Flambée des prix : Les Marocains montent au créneau, le gouvernement en mode « silencieux »

Rédigé par Saâd Jafri le Jeudi 9 Septembre 2021

Une fois de plus, les Marocains ont été pris de court par une flambée des prix de certains produits de première nécessité, sans qu’aucune explication ne soit donnée par qui que ce soit. Les associations réagissent, le gouvernement silence radio.

Flambée des prix : Les Marocains montent au créneau, le gouvernement en mode « silencieux »

Depuis plus d’une semaine, une nouvelle grogne citoyenne a pris place dans les réseaux sociaux suite à la flambée brusque des prix de certains produits de première nécessité. Une hausse qui intervient dans une conjoncture où le pouvoir d’achat des Marocains est touché de plein fouet par la crise sanitaire au point qu’en 2020 quelque 33% des ménages ont dû s’endetter pour survivre.

« La hausse des prix se situe entre 25% et 50% sur des produits à forte demande. Comme les lentilles dont le kilogramme est passé de 7,5 à 13 DH ou encore la semoule dont le prix a augmenté de 3 dirhams », nous informe un grossiste, précisant qu’eux-mêmes ils subissent les effets ravageurs de cet état des lieux.

Le prix de l’huile, qui pour rappel avait causé une grande polémique en février dernier au point que les cybernautes ont lancé un appel au boycott, a également connu une montée vertigineuse, passant de 10 dirhams le litre à 16 dirhams.

« Cette augmentation trouve réponse dans le marché international », nous explique sous couvert d’anonymat le responsable des opérations d’une marque d’huile marocaine, notant que les produits utilisés pour la fabrication des huiles de table connaissent une flambée depuis l’année dernière : « Le cours du soja a augmenté de 80% et celui du tournesol de 90% ». Cela dit, l’opinion publique n’exclut pas la possibilité d’une entente anticoncurrentielle entre les différents opérateurs économiques appelant le gouvernement à intervenir.

Mutisme de l’Exécutif

En réaction à la polémique, la Fédération Nationale des Associations du Consommateur (FNAC) a dénoncé le manque de réactivité du gouvernement, appelant par la même occasion les professionnels « à ne pas profiter de la conjoncture pour tirer davantage de profits » et augmenter leurs bénéfices au détriment du consommateur, qui est le maillon faible du circuit.

Dans ce sens, Ouadie Madih, président de la Fédération, nous indique que « depuis que le Maroc a pris le choix en 2000 de promulguer la loi 06/99 sur la liberté des prix et la concurrence, il a laissé le champ libre aux opérateurs de jouer le jeu du marché et le gouvernement ne peut donc pas agir directement sur les prix des produits, du moins pas tous ».

En effet, avant 2000, le nombre de produits dont le prix est réglementé était de 172. Un chiffre qui a dégringolé à 15 groupes de produits et services. Toutefois, la FNAC indique que les appareils de l’Etat, notamment le Conseil de la Concurrence, doivent veiller au respect des bonnes pratiques dans le marché afin de préserver le pouvoir d’achat de la population faisant rupture avec certaines pratiques anti-concurrentielles, telle que la spéculation qui fait grimper les prix.

Ainsi, la Fédération appelle le régulateur à renforcer les audits auprès des entreprises et commerçants afin d’assurer le principe de la concurrence loyale en appliquant la loi relative à la protection du consommateur.

Source : L’Opinion

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