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Saison estivale : les nationaux et les MRE certainement au rendez-vous

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À l’approche de la période de concentration des vacances et des congés payés où la destination Maroc table sur le retour des Marocains du monde et l’affluence des nationaux, l’engouement pour les vacances s’est déjà confirmé au niveau des principales destinations balnéaires. Toutefois, le calendrier scolaire tardif explique une part importante des fluctuations constatées dans les différentes destinations. Détails.  

Le début de la saison estivale a déclenché certes la reprise de l’activité touristique au Maroc. Néanmoins, les grèves du personnel des compagnies low-cost accompagnées des craintes d’annulations de vols, surtout au départ des principaux marchés traditionnels, touchent de plein fouet les prévisions afférentes aux flux des Touristes étrangers de séjour (TES) et des Marocains résidant à l’étranger (MRE).

Sur ce dernier point, il est à noter que durant les mois de référence de juillet et août 2019, la destination Maroc a accueilli, respectivement, près de 2,14 et 1,72 millions de touristes aux postes frontières dont 2,54 millions de MRE et 1,3 million de TES. Dans le détail, «les arrivées touristiques de juin 2022 sont en hausse de 5% par rapport à 2019.

Quant au nombre des arrivées MRE, elles sont passées de 492.000 en juin 2019 à plus de 620.00 pour le même mois de 2022, soit une hausse de 27%. Par contre, le nombre des TEC a reculé de 13,3% en juin 2022 par rapport à 2019, puisque leur nombre est passé de 600.000 à 520.000 seulement», explique Zoubir Bouhout, expert en tourisme. Selon lui, «le nombre des arrivées cumulées à fin juin 2022, soit 3,39 millions, représente 63% du total cumulé pendant la même période de 2019, soit 5,4 millions»

A l’approche de la période de concentration des vacances et des congés payés où le Maroc table sur le retour des Marocains du monde et l’affluence des nationaux, l’engouement pour les vacances s’est déjà confirmé au niveau des principales destinations balnéaires, à commencer par l’axe Agadir-Taghazout-Imi Ouaddar considéré comme étant la première station du Royaume.

A cela s’ajoute la station de Saidia et Marchika, outre les destinations de Tanger-Tétouan-Al Hoceima essentiellement les zones de M’diq, Fnideq, Martil et Al Hoceima. Si pour certains professionnels du tourisme la demande touristique s’est déjà animée après la période de l’Aid où le rythme des réservations a progressé, avec l’espoir d’amortir les répercussions du contexte pandémique, pour d’autres, l’été n’est qu’un nuage de passage.

Dans ce sens, force est de constater que les flux nationaux sont marqués par leur saisonnalité touristique habituelle. À l’exception de Marrakech et Agadir, où l’activité est plus ou moins pérenne, l’ensemble des autres destinations touristiques entreront, à partir de la saison hivernale, dans une léthargie touristique, notamment durant la dernière décade du mois d’août.

Malgré les vacances scolaires tardives, les prévisions de la deuxième quinzaine de juillet et du mois d’août sont jugés bonnes par les professionnels du tourisme. «Depuis l’ouverture des frontières et jusqu’à fin juin, les indicateurs du secteur touristique à Marrakech ont enregistré une nette progression surtout avec la reprise de l’aérien et les compagnies low cost.

Les estimations durant les mois de juillet et août sont moyennes avec des taux de remplissage oscillant entre 35 et 50%. Pour la destination Agadir, qui n’a pas drainé assez de flux touristique entre février et juin, en raison de sa dépendance au tour-operating et aux vols charters, elle affichera complet jusqu’à la deuxième décade d’août», estime Chafik Mahfoud Filali, professionnel du tourisme et directeur général de Kenzi Hôtels à Agadir et Marrakech.

Partant de ce constat et étant donné que la saison estivale est marquée par l’affluence des nationaux, les établissements classés situés à Agadir et au nord de la destination ont enregistré un taux de remplissage de 54% en mai alors que les prévisions tablent sur une fréquentation de 62%. Et le mois d’août sera encore mieux avec des estimations de 60 à 80%. A l’instar d’Agadir où plusieurs hôtels sont encore fermés et Taghazout Bay qui complétera l’ensemble de ses ouvertures à l’horizon 2023, la station balnéaire du plan Biladi «Lunja Village», à Immi Ouddar, est actuellement très prisée.

«Le complexe devrait enregistrer durant cet été une excellente saison puisque de fin juillet à fin-août, les réservations sont bouclées alors que la demande dépassera même les chiffres de 2019», affirme Abderrahim Oummani, vice-président de Continental Bay, société de gestion du Lunja Village.

Et ce n’est pas hasard que ce produit touristique, doté d’une capacité de 2.400 lits, satisfait les attentes de la clientèle nationale, notamment familiale. La station est déjà adaptée au segment national à travers son rapport qualité/prix, mais aussi en termes d’hébergement touristique constitué d’appartements, de chalets et de suites-hôtel avec une offre variée et dédiée défiant même les prix d’hébergement locatif.

80% à Saidia-Marchika & 65% dans les destinations du nord
Au niveau de la station de Saidia, qui dispose de quatre hôtels opérationnels en plus des hôtels de Marchika et Nador, les estimations tablent sur un taux de remplissage d’environ 80 %, selon Youssef Zaki, président du CRT de l’Oriental. Pour lui, c’est essentiellement grâce aux MRE et aux nationaux que la fréquentation touristique enregistre actuellement un rebond. La destination draine aussi des flux étrangers, principalement les Portugais, les Tchèques et les Espagnols.

Toutefois, Youssef Zaki n’a pas caché ses craintes surtout après la période estivale. «La destination enregistrera un virage, une fois que la saison estivale sera terminée, surtout avec le départ des MRE et la rentrée scolaire prévue le 5 septembre. Ce qui signifie un retour à des taux de remplissage très bas avec l’avènement de la saison hivernale à partir d’octobre».

Le constat est similaire pour la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Selon les professionnels, les prévisions sont actuellement estimées à 65 % de taux de remplissage alors que le prix moyen d’une chambre n’a pas encore atteint la moyenne enregistrée en 2019. «Les prémices d’une relance touristique sont là, surtout grâce aux nationaux et MRE, mais la mobilité touristique a été fortement impactée cette année, par le décalage des dates de vacances scolaires par rapport à l’an passé.

Actuellement, ce sont essentiellement les familles avec leurs enfants non scolarisés qui ont séjourné dans les hôtels et les différents segments hôteliers et résidentiels». De ce fait, la région table sur le mois d’août pour remplir ses carnets, mais aussi les festivités de la Fête du trône. A l’heure actuelle, les établissements de la destination disposent encore de la disponibilité surtout en se référant aux principales centrales de réservation en plus de l’hébergement locatif et résidentiel. Comme chaque été, le Nord du Maroc est une destination de choix pour les touristes nationaux. Ces derniers, suivis des Marocains résidant à l’étranger, continuent encore de détenir la première place parmi les vacanciers ayant opté pour cette région.

Source : Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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