bien sûr, les femmes de la diaspora, qui sont un vivier exceptionnel de ressources et de réussite.

Et c’est la raison pour laquelle nous avons créé notre structure, le Haut Commissariat des diasporas africaines de France en juillet 2022.

Aujourd’hui nous fédérons plus de 1300 associations diasporiques à travers la France.

Ensemble, nous œuvrons chaque jour à promouvoir l’unité et la solidarité entre peuples et États, à coordonner et intensifier la coopération pour le développement entre les sociétés civiles de France et d’Afrique, avec l’engagement actif des diasporas.

Rassembler les diasporas africaines de France est le fruit d’une vision à la fois pour une France plus apaisée, mais aussi pour une Afrique plus libre, en expansion, et forte du soutien indéfectible de sa diaspora.”

Alors, chers organisateurs, pour répondre à votre question : « Quel mythe fondateur pour l’Afrique et sa diaspora ? »…

Pour nous, les voix de la diaspora, notre mythe fondateur, c’est sans aucun doute un vieux conte Africain qui parle de famille … de famille parfois divisée, souvent tiraillée … mais de famille finissant toujours par se retrouver.

Le Haut commissariat des diasporas africaines de est une organisation qui fédère plus de 32 nationalités du continent africain en France. Elle œuvre pour le rayonnement des afro descendants et creee des ponts entre l’Afrique et la France.

Vues d'Afrique
Vues d'Afrique