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Algérie : le temps des généraux est terminé

Posted by on mar 7th, 2014 and filed under À la une, Afrique, Le Maghreb enchaÎné. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. Both comments and pings are currently closed.

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La candidature du président sortant est une farce. Mais elle a un mérite : montrer que l’armée, qui n’y était pas favorable, n’est plus toute-puissante.

À la fin de la semaine prochaine, le Conseil constitutionnel algérien donnera la liste définitive des candidats qui pourront se présenter à la présidentielle du 17 avril. Douze candidats, dont Abdelaziz Bouteflika, le président sortant, ont déposé, le 4 mars à minuit, les 60 000 signatures de citoyens ou les 600 signatures d’élus nécessaires pour être agréé par le Conseil constitutionnel. Le résultat du scrutin ne fait guère de doute. Abdelaziz Bouteflika, 77 ans le 2 mars dernier, sera réélu pour un quatrième mandat. Il dispose des moyens de l’État et n’aura nullement besoin de faire campagne. La loi électorale ne l’oblige d’ailleurs pas à sillonner le pays, d’autres le feront pour lui.

Une élection farce, pitoyable pour l’Algérie, ce grand pays à la population jeune qui rêve de choisir véritablement son président. Mais pitoyable aussi pour Abdelaziz Bouteflika, qui fut un grand ministre des Affaires étrangères jusqu’en 1979, après avoir été, à 29 ans, le plus jeune ministre de la République algérienne. Après vingt ans de traversée du désert (1979-1999), c’est à ses conditions qu’il est revenu au pouvoir en 1999 et il est resté, pour beaucoup d’Algériens, celui qui a mis fin à la terrible guerre civile de la décennie 1990.

Le mérite de Bouteflika

Malade depuis 1995, et terriblement diminué depuis l’AVC qui le terrassa en avril 2013, celui qui a déjà fait un mandat de trop en 2009 (après avoir fait voter une modification de la Constitution qui ne prévoyait que deux mandats présidentiels successifs) a décidé de rempiler. De son plein gré ou poussé par un entourage qui ne veut pas quitter le pouvoir ? Difficile à dire.

La candidature d’Abdelaziz Bouteflika aura eu un mérite : celui de montrer que l’idée communément admise – et exacte autrefois – d’une Algérie où les militaires font et défont les présidents n’est plus à l’ordre du jour. Ce qui ne signifie pas qu’ils ne sont pas encore présents dans la gestion de certaines carrières de premier plan. En 2014, à l’exception du général Gaïd-Salah, chef d’état-major et proche du président sortant, ni l’armée ni les services de sécurité ne souhaitaient un quatrième mandat de Bouteflika. Il est passé outre.

Premier président civil de l’Algérie, Bouteflika rêvait de renvoyer les militaires dans leurs casernes dès son arrivée au pouvoir en 1999. Il y réussit, pour l’armée, lors de sa première réélection en 2004. Le chef d’état-major de l’époque, le général Mohamed Lamari, avec lequel il ne s’entendait guère, ne souhaitait pas un second mandat de Bouteflika. Son candidat était Ali Benflis, ancien Premier ministre, qui est, cette année encore, le principal challenger de Bouteflika. Benflis ne remporta que 6 % des voix et le général Lamari fut poussé à la démission peu après.

Le temps des coups d’État est passé

Par contre, Abdelaziz Bouteflika ne réussit pas à mettre au pas le général Mediène, le puissant patron du DRS, les services de renseignements algériens. Les deux hommes jouent au chat et à la souris depuis quinze ans. Faute de pouvoir obtenir son départ, Bouteflika s’en accommoda à certains moments, entra en conflit larvé avec lui à d’autres. Le mois dernier, le patron du DRS faisait comprendre, via une longue interview d’un général à la retraite, Hocine Benhadid, qu’il ne souhaitait pas que Bouteflika se représente. Mais il prenait soin de préciser que l’armée dans son ensemble était légaliste. En clair, elle n’interviendrait pas si Bouteflika se présentait.

Le temps des coups d’État n’est plus de mise en Algérie. Celui des véritables élections démocratiques ne l’est pas encore. Reste le véritable enjeu du scrutin : le taux de participation.

Par Mireille Duteil,Le point.fr

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