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La chanson et la kalachnikov

Posted by on juin 24th, 2013 and filed under À la une, Culture, Moyen-Orient. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. Both comments and pings are currently closed.

La chanson et la kalachnikov

Quand une voix mélodieuse couvre la fureur des armes. Les Palestiniens sont, pour une fois, sortis massivement pour fêter ce week-end un héros d’un nouveau genre.

Par Driss Ajbali

Un jeune chanteur, âgé de vingt trois ans, belle gueule, soigneusement rasé, et qui a tous les atouts du gendre idéal, a enflammé de bonheur les territoires occupés. Cette désormais nouvelle coqueluche s’est illustrée en remportant le concours, à Beyrouth, du télé-crochet « Arab Idol ».

Il a enthousiasmé le jury qui, dans un état lacrymal, lui a décerné la première place du podium, au grand dam de ses concurrents, l’un Egyptien et l’autre Syrien. Ce jury, sous ses apparences mondaines pour ne pas dire niaises, n’a pas manqué de faire un clin d’œil politique, puisque la chanson du finaliste victorieux, est un texte nationaliste qui porte le message dans le titre : « Ally el keffieh »,

Bien qu’il s’agisse de chansonnettes, la politique n’est jamais loin. N’en déplaise au Hamas qui goûte peu ce genre d’exercice, les autorités palestiniennes qui gouvernent les zones autonomes de Cisjordanie, ne s’y sont pas trompées. Elles ont apporté un soutien décisif au chansonnier.

Par ailleurs et dès l’annonce de la victoire, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens a annoncé la nomination de Mohammed Assaf comme son premier ambassadeur de la jeunesse dans la région.

De « Abou Nidal » à « Arab Idol » ou comment la chanson peut faire taire, pour un instant et un instant seulement, la kalachnikov et les tambours. Jacques Brel l’avait dit avant moi.

On peut faire une autre lecture de ces émissions qui rencontrent un immense succès chez les peuples arabes. Elles sont très suivies. C’est qu’elles injectent une dose de rêve dans un monde d’asthénie. Elles permettent des histoires magiques comme celle de notre Marocain, Mohamed RIFI, vague porteur de caisses de poissons qui, du jour au lendemain, s’est starifié grâce à une voix déchirée et enchanteresse.

Ces émissions apparaissent, par ailleurs, comme des moments de trêve chez des opinions harcelées par le fracas et la fureur. Les larmes et le sang. L’émergence d’Al Jazeera, avec sa puissance de frappe et néanmoins grâce à la faiblesse et à l’indigence des télévisons nationales, a incontestablement formaté l’imaginaire arabe et musulman. Elle l’a accablé en l’enfermant dans un état de guerre permanent.

Enfin, Si les barbus, qui depuis le printemps arabe ont le vent en poupe, sont habituellement contre les festivals en particulier et la culture en général, c’est pour une raison évidente. Ils savent, eux, que les conquêtes politiques sont précédées par des conquêtes culturelles. Les opinions constatent, chaque jour, l’impuissance de la morale face à l’entêtement de la pauvreté et la vélocité des courbes de chômage. Les barbus n’en ont cure. Or le chômage et la pauvreté sont encore plus féroces chez des peuples qui ne rient pas et qui ne chantent pas.

Brandis le Keffieh !

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