Et le gagnant est… le Maroc!

Au grand dam de certain-e-s agitateur-rice-s, intra et extra muros, les élections communales, régionales et législatives marocaines ont été maintenues, avec raison, en date du mercredi 8 septembre 2021.

Ce jour-là, environ neuf millions de personnes, soit 50,18% des inscrit-e-s, ont été votées contre les vents et les marrées que furent la pandémie galopante, les appels au boycott, les violences entre des militants et les dénigrements entre des candidats de tous bords.

Même la petite voix malsaine qui rêve de droits de vote et d’éligibilité à réserver aux seul-e-s lettré-e-s du pays n’a pas réussi à décourager bon nombre de marocain-e-s pas ou peu lettré-e-s à accomplir leur devoir civique.

Saluons ici les initiatives, parfois partisanes mais toujours citoyennes, de jeunes diplômé-e-s et d’une partie du monde associatif en direction de ce public spécifique. Grâce à elles et à eux, le jour du vote, la colombe, le tracteur, la balance, la rose, l’épi, le livre, le cheval, la lampe, la bougie, etc… n’étaient pas que de simples dessins à leurs yeux.

Oui, le Maroc peut être fier de ses chevilles ouvrières qui ont œuvré au bon déroulement de ses élections, du pluralisme de son offre politique, de ses recours possibles en cas d’irrégularités et surtout du sens civique de sa population citadine et rurale. Une fierté également encouragée par les dizaines d’observateurs européens présents dans les bureaux de vote marocains.

A celles et ceux qui, à mauvais escient, pointent la faiblesse du taux de participation, il est bon de rappeler que ce taux est honorable, qu’il est en progression et qu’il est nettement supérieur aux 42,64% relatifs aux élections législatives françaises de 2017.

Précisons également à certain-e-s RME de Belgique qui citent fièrement les 90,10% de taux de participation aux élections législatives belges de 2019 que le Maroc est un pays où voter n’est pas une obligation. Contrairement à la Belgique où le vote est obligatoire et la non-présentation, injustifiée, est sanctionnable par une amende allant de 40,00€ à 80,00€ voire de 200,00€ en cas de récidive!

Pourquoi ne pas oser parler de succès alors que le jour du scrutin, en pleine pandémie, c’est l’équivalent de tout le corps électoral belge ou celui de la population globale d’Israël qui a franchi les portes des bureaux de vote marocains?

Pourquoi ne pas féliciter cette frange de la population qui a répondu aux gémissements des adeptes du Tous pourris! par l’utilisation de ses droits de vote-sanction et de vote-confiance?

Deux leviers démocratiques qui ont eu pour effets immédiats le renvoi dans l’opposition du PJD, parti islamiste au pouvoir depuis deux législatures, et la propulsion du RNI, parti libéral à la tête de ministères, parmi lesquels des régaliens, depuis quatorze ans, à la toute première place des groupes parlementaires.

Seule ombre, et non des moindres, au tableau, Dame démocratie marocaine a, une fois de plus, été privée des votes des RME! Puissent les 395* nouveaux locataires du Parlement marocain faire en sorte d’effacer à jamais cette discrimination majeure entre nationaux. Elle peine, fâche et frustre les citoyen-ne-s de la 13ème Région marocaine. Une Région, certes symbolique, mais dont l’apport socio-économico-financier est, lui, bien réel et loin d’être négligeable pour le Maroc.

A présent que Monsieur Aziz Akhannouch, grand vainqueur de ces élections à la victoire modeste, a été nommé Premier Ministre par le Roi Mohamed VI, les marocain-e-s s’attendent à un Pacte commun facilement négocié et à la formation rapide d’un Gouvernement plus que représentatif. Il est vrai que la logique mathématique liée aux trois premiers partis du pays et le libéralisme social prôné par les deux premiers légitiment cette attente.

Il serait donc souhaitable, pour toutes les composantes du pays, que la couleur du prochain Gouvernement soit celle du changement radical exprimé dans les urnes et que la période en affaires courantes soit plus que limitée dans le temps. Pandémie oblige. Inutile donc, Mesdames et Messieurs les négociateur-rice-s de trop jouer au jeu des alliances possibles… elles ne sont pas désirées par les marocain-e-s! 

Fatiha-Salsabil

*RNI, Rassemblement National des Indépendants, 102 sièges. PAM, Parti Authenticité et Modernité, 87 sièges. PI, Parti de l’Istiqlal, 81 sièges. USFP, Union Socialiste des Forces Populaires, 34 sièges. MP, Mouvement Populaire, 28 sièges. PPS, Parti du Progrès et Socialisme, 22 sièges. UC, Union Constitutionnelle, 18 sièges. PJD, Parti Justice et Développement, 13 sièges. MDS, Mouvement Démocratique et Social, 5 sièges. FFD, Front des Forces Démocratiques, 3 sièges. FDG, Fédération de la Gauche Démocratique, 1 siège. PSU, Parti Socialiste Unifié, 1 siège.

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