Conférence : l'insertion socio-économique des immigrants au Québec

Lors de la semaine pour la lutte contre le racisme, j’ai assisté à une conférence donnée à l’Uqam le 22 mars par Mme Khadija Mounib, conseillère à l’emploi au Centre d’études arabes pour le développement / Alternatives et M. Hammadi Dridi, psychologue portant sur la problématique sur l’insertion socio-économique des immigrants au Québec. Il ne faut pas oublier de mentionner que cette conférence était une initiative de l’association étudiante de civilisation arabe de l’Uqam regroupant des gens de partout.


Khadija Mounib
Madame Mounib, nous a donné des informations du terrain ou plutôt de son terrain qu’elle connaît bien. Sa clientèle des personnes de 25 à 45 ans, hautement qualifiés. Une des difficultés pour ces nouveaux arrivants est de s’intégrer dans ce marché de l’emploi avec des outils d’ici sans omettre le transfert des compétences et les reconnaissances d’études ou de travail. On ne peut nier aussi le choc même si vous avez décidé de venir vous installer au Québec, ce nouveau départ est comme une nouvelle naissance et cela avec tous les stress qui s’y rattachent. Ce que M. Dridi nous a démontré.

Cette approche  » ethno-psychiatrique  » de l’intégration de l’immigrant dans le monde du travail m’a semblé innovateur. Surtout que le  » mariage  » de données du terrain avec ses considérations psychologiques m’a entraîné dans une voie que l’on prend rarement lorsque l’on parle de l’intégration des immigrants.

Monsieur Dridi nous a parlé du stress pré-migratoire (lorsque l’on prend la décision de quitter, le détachement etc…), du stress migratoire (départ, arrivée vers l’inconnu, le choc culturel, installation emploi/logement, etc…). La fierté de l’Africain qui n’ose pas réellement demander de l’aide, de trouver les ressources et de parler, verbaliser ses difficultés, ses appréhensions.

Une des stratégies qu’il a proposée et qui est applicable à plusieurs situations et même autres que l’immigration, c’est d’OSER, de S’ENGAGER, d’ALLER VERS…

Quelqu’un dans la salle a mentionné  » qu’immigrer c’est mourir un peu « , mais c’est également renaître, c’est évoluer dans un autre espace et dans le temps mais d’une autre manière.

Madame Mounib nous a parlé également d’un programme peu connu et qui pourtant existe depuis deux ans. Le marché de l’emploi est difficile, manque de travail. Mais si le dépaysement ne vous effraie pas, la régionalisation peut être votre planche de salut. En région, c’est-à-dire en Abitibi, en Mauricie, en Outaouais on manque de main d’œuvre. Il faut être résidant permanent. Les familles sont les bienvenues. Il faut un engagement à long terme. Voilà une solution concrète d’établissement et d’intégration qui peut devenir permanente pour des familles immigrantes.