Vues d'Afrique Avocat Me Wadii Mahammadi Vues d'Afrique

Café mobile : Une potion contre la précarité

STATIONNÉES AUX ABORDS DES GRANDS BOULEVARDS, LES CAFÉTÉRIAS SUR ROUES PROPOSENT DES PRIX IMBATTABLES À UNE CLIENTÈLE PRESSÉE. MODE DE FONCTIONNEMENT D’UN PETIT BUSINESS INFORMEL QUI FAIT FLORÈS À TRAVERS LE MAROC.

Vues d'Afrique

Boulevard Moulay Slimane à Casablanca. Leila s’affaire dans sa cafétéria mobile qui ne passe pas inaperçue. Accueil chaleureux, prix abordables des consommations, en plus du café au bon goût lui valent une grande affluence sur sa cafétéria sur roues. «Cela fait deux mois que j’ai démarré mon activité. Les affaires vont très bien. Je suis confiante en l’avenir», nous confie Leila.
Après avoir perdu son travail de femme de ménage dans un salon de thé, Leila n’est pas restée à s’apitoyer sur son sort ou aller quémander de l’aide. Elle a choisi de devenir son propre patron. «Je ne peux pas rester les bras croisés. Il fallait me retrousser les manches et chercher un moyen qui me permet de gagner ma vie dignement», affirme cette femme divorcée avec trois enfants et des parents en charge. Son amie qui était propriétaire d’un café mobile lui a proposé de lui louer sa voiture utilitaire, équipée, pour 150 dirhams par jour. «J’ai tout de suite accepté, vu que je n’ai pas les moyens pour lancer un tel business qui nécessite un investissement allant jusqu’à 50.000 dirhams», explique-t-elle.

Recettes variables et dépenses fixes
Une autorisation n’est pas forcément nécessaire pour monter ce genre de projet, à en croire Leila qui affirme n’avoir jamais eu de problèmes avec les autorités, malgré le côté informel de son petit business. En plus du café noir, elle propose à sa clientèle du café au lait, du thé, ainsi que des biscuits et des gâteaux pour des prix allant de 6 à 7DH dirhams. Pour le consommable, Leila nous détaille qu’elle utilise un grand paquet de café par semaine, un litre de lait et un paquet de sucre par jour, sans compter quelque 50 dirhams d’essence pour la voiture quotidiennement et une bouteille de gaz par semaine pour le fonctionnement de sa machine. «Les bonnes journées, je peux gagner jusqu’ à 1.000 dirhams, mais parfois la recette ne dépasse pas les 200 dirhams. C’est pour cela que je fais de longues journées allant de 6 heures du matin jusqu’à minuit», nous explique la marchande.
Pour elle, la qualité du service est la clé du succès. «Le plus important est de fidéliser le client en étant serviable et souriante, nous explique celle qui compte «une clientèle de différents groupes d’âge et de catégories sociales, qui préfèrent mon café aux autres».
Avec la persévérance et la pugnacité comme credo, l’ambition de Leila est sans bornes. Elle aspire à créer son propre café mobile et par la suite être propriétaire d’un salon de thé qui aura pignon sur rue. «ça va être dur, mais dur ne signifie pas impossible», nous lance la trentenaire…

Ce que ça coûte, ce que ça rapporte

1- Lancer un tel projet nécessite un investissement pouvant aller jusqu’à 50.000 dirhams pour l’équipement et l’achat au prix de bonne occasion d’un véhicule utilitaire.

2- La location d’une voiture déjà équipée coûte 150 dirhams par jour, sans compter l’essence pour lequel il faut débourser environ 50 dirhams quotidiennement.

3- Le revenu quotidien oscille entre 200 et 1.000 dirhams, duquel il faut soustraire les coûts des consommables.

Source : https://www.lavieeco.com/affaires/cafe-mobile-une-potion-contre-la-precarite

Vues d'Afrique
Vues d'Afrique